44.000 demandes en attente à La Réunion

Logement social : des élus demandent la création d'une commission d'enquête pour les outre-mer

  • Publié le 18 mai 2024 à 18:02
  • Actualisé le 18 mai 2024 à 18:04

Ce samedi 18 mai 2024, la Confédération nationale du logement (CNL), accompagnée de la députée Karine Lebon, se réuni pour évoquer la crise du logement social à La Réunion. L'élue de La Réunion a inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale une proposition de création d'une commission d'enquête sur la crise du logement social dans les outre-mer. Elle sera examinée en commission dès le 22 mai.

"Les enjeux sont colossaux dans ces territoires, et particulièrement à La Réunion, aussi bien en termes de déficit de logements que d'insalubrité", indique la députée.

"Ce sont la qualité de vie et la santé de dizaines de milliers de personnes qui sont affectées au quotidien. Il est temps que le législateur prenne les choses en main et que toute la lumière soit faite sur les responsabilités et les défaillances des différentes parties prenantes."

La Confédération nationale du logement de La Réunion confirme, après signalements et inspections, que 148 immeubles neufs de moins de 10 ans présentent des signes d’indécence.

"En tant que contributeur principal, l’État doit pleinement jouer son rôle de contrôle du respect des normes de construction, les missions de l’Agence nationale de contrôle du logement social ne semblant pas être suffisantes pour assurer la décence des nouveaux logements livrés. Si le manque d’effectifs est souvent mis en avant par les pouvoirs publics, l’État doit en tirer toutes les conséquences. Il en va de la dignité, de la sécurité et de la santé de nos concitoyens ultramarins."

"Cette commission d’enquête que nous appelons de nos vœux devra chercher à dresser une appréciation objective, globale, détaillée et pragmatique de l’ensemble des causes contribuant directement et indirectement au désordre constaté dans le logement social neuf afin d’y apporter des réponses à court, moyen et long terme qui soient à la hauteur des enjeux et défis à relever. Elle devra notamment porter sur la répartition du budget prévisionnel des opérations financées ainsi que sur le rôle de l’État dans le contrôle de la production et de la qualité des logements sociaux", indique la proposition de résolution.

- Plus de 44.000 demandes de logement social à La Réunion -

Alors que 80 % des ménages ultramarins sont éligibles au logement social et 70 % au logement très social, seuls 15 % d’entre eux en moyenne résident dans le parc social, avec des disparités selon les territoires.

"Les retards de livraisons se sont accumulés et les territoires ultramarins se trouvent aujourd’hui dans une situation inextricable", indique la proposition de résolution de plusieurs députés.

Plus de 44.000 demandes de logement social sont en attente à La Réunion. "Ce sont des dizaines de milliers de familles qui, du fait de leurs moyens financiers et de leur composition, sont contraintes de vivre dans des conditions inadaptées et doivent attendre généralement plusieurs années pour enfin se voir attribuer un logement."

"Les conséquences peuvent être terribles pour les habitants. De nombreuses personnes se retrouvent contraintes de séjourner chez leurs proches, créant souvent des tensions et des problématiques de suroccupation. D’autres sont obligées de dormir chaque nuit dans la rue ou dans leur voiture en attendant une réponse à leur demande qui prend plusieurs années. Les personnes les plus touchées par ces problèmes sont les femmes, souvent mères célibataires, désespérées à l’idée de ne pouvoir offrir un toit décent à leurs enfants."

"Force est de constater que tous les acteurs impliqués dans la livraison et l’attribution des logements sociaux rencontrent des difficultés à leur échelle respective : entreprises du bâtiment, bailleurs sociaux, collectivités et préfecture."

"La conjoncture économique, l’impossibilité d’emprunter, la faiblesse des dotations et les personnels en sous‑effectif ne permettent pas de répondre de manière efficace à la crise du logement social", continue la proposition.

Lire aussi - À La Réunion, près de 140.000 personnes sont mal-logées

Lire aussi - Logements neufs : des millions d'euros pour construire et un coup de vent pour tout endommager

- Des logements inabordables -

Lorsqu’ils sont livrés, les prix des logements sociaux "sont inabordables pour les populations ultramarines dont le niveau de vie est bien inférieur à celui de l’Hexagone".

En moyenne, le prix de location mensuel par mètre carré de surface habitable au 1er janvier 2022 s’établissait à 6,22 à La Réunion, 6,23 euros pour un logement social en Guadeloupe, 6,44 euros en Guyane, 8,76 euros à Mayotte contre 6,05 euros pour la moyenne nationale, rappelle le rapport de la commission d’enquête.

Si le prix de location s’élève à 5,72 euros par mètre carré en Martinique, le taux de pauvreté deux fois supérieur à celui de l’Hexagone ne permet pas à une grande partie de la population d’accéder à un logement social adapté.

- Les élus pointent du doigt l'État -

"Malgré les alertes répétées des parlementaires ultramarins ces dernières années, les besoins urgents de logements sociaux n’ont pas été pris au sérieux par le gouvernement. Pire, alors que la grande majorité des Français d’Outre‑mer sont éligibles au logement très social, le Premier ministre vient d’annoncer l’intégration du logement intermédiaire dans la part de logements sociaux obligatoires par commune."

"L’État préférant se décharger de sa responsabilité sur les collectivités territoriales, l’argument d’un crédit disponible sous‑utilisé ou mal utilisé est répété à l’envi. Car oui, l’État met à disposition un budget annuel pour permettre la construction ou la rénovation de logements sociaux et cet argent public lui confère une responsabilité à la fois sur l’atteinte des objectifs mais également sur le contrôle de l’utilisation de ces fonds publics", poursuivent les élus.

"Le droit à un logement décent doit être d’autant plus respecté lorsque les logements sont financés par les pouvoirs publics. Or, les territoires ultramarins font face à une problématique de défauts graves de confort."

www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

guest
3 Commentaires
tigit
tigit
1 mois

Les élus

Con.... Tribuable
Con.... Tribuable
1 mois

On en parle de ceux qui paient pr que ces logements soient construits? Et ceux qui y vivent en prennent ils sont? Ou c'est encore le contribuable qui doit financer l'entretien

Pierrot 974
Pierrot 974
1 mois

Et que dire des logements neufs qui deviennent insalubres et inhabitables en moins d'un an ?...
À qui ces constructions bâclées profitent-elles ?... Qui contrôle les travaux ou est soudoyé pour ne rien voir ?...