Alors que le football et le sport en général ne devraient être que moment de compétition dans le respect et le fair-play, cela fait plusieurs matchs à La Réunion que la tension monte sur les terrains. Les violences sont encore plus fréquentes en bord de pelouse. Le week-end dernier a été émaillé d'incivilités lors de plusieurs rencontres. D'autres matchs sont disputés ce dimanche 1er septembre 2024, l'occasion de rappeler que le fair-play, le respect et la solidarité sont les valeurs fondamentales du sport (Photo : www.imazpress.com)
Bagarre entre joueurs, entre les joueurs et les staffs, entre les joueurs et les supporters et match finalement arrêté… voilà un phénomène que La Réunion constate de plus en plus.
Marie*, maman de jeunes joueurs dans l'Est, confie à Imaz Press, désabusée, ce qu'il se joue sur les terrains.
"Des tensions il y en a de plus en plus, notamment des insultes, des propos racistes. Souvent de joueur à joueur ou dans les tribunes", dit-elle.
"On peut entendre par exemple, ban sauvage… et d'autres insultes visant l'origine des personnes." "C'est souvent à partir de cela que les bagarres commencent sur le terrain", ajoute la supportrice.
Interrogé, le coach d'une équipe du nord de l'île le dit "si avec les enfants ça va, c'est vrai qu'avec les séniors ça devient compliqué".
Souvent les gens reprochent "des erreurs d'arbitrage". "Quand les équipes ne sont pas contentes ça dégénère."
Le dimanche 25 août, il a assisté à des débordements lors d'un match dans l'est. "On a même été accompagné par les gendarmes à la sortie", raconte-t-il. "Quand on part jouer au foot on ne pense pas sortir comme cela."
"La ligue doit agir car il n'est pas possible qu'un match s'arrête pour bagarre générale."
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- Une violence en augmentation, mais pas pour la ligue -
Président d'un club de foot à Saint-Denis, Fabrice Sanson confirme. "La violence dans les stades est en très forte augmentation, même le football féminin est touché. Nous constatons aussi des matchs arrêtés dans cette catégorie."
"La violence dans les stades est l'image de notre société, l'argent, l'individualisme, le manque de repères sociaux, et de limites font dériver beaucoup trop de matchs vers de la violence gratuite dans les stades" analyse-t-il.
"L'argent dans le football pourri tous canaux de communication. Nous avons à la Réunion des clubs de R3, qui peuvent s'acheter des bus, payer 1.500 euros par mois les joueurs, et d'autres clubs qui préfèrent mettre leur argent dans l'avenir des jeunes par des centres de loisirs, ou des actions sociales à destination du quartier", ajoute-t-il.
"On dit que le football est l'opium du peuple, mais dans ces temps agités, c'est un opium néfaste cautionné par les mairies, ligue, qui ne communiquent plus sur leurs difficultés, mais qui se renvoient la balle par mail et discours stériles", peste-t-il.
"L'individualisme est un facteur aggravant à tout cela, on vient de passer d'un sport collectif, à un sport individuel, ou beaucoup de joueurs jouent pour eux, pour leur intérêt et non plus pour le maillot et les couleurs", s'indigne Fabrice Sanson.
"L'appartenance a disparu, et les valeurs des clubs par la même occasion, tout ceci sous le regard de la ligue Réunionnaise de football qui regarde de l'autre côté, sans jamais prendre le problème à bras-le-corps."
" Les faits de société sont dans le football réunionnais, le racisme, cela ne gêne pas la ligue et encore moins les arbitres, qu'une équipe puisse se faire insulter de "singes", que lors du même match, on peut jeter banane et pierre pendant 90 minutes, refusant d'arrêter le match...", dénonce le président de club.
"Contrairement à ce que l'on peut laisser entendre, il n'y a pas d'augmentation de la violence dans le football", lance Dominique Goumane, directeur de la ligue réunionnaise de football (LRF).
"Cependant dans certains cas relevés, les violences impliquent de plus en plus les parents, les spectateurs ou des accompagnateurs et pas seulement les joueurs eux-mêmes."
"Il y a là un véritable problème qu'il faudra résoudre car cela démontre, si besoin est, que les comportements des adultes irresponsables peuvent influencer l'atmosphère d'un événement sportif", ajoute le directeur.
- Des sanctions trop faibles -
Pour Fabrice Sanson, "les sanctions sont trop légères, voire inexistantes si vous êtes un club proche du sérail présidentiel, les commissions obéissent toutes à une personne souvent dans l'irrespect de la loi du jeu."
"Des plaintes sont souvent portées, notamment entre président et dirigeant, mais jamais on n'en parle. Il arrive souvent depuis des années pour motifs d'indemnités de formation qu'un président envoie des gros bras pour faire pression sur le club pour libérer le jeune.", affirme-t-il.
Des faits qui, il l'explique "me sont arrivés, et cela en deux ans de présidence".
Au sein de son club de Montgaillard, "nous avons mis en place une politique sur les plus jeunes : centre de loisirs à chaque vacances scolaires, actions sociales faits par les jeunes pour les habitants, distribution de colis alimentaire chaque mois, on investit sur les jeunes du quartier, contrat d'apprentissage, formation jeunes arbitres...".
"Tout cela à un coût, mais les valeurs du club sont solidarité, entraide, partage, et non tous les moyens sur l'équipe séniors, car à ce jour, les mairies et les ligues récompensent les équipes séniors sans jamais penser aux jeunes et à leur valorisation", ajoute Fabrice Sarnon.
- Parents, coach et présidents prônent la non-violence -
Des jeunes à éduquer, à sensibiliser, pour ne pas reproduire ce que les grands font sur la pelouse, c'est ce que souhaite la mère de trois jeunes joueurs.
"Les enfants ne naissent pas racistes", dit-elle. "Nous on les prépare à cela."
Du côté du coach du nord, "on leur explique tout cela et nous-mêmes devant eux on doit être exemplaire, dans la bienveillance, dans notre rôle pour leur expliquer les valeurs du sport".
Et "quand ça ne va pas on sanctionne – notamment chez les plus grands – pour montrer l'exemple". "Des sanctions en interne avec interdiction de match" cite-t-il par exemple.
"Le sport c'est : on peut gagner aujourd'hui mais on peut perdre demain et ça il faut l'apprendre aux plus jeunes. Les adultes eux sont moins réceptifs."
Toutefois, selon Marie*, "il n'y a pas assez de choses faites dans ce sens-là". Un avis partagé par le coach qui aimerait "que le ligue fasse une campagne de non-violence comme dans l'Hexagone où des panneaux rappellent en début de match que nous sommes contre la violence ou encore le racisme. Cela pourrait apaiser les choses".
"La passion et l'engagement des uns et des autres, lorsqu'ils sont mal dirigés, peuvent conduire à des comportements agressifs, comme on l'a vu le week-end dernier" dit-il.
"Cela pose des questions sur l'éducation, le comportement et la responsabilité des personnes adultes dans la transmission de valeurs comme le respect et le fair-play", ajoute la ligue.
"Il est de la responsabilité de chacun de retrouver et d'encourager un comportement positif, calme afin de retrouver l'esprit d'équipe", note Dominique Goumane. "Il est essentiel que le football reste un lieu de passion et de respect.
- Les terrains de football n’ont pas le monopole de la violence -
Les incivilités observées ces derniers temps dans le milieu du sport amateur ne tiennent pas de l’épiphénomène. Déjà, en février 2024, alors que la ligue de basket-ball avait constaté une augmentation des violences lors des compétitions sportives, notamment de la part de parents de joueurs, plusieurs mesures ont été votées le 21 février 2024 par le comité directeur de la ligue régionale de basket-ball.
Arrêt du match et report en huis clos, saisie de la commission de discipline, dépôt de plainte pour les cas les plus graves, demandes aux mairies de ne plus autoriser la vente d'alcool...avaient été décidés.
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Pour la Ligue réunionnaise de football (LRF), "réduire la violence uniquement au football est une vision simpliste". "On ne fuit pas nos responsabilités en tant qu'organisation mais la violence est un phénomène complexe qui peut émerger des divers contextes sociaux, culturels et économiques", explique Dominique Goumane, directeur général de la LRF.
"Le foot en tant que sport populaire est très exposé et peut-être le reflet de tensions plus larges de notre société actuelle."
"La violence devra être abordée dans sa globalité plutôt que de cibler le football", ajoute-t-il. "Seuls nous ne pourrons pas grand-chose mais avec toutes les parties prenantes, nous pourrions décliner un plan d'action de lutte contre les formes de violences dans les stades."
"Le sport est un élément déterminant dans la cohésion et la paix sociale. Les JO de Paris ont été l'expression de tout ce bien que le sport peut apporter à une société", lance Dominique Goumane.
"Il véhicule des valeurs fondamentales qui sont essentielles telles que la solidarité, la détermination, la discipline, l'inclusion…"
ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com
*prénom d'emprunt
Arrêtons de nous lamenter sans arrêt,il y a toujours des solutions, mais trop de lâcheté de notre société pour les appliquer, comme partout.
Avant le foot chez nous était du bénévolat pour diriger
Comment se fait il un club de R2 arrive a payé une personne ou tout est entre ses mains
Salaire
Téléphone
Ordi
Local
Il se croire entraîneur dirigeant
Comment se fait il un président agent communal a t il les moyens de maître de l argent en cas de pépin
Il y d autres ils sont jamais étaient footballeur et se sont eux qui sont a la tête d une équipe en donneurs de leçons