Dont 27 autochtones

Choléra à Mayotte : 39 cas signalés, un fléau en forte recrudescence

  • Publié le 4 mai 2024 à 11:53

Depuis le 18 mars 2024, 39 cas de choléra ont été signalés à Mayotte. Parmi les 36 cas confirmés par PCR, 27 sont acquis localement et 9 importés des Comores ou des pays du continent africain. Pour l'heure, aucune décès n'a été enregistré à ce jour. Une campagne de vaccination est en cours avec plus de 2.600 personnes vaccinées à ce jour, selon l'Agence régionale de santé. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Le vendredi 26 avril 2024, trois premiers cas de choléra "autochtones" avaient été identifiés à Koungou, au nord de Mamoudzou.

Le premier cas a Mayotte s'est déclaré le 19 mars 2024. Il s’agissait "d’une femme arrivée par kwassa".

Parmi les 36 cas confirmés par PCR, 27 sont des cas autochtones et 9 ont été importés des Comores ou des pays du continent africain. Pour les trois cas probables, seul le premier a été importé des Comores.

Les trois premiers cas autochtones ont été signalés à Koungou les 22 et 23 avril, soit cinq semaines après le signalement du premier cas importé

Parmi les 39 cas déclarés à Mayotte, les informations sur l'âge et le sexe étaient disponibles pour 37 cas. Le sex- ratio était de 1,6 (23 hommes et 14 femmes), l'âge médian était 14 ans [0-56], 27 cas (69 %) avaient moins de 25 ans.

Parmi les 39 cas déclarés à Mayotte, quatre ont été interceptés alors qu’ils étaient en mer et ont été transférés au Centre de Rétention Administrative (CRA). Vingt-Sept cas forment un cluster de cas autochtones localisé dans la commune de Koungou.

Un cas probable et autochtone a été localisé dans la commune de Mamoudzou, les résultats de confirmation PCR sont en attente. Les six autres cas sont importés et localisés dans les communes de Mamoudzou, Dzaoudzi, Ouangani et Kani-Kéli.

Après les premiers cas de choléra importés des Comores et d'Afrique continentale, une transmission communautaire du choléra est en cours dans la commune de Koungou. En effet, cette commune concentre la quasi-totalité des cas autochtones dans un quartier précaire avec des difficultés d'accès à l'eau potable et des défauts d'assainissement, ce qui augmente le risque de diffusion de la maladie. D'ailleurs une partie de la population de ce quartier utilise de l'eau de rivière pour les besoins quotidiens.

Lire aussi - Mayotte : trois cas autochtones de choléra confirmés

- L'ARS intensifie ses interventions -

Dans le but de contenir et diminuer le risque sur ce secteur, l’Agence régionale de santé a fortement renforcé ses interventions de terrain à Koungou :

- Un centre de dépistage et d’orientation a été mis en place ;
- Des opérations de vaccination sont organisées sur le terrain depuis plusieurs jours ;
- Les maraudes sanitaires se poursuivent sur le secteur, afin d’assurer une diffusion large des recommandations sanitaires et d’orienter les personnes vers les dispositifs de vaccination et dépistage.

Les personnels de santé allant travailler auprès de patients ou dans des camps de réfugiés en période d’épidémie peuvent bénéficier du vaccin anti-cholérique (contre différentes souches Vibrio cholerae O1 et une sous-unité B de la toxine cholérique recombinante) administré par voie orale (2 doses à une semaine d’intervalle chez les adultes et 3 doses à une semaine d’intervalle chez les enfants de 2 à 6 ans). En revanche, Il n'existe pas de vaccin actif contre les Vibrio cholerae du sérogroupe O139.

Le choléra est une toxi-infection digestive aiguë due à l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par les bacilles Vibrio cholerae des sérogroupes O1 et O139 toxinogènes (vibrions cholériques). La transmission est dite féco-orale, soit directe par ingestion des bactéries provenant des selles d’individus contaminés, soit le plus souvent indirecte par ingestion d’eau ou d’aliments souillés. Le choléra est une maladie à déclaration obligatoire.

- Symptômes -

La durée d'incubation du choléra est courte, de quelques heures à cinq jours. L’infection peut être bruyante : le début est alors brutal avec diarrhée indolore, aqueuse, classiquement " en eau de riz " et peut être à l’origine d’une déshydratation sévère pouvant engendrer la mort en quelques heures. Les vomissements, souvent abondants, ont les mêmes caractéristiques.

Cependant, l'infection, dans la majorité des cas, est peu symptomatique. En cas de maladie, 80 à 90 % des épisodes sont bénins ou modérément sévères et il est alors difficile de les distinguer cliniquement d'autres types de diarrhées aiguës. Les bactéries peuvent rester présentes dans les selles des personnes infectées jusqu'à 10 jours après l'infection.

Lire aussi - Choléra : 37 cas à Mayotte, le ministre de la Santé va se rendre dans l'île

Lire aussi - Mayotte : le nombre de cas de choléra a doublé, passant de 13 à 26 en deux jours

- Explosion mondiale du nombre de cas -

Aux Comores, entre le 18 et le 2 mai, le dernier point de situation fait état de 706 nouveaux cas et 15 nouveaux décès enregistrés sur la période du 29 avril au 01 mai 2024, portant au total à 3 950 cas notifiés et 82 décès depuis le début de l’épidémie aux
Comores.

Cette épidémie fait suite à la résurgence du choléra en Afrique de l'Est depuis 2021.

Effet du changement climatique et de la multiplication des conflits, le nombre de cas de choléra explose actuellement dans le monde, souligne l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les cas rapportés (une partie seulement des cas avérés) ont plus que doublé entre 2021 et 2022 pour atteindre 473.000, puis ont encore grimpé à plus de 700.000 en 2023.

Infection diarrhéique aiguë, le choléra est provoqué par l'absorption d'aliments ou d'eau contaminés par une bactérie, le bacille vibrio cholerae ou vibrion cholérique.

Les trois-quarts des personnes infectées n'expriment aucun symptôme.

Mais quand elle se manifeste, la maladie peut être redoutable pour 10 à 20% des cas, avec diarrhées sévères et vomissements qui provoquent une déshydratation accélérée.

En l’absence de traitement, le choléra est l’une des maladies infectieuses les plus rapidement fatales: la mort peut survenir en un à trois jours.

Seule une prise en charge rapide par perfusion, avec l'administration de sels de réhydratation et d'antibiotiques, permet d'éviter la mort.

www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

guest
3 Commentaires
Lutte ouvrière
Lutte ouvrière
1 semaine

Mayotte - Le 1er Mai 2024
Le choléra sévit, Darmanin traque les pauvres

À Mayotte, les cas de choléra sont passés de 13 à 26 en trois jours. Des cas autochtones sont apparus à Koungou, une commune aux nombreux bidonvilles. L’apparition du choléra est une conséquence de la misère et du sous-développement.

On sait que les conditions de vie insalubres dans lesquelles sont plongées des dizaines de milliers de personnes favorisent la propagation de la maladie. Elles ne disposent pas de sanitaires et leur accès à l’eau se limite à une fontaine en bas de leur bidonville. Pour y accéder, il faut parfois faire trente minutes de marche. Cette eau courante n’est pas de bonne qualité, à tel point que tous ceux qui en ont les moyens ne boivent que de l’eau en bouteille. Mais c’est un luxe qui coûte cinq euros le pack de six bouteilles, inaccessible aux habitants des bidonvilles, sans même parler des migrants africains de Cavani qui ont été chassés de leurs abris de fortune par les militants des Forces Vives et la police. Ces réfugiés, qui fuient la guerre dans l’est du Congo ou la famine en Somalie, survivent désormais dans la rue, sur des cartons, avec un ruisseau pour seul accès à l’eau.

Dans ces conditions, les conseils de l’Agence régionale de Santé, « Lavez-vous régulièrement les mains » et « Buvez uniquement de l’eau potable » – seuls moyens pour échapper à l’épidémie – sont inapplicables et en deviennent révoltants.

Alors que le choléra se répand, l’État continue de concentrer ses moyens pour son opération « Place Nette », nouveau nom de l’opération Wuambushu lancée en mai 2023. La chasse aux pauvres prime sur la lutte contre le choléra, des quartiers sont détruits et les habitants sont laissés sans solution. La semaine du 22 avril, la police s’en est prise aux pêcheurs, accusés de travailler illégalement. Les contrôles se multiplient sur la route. Les taxis « Mabawa », c’est-à-dire non déclarés, seule source de revenus pour bien des réfugiés sans-papiers, sont harcelés. Leur taxi est confisqué, et ils doivent payer des centaines d’euros pour le récupérer. Les agents menacent d’arrêter les passagers. Et cela peut se finir immédiatement au centre de rétention, avec une expulsion dans la foulée.

Police, gendarmerie, douanes, PAF… tous travaillent main dans la main pour rendre la vie impossible aux travailleurs sans-papiers. Ceux qui triment sur les chantiers, dans les taxis, comme nounou ou encore au marché, tentent de se tenir au courant grâce à des groupes WhatsApp pour savoir quelle route éviter pour ne pas tomber entre leurs mains. Dimanche 28 avril, une jeune fille de 13 ans a été expulsée, sans ses parents.

L’État sait montrer les muscles pour s’en prendre aux pauvres, mais il se garde bien de contrôler Vinci, le groupe multimilliardaire, responsable de la mauvaise qualité de l’eau courante et des coupures qui continuent. Alors que plusieurs centaines de millions d’euros sont mis dans le « rideau de fer maritime », nouvel arsenal visant à empêcher les bateaux de réfugiés d’atteindre l’île, quasiment rien n’est fait pour construire des logements décents pour les travailleurs.

Des renforts de gendarmes et des agents de la PAF sont arrivés ces derniers jours sur l’île, mais l’hôpital, déjà en sous-effectif grave, devra faire face à l’épidémie de choléra sans personnel en plus. À Mayotte, l’État apparaît clairement, tel que Engels l’avait défini : « une bande d’hommes armés » qui maintient l’ordre au service de la classe dominante, en même temps que les conditions de misère de la population.

Moine
Moine
2 semaines

Garde la choléra pou zot.

Templier974
Templier974
2 semaines

Ce n'est pas vrai, de source sur il faut multiplier ce chiffre par 2. Bonne journée...