A quelques semaines de la rentrĂ©e scolaire hexagonale, la mĂȘme problĂ©matique se pose encore cette annĂ©e : l'affectation des nouveaux enseignants rĂ©unionnais dans les acadĂ©mies de l'Hexagone. Alors que des postes vacants existent dans l'Ăźle et que l'Ă©loignement de La RĂ©union pĂšse sur les familles des professeurs mutĂ©s, la prĂ©sidente de RĂ©gion plaide pour une adaptation du systĂšme. "L'Education nationale ne doit pas devenir le BUMIDOM" estime Huguette Bello, cet organisme public qui envoyait les ultra-marins dans l'Hexagone. Plusieurs enseignants ont confiĂ© leur dĂ©sarroi face Ă l'obligation de quitter leur Ăźle natal d'ici peu (Photo sly/www.imazpress.com)
Nouvelle annĂ©e, mĂȘme problĂ©matique. "Cela fait 27 ans que nous nous battons pour nos enseignants, qui doivent partir sur le territoire hexagonal. On nous rĂ©torque qu'ils ont passĂ© un examen national. Les Ultra-marins doivent-ils comprendre qu'il ne font pas partie du territoire national, et donc ne peuvent rester enseigner ici Ă La RĂ©union ?" s'interroge Huguette Bello. "Notre histoire est douloureuse, depuis le peuplement jusqu'aux enfants de la Creuse et du BUMIDOM. Ces jeunes rĂ©unionnais formĂ©s doivent avoir le choix de rester ici" martĂšle-t-elle. Ecoutez :
- Des jeunes professeurs inquiets -
Une dizaine de professeurs, stagiaires ou titularisés, ont partagé leur situation ce vendredi 4 août 2023 devant la presse. "J'ai demandé à faire mon stage à La Réunion mais ça a été refusé, j'ai donc dû partir l'année derniÚre avec mon mari et mes enfants" raconte Marine Quaak, professeur de sciences techniques et médico-sociales.
"J'ai demandĂ© Ă regagner La RĂ©union, ce qui a une nouvelle fois Ă©tĂ© refusĂ©. Tous mes recours ont Ă©tĂ© refusĂ©s, malgrĂ© l'aide que m'a apportĂ©e la dĂ©putĂ©e Karine Lebon. On me dit que mon erreur a Ă©tĂ© d'emmener ma famille avec moi, ce qui me fait perdre des points pour le centre des intĂ©rĂȘts matĂ©riels et moraux (CIMM)" explique-t-elle.
Ce CIMM est un barÚme permettant aux fonctionnaires Ultra-marins de prétendre à une mutation plus rapide dans leur territoire d'origine. Dans les faits cependant, ce systÚme est souvent défaillant. "On m'a oublié 300 points lors de ma demande de mutation, ce qui a mené à son refus. J'ai fait un recours mais il a été rejeté, on m'a indiqué que les décisions avaient déjà été prises pour la rentrée prochaine" déplore Aymeric Sautron, affecté à l'académie de Versailles l'année derniÚre. "Il y a un véritable manque d'humanité concernant le traitement de nos dossiers."
Certains d'entre eux n'ont toujours pas de logement à quelques semaines de leur déménagement, et s'inquiÚtent de leur arrivée. "On me demande des garants, du territoire national. Quand je leur répond que j'en ai à La Réunion, on me répÚte qu'il faut quelqu'un de Français" s'indigne Pauline Mallié, diplÎmée d'un CAPES d'allemande.
D'autres souffrent de problĂšmes de santĂ© qui les empĂȘchent de quitter La RĂ©union. "Je suis en arrĂȘt longue durĂ©, mes problĂšmes de santĂ© ne me permettent pas de partir. De plus, j'ai un enfant de cinq ans en garde partagĂ©e, je ne peux pas le laisser ici et m'en aller" affirme Marie Tardivel, professeure de lettres anglaises, dans l'Education nationale depuis plus de six ans.
MĂȘme situation pour Tommy Certat, professeur remplaçant de sciences techniques et mĂ©dico-sociales. "J'ai Ă©tĂ© affectĂ© dans les Yvellines, mais j'ai dĂ» rentrer dans l'Ăźle en raison de ma santĂ©. J'ai des risques de rechute, je ne peux pas quitter La RĂ©union, mais on me refuse mon affectation dans l'acadĂ©mie, alors que des postes sont vacants" affirme-t-il.
- Aucune visibilité sur la situation locale -
Le manque de visibilitĂ© sur les mutations et les postes disponibles sont d'ailleurs au coeur des tensions. "On se demande s'ils ne nous poussent pas Ă partir pour nous faire abandonner la titularisation et accepter d'ĂȘtre contractuels" s'interroge Marie Tardivel.
Dans ce contexte, les élus réclament - une nouvelle fois - une meilleure visibilité sur les postes disponibles dans l'ßle. "Nos enseignants ne sont pas destinés à régler le problÚme de désertification des établissements scolaires de l'Hexagone" s'indigne Karine Lebon. "On a passé des années à envoyer nos jeunes dans l'Hexagone, justifiant que ces derniers n'étaient pas assez qualifiés. Aujourd'hui qu'ils le sont, on continue de leur faire quitter leur ßle. Les postes et les cerveaux nous les avons" ajoute-t-elle. "Obtenir son CAPES est-ce signer un départ de non-retour ?" réagit Frédéric Maillot. "Encore une fois, on observe un relent colonial qui ne cesse pas."
"Je rappelle dâune part notre proposition dâexpĂ©rimenter pour lâacadĂ©mie de La RĂ©union lâaffectation dâenseignants ayant leurs CIMM confirmĂ©s sur lâĂźle sur tous les postes vacants au lieu du recours aux contractuels. Dâautre part, les premiĂšres mutations vers lâHexagone doivent ĂȘtre accompagnĂ©es financiĂšrement par lâĂtat" estime de son cĂŽtĂ© le dĂ©putĂ© Philippe Naillet.
Toutes ces questions seront abordées à la rentrée scolaire, à l'occasion de la visite du nouveau ministre de l'Education nationale, Gabriel Attal. "Nous l'attendons de pied ferme" concluent les élus.
as/www.imazpress.com / [email protected]


Mme Bello fait de la politique depuis 1974 ! elle a été parlementaire pendant plusieurs mandats : que n'a t'elle fait pour cette problématique de mutation pendant tout ce temps ? des fonctionnaires territoriaux, donc qui travaillent en collectivité territoriale, qui sont bloqués en métropoloe, et veulent renter à la Réunion, se voient refuseer des postes à la Région, Departement etc... que Mme s'occupe des ces fonctionnaires territoriaux avant de s'occuper des fonctionnaires d'état !!!
Voir du pays c'est extraordinaire. Durant mes 30 ans ans de fonctionnaire j'ai été muté 8 fois au 4 coins du monde. Voir d'autres horizons quel bonheur !!