Dans moins de trois mois, auront lieu en France, les Jeux olympiques et paralympiques 2024. VantĂ©es pour ĂȘtre "le rendez-vous populaire de l'annĂ©e 2024" et "accessibles Ă tous", le ComitĂ© et le prĂ©sident Macron veulent croire en leurs rĂȘves. Car oui, la soi-disant "popularitĂ©" de ces jeux paraĂźt bien ĂȘtre qu'une vaste utopie alors que peu de Français â en cette pĂ©riode de crise â ne peuvent se payer les billets d'entrer, le logement ou encore le dĂ©placement. Si certains s'offrent ce cadeau â hormis pour les plus riches â c'est au prix de grands sacrifices, que cela soit pour les proches de nos athlĂštes pĂ©i ou pas (Photo d'illustration AFP)
Clamés à chaque discours, les mots "populaires" et "accessibles" ne riment plus du tout avec JO 2024.
Et cela a débuté dÚs l'année derniÚre, lors des premiÚres phases de vente de la billetterie. Nombreux sont ceux qui ont exprimé leur frustration face à cette billetterie par tirage au sort, dénonçant des tarifs exorbitants.
De quoi rendre lâaddition salĂ©e pour une famille aux revenus modestes voulant vivre l'expĂ©rience olympique.
- Pour pouvoir aller "au JO⊠c'est du sport" -
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"Il n'y a pas que la billetterie qui est cher, il y aussi le logement, le transport. Paris 2024 c'est quelque chose de totalement inabordable", lance Claude Villendeuil, président du Comité régional olympique et sportif (Cros).
"Pour moi c'est effectivement onéreux le prix des billets et des places." à l'instar de ce qu'avait pu déclarer Teddy Riner, "la France n'est pas la nation sportive telle que l'on voudrait le faire croire. Par contre on utilise les Jeux pour pouvoir le devenir".
????ïž @teddyriner nous confie ce soir sa tristesse de "n'avoir eu que deux places" pour ses proches aux Ă©preuves de judo lors des #JO2024 malgrĂ© "tout ce qu'il a ramenĂ©" Ă sa FĂ©dĂ©
â Quelle Ăpoque ! (@QuelleEpoqueOff) February 24, 2024
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Des Jeux qui impactent aussi nos sportifs locaux, surtout leurs proches, pour qui les places sont Ă©galement restreintes. On parle de deux places pour les premiers supporters sur l'ensemble des Jeux et pour une seule compĂ©tition. Pour le reste⊠ils devront faire comme tout le monde, payer leur billet pour voir leur enfant, frĂšre, sĆur, femme ou mari briller.
"Au Cros, on essaie de rassembler les partenaires locaux pour pouvoir accompagner mais la mobilité et les billets d'avion c'est catastrophique", indique Claude Villendeuil.
"Pour un territoire hexagonal cela paraßt simple mais pour les Dom c'est toujours compliqué", souligne Alain Lan Yeung, directeur du Cros Réunion. "Les billets sont chers, et je ne parle pas d'hébergement."
Des élÚves de l'Académie devaient d'ailleurs partir voir ce grand rendez-vous sportif. "Si pour le billet ils ont été aidés ils sont confrontés au manque d'hébergement."
Raison pour laquelle "des Réunionnais ont fait le choix de ne pas y aller."
"Avoir une plage, un logement, un billet pour les JO⊠c'est du sport", s'amuse-t-il.
"Quand un pays organise les Jeux, quel qu'il soit, il dispose d'une partie des billets pour lui et une autre pour les autres pays du monde", explique Dominique Alincourt, président de la Ligue de voile de La Réunion.
AprÚs "il est vrai que pour nous ici à La Réunion, partir aux Jeux c'est trÚs cher". Mais cela ne concerne pas seulement que les Jeux. "Tous les déplacements sportifs coûtent cher."
"MalgrĂ© l'engouement lĂ©gitime, on sait que pour nous ce voyage, plus l'hĂ©bergement reste complexe. Ăa se mĂ©rite d'aller aux Jeux."
Philippe Quest, juge aux JO en athlĂ©tisme le dit lui-mĂȘme, "les JO c'est du business". Mais selon lui, qu'il n'y ait pas de places offertes pour toute la famille ne le choque pas. "Si on commence Ă distribuer Ă tout le monde, ça deviendrait encore plus compliquĂ© pour avoir des places pour le public."
Jean-Louis Prianon qui a lui participé aux JO de Séoul en 1988, se souvient "à l'époque c'était déjà cher".
à la Drajes (Direction régionale académique à la jeunesse et au sport), "il va y avoir des mesures prises pour permettre l'accÚs des JO aux Réunionnais". "
"Les JO c'est l'occasion pour nous de faire la fĂȘte du sport, des clubs, des pratiquants", relate Nicolas Vouillon de la Drajes (DĂ©lĂ©gation rĂ©gionale acadĂ©mique Ă la jeunesse, Ă l'engagement et aux sports).
Et pour ceux qui ne partiront pas, une fan zone sera installée sur la commune de Saint-Paul.
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- La fĂȘte de quelques privilĂ©giĂ©s -
Le public français serait-il laissé sur la touche ? Pas tous non, mais à voir l'organisation, seuls les nantis pourront assister tranquillement aux épreuves.
Rien que pour la cĂ©rĂ©monie d'ouverture qui devait ĂȘtre ouverte au grand public. AuditionnĂ© le 5 mars par le SĂ©nat, GĂ©rald Darmanin a expliquĂ© â pour des raisons de sĂ©curitĂ© - que les 222.000 billets gratuits ne seront plus ouverts au grand public mais dĂ©sormais Ă la discrĂ©tion de lâĂtat, des collectivitĂ©s ou du comitĂ© dâorganisation.
Si l'Ătat choisit⊠il est fort Ă parier que tout un chacun et notamment les français modestes, n'en feront pas partie.
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- Des jeux "populaires" mais pas pour ceux mis dehors -
Dans une tribune du "Monde", un collectif dâassociations, dont MĂ©decins du monde, le Secours catholique et Action contre la faim, a interpellĂ© les pouvoirs publics.
Dans un article de 2021 pour le Washington Post, Michael McDougall dĂ©nonçait le fait que âLes Jeux olympiques [Ă©taient] une catastrophe pour les personnes qui [vivaient] dans les villes hĂŽtes, soumises Ă des dĂ©placements et au phĂ©nomĂšne de gentrificationâ.
Ă Paris, plus de 80 associations et ONGs ont créé un collectif, Le Revers de la mĂ©daille, qui sâattelle Ă dĂ©noncer les dĂ©placements de populations considĂ©rĂ©es "indĂ©sirables", Ă savoir les migrants, les sans-abri ou les travailleurs et travailleuses du sexe.
Ă cela sâajoute la situation des Ă©tudiants obligĂ©s de quitter leur rĂ©sidence pendant la durĂ©e des Jeux, ce qui a motivĂ© lâouverture dâune enquĂȘte de la part de la DĂ©fenseure des droits Claire HĂ©don.
Quant aux habitants des quartiers dĂ©gradĂ©s, ils ont Ă©tĂ© relogĂ©s pour faire place nette au village olympique sur l'Ăle-Saint-Denis, mais souvent trop loin de leur lieu de rĂ©sidence ou de travail.
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- "On ne pourra pas satisfaire tout le monde" -
Lâautosatisfaction comme rĂ©ponse au mĂ©contentement. Le triple champion olympique de canoĂ«-kayak prĂ©fĂšre retenir les millions de billets dĂ©jĂ vendus et continuer Ă dĂ©fendre sa politique tarifaire.
"Il y a une telle attente, un tel engouement, que, de toute maniĂšre, on ne pourra pas satisfaire tout le monde. On en est dĂ©solĂ©", a mĂȘme lancĂ©, le 9 mars 2024, Tony Estanguet. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
InterrogĂ© sur les prix excessifs â comme des places Ă 690 euros pour des Ă©liminatoires en athlĂ©tisme ou Ă 260 euros pour deux heures de qualifications en gymnastique artistique â, Tony Estanguet sâest dĂ©fendu en assurant que les Jeux de Paris nâĂ©taient "pas plus chers que les JO de Londres" en 2012.
"Seulement 5 % de nos billets qui sont à 400 euros ou plus et 10 % à 200 euros ou plus, argue Michaël Aloïsio, directeur général délégué de Paris 2024. Mais la perception du grand public n'est pas celle-là . La plupart des gens n'ont vu sur la plateforme que les billets restants, les plus chers, qui ont une durée de vie plus longue que les billets à 24 euros. Aujourd'hui, on a davantage de billets à 50 euros et moins, que l'ensemble des billets d'une Coupe du monde de football."
Selon la société de conseil AsterÚs, l'organisation des Jeux représenterait un coût total de plus de 11 milliards d'euros, bien loin des 6,8 milliards prévus initialement.
Pour la ferveur et la liesse populaire, il faudra sans doute attendre encore un peu.
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Tout Ă fait d'accord !
C'est la France de Macron. No comment
Les jeux paralympiques sont bien moins chers. Le prix des places en "First" est Ă 100 ⏠max en para athlĂ©tisme, para natation ou para tennis pour des finales, 15 Ă 25 ⏠pour les moins bien placĂ©s. Pour le reste des disciplines la plupart entre 15 et 50 âŹ.
En revanche la cĂ©rĂ©monie d'ouverture Ă la Concorde, entre 700 et 150 âŹ.
Le dĂ©fi sera sur l'accessibilitĂ© des transports. La ligne du mĂ©tro n° 14 quand les ascenseurs fonctionnent, des compagnies de taxi qui ont fortement investi en vĂ©hicules adaptĂ©s. Reste le prix des billets en pĂ©riode rouge, et le respect du droit europĂ©en pour les voyageurs avec un fauteuil roulant, assez inĂ©gal selon les compagnies qui desservent La RĂ©union. Une seule le respecte intĂ©gralementâŠ