98 infractions pour 2023

Abandonnés, torturés, tués... "Ne fermons pas les yeux" face à la maltraitance animale

  • Publié le 8 novembre 2023 à 18:28

Dans notre département, errance, divagation et maltraitance animale gangrènent nos rues et certaines de nos maisons. Chiens tués, décapités, enlevés pour être torturés… Animaux accrochés sans eau, sans nourriture… Trop nombreux sont nos amis à quatre pattes victimes d'individus mal intentionnés. C'est d'ailleurs pour stopper ces individus que des référents police et gendarmerie sont nommés dans chaque commissariat. Face à ce triste constat - qui doit être l'affaire de tous - les associations appellent à "ne pas fermer les yeux" et à se mobiliser pour que cela cesse (Photo : sly/www.imazpress.com)

Dernier exemple en date à Saint-Benoît, un chiot a été lapidé et forcé à avaler des objets métalliques

Pour ces faits, une plainte collective de plusieurs associations a été déposée pour tortures en bande organisée.

Dans la commune de l'Est également, des "jeunes ont été pris en train de faire avaler de force des tessons de bouteilles aux animaux", indique l'association.

Dans le quartier de la Chaumière à Saint-Denis, un chien a été tué et décapité après avoir été assommé à coups de cailloux. "Les cris ont été entendus dans le quartier… mais personne ne l'a empêché", se désole l'association APEBA.

Plus tôt dans l'année, un chien a été sorti d'un squat à Saint-André.

Des chats, enfermés dans une chambre toute une journée ont également été signalés à l'association.

Face à ces actes en recrudescence, l'association APEBA lance un appel à témoins pour tout acte de torture ou de maltraitance. Elle a mis en ligne un formulaire automatisé pour signaler les cas de maltraitance animale.

La Réunion est d'ailleurs pionnière en la matière puisque cela fait deux ans que ce formulaire existe, alors que le ministre de l'Intérieur ne l'a déployé que cette année au niveau national.

L'association n'est pas la seule à recevoir des faits d'actes de cruauté. À la SPA de Sainte-Marie – pas plus tard que ce week-end du 4 et 5 novembre 2023 -  "des individus se sont introduits et sont venus subtiliser des femelles, on ne sait que tristement trop bien pour quelles raisons", indique Jean-Luc Mignot.

"Depuis un an, la SPA est victime de vols et de violences sur ses animaux. Il y en a un qui s'est retrouvé la queue coupée, un autre scalpé, c'était épouvantable à voir", ajoute le président de la SPA.

"Ne fermons pas les yeux, ne soyons pas indifférent", ajoute Cécile Squarzoni.

Lire aussi - Le Port : trois chiens maltraités récupérés par la Police nationale et l'association Apeba

- "Ne fermons pas les yeux" -

La maltraitance animale – tout comme l'errance et la divagation  - est un véritable sujet de société. Il existe d'ailleurs deux types de maltraitances : la maltraitance privée et celle de la rue.

Concernant la maltraitance de la rue, les actes de torture sur des chiens volés, pris au piège, "ce sont souvent des mineurs qui sont identifiés", indique Cécile Squarzoni, vétérinaire et présidente de l'association APEBA.

"Pour la maltraitance privée, le propriétaire laisse son chien attaché, sans eau, sans nourriture. Or le chien doit être replacé dans la famille réunionnaise", souligne la présidente de l'association.

Des cas de maltraitance en recrudescence. "Ces jeunes préméditent leurs actes, cherchent des appâts pour les capturer, les torturent et parfois les tuent. C'est dramatique", s'insurge Cécile Squarzoni.

Pour elle, "c'est dangereux, il ne faut pas fermer les yeux sur de tels actes."

En l'espace de deux ans, "on a recueilli plus de 1.000 signalements", dit-elle.

Pour l'année 2022, les forces de l’ordre ont été saisie de 113 infractions relatives à la maltraitance animale. Pour les 9 premiers mois de l'année 2023, ce sont 98 infractions qui ont été constatées.

"Je suis choqué par ces actes de maltraitance et de barbarie, voire de torture constatée régulièrement. Et c'est une priorité donnée aux forces de police et de gendarmerie que d'enquêter systématiquement sur ces affaires", souligne Jérôme Filippini, préfet de La Réunion.

- Des référents police et gendarmerie pour lutter contre la maltraitance animale -

Des signalements de cas de maltraitance qui malheureusement n'aboutissent pas toujours.

"Le problème c'est le flagrant délit", explique Cécile Squarzoni. C'est pour cela que l'association APEBA travaille en lien étroit avec la police et la gendarmerie de La Réunion.

À La Réunion, 10 référents travaillent au cœur de brigades de police et 25 pour la gendarmerie. Mais ce n'est pas encore suffisant.

Au cœur de la gendarmerie, "chacun de nos enquêteurs qualifiés officier de police judiciaire (OPJ), agent de police judiciaire (APJ) ou agent de police judiciaire-adjoint (APJ-A) a la capacité de se saisir des infractions définies par la loi en matière de maltraitance animale", précisent les services.

"Ce "réseau" est soutenu par l'antenne de l'office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (AOCLAESP) de La Réunion. Cette unité spécialisée apporte une assistance aux enquêteurs et peut, dans les cas les plus importants, se saisir des faits."

"Comme pour de nombreuses infractions, nous en avons connaissance par une plainte (parfois déposée par une association ; SPA, fondation Brigitte Bardot, ...) ou par l'initiative des enquêteurs qui ouvrent avec l'accord du parquet, des enquêtes préliminaires ou flagrantes."

"Chaque réferent a à charge le suivi de traitement des signalements", explique Clément Robert, référent maltraitance animale à la direction territoriale de la police nationale. Pour la police, ils sont deux au niveau du département, avec un référent par circonscription, excepté Saint-Denis où ils sont deux.

L'association a d'ailleurs formé 85 hommes et femmes des forces de l'ordre. "On leur a expliqué comment détecter la maltraitance, les mauvais traitements et mettre en place les infractions", explique Cécile Squarzoni.

Une formation appelée à se renouveler puisque l'association a fait une proposition à la préfecture pour faire trois nouvelles formations. "Des policiers et gendarmes qui ne demandent qu'à être formés."

Pour les propriétaires – généralement identifiés – soit l'animal est cédé à l'association et retiré, soit la personne écope de 45.000 euros d'amende. Cela peut même aller jusqu'à de la prison dans les cas les plus graves.

Mais "il y a beaucoup de plaintes non suivies. On a besoin que le parquet punisse davantage pour maltraitance mais ce n'est pas le cas", déplore la présidente.

Lire aussi - Des gendarmes formés à la problématique de l’errance animale

- Éduquer les plus jeunes -

L'un des moyens que souhaite mettre en place les associations pour sensibiliser les réunionnais et notamment les plus jeunes, c'est une vaste campagne dans les écoles.

"Nous avons demandé au rectorat la mise en place d'une campagne d'éducation à la bienveillance animale", explique Cécile Squarzoni. Car "les enfants d'aujourd'hui feront les adultes de demain".

" L'éducation nationale doit s'emparer du sujet et un vaste programme d'éducation doit être lancé par le rectorat à l'échelle de l'île en appliquant la loi de novembre 2021 qui impose que la bienveillance animale soit traitée dans les programmes scolaires."

L'association APEBA propose d'ailleurs deux outils pédagogiques avec des jeux éducatifs.

La lutte contre l’errance, la divagation et la maltraitance animale est l’affaire de tous, elle concerne l’ensemble des Réunionnais.

Lire aussi - Abandonnés, livrés à eux-mêmes… à La Réunion, près de 73.000 animaux errent dans les rues

ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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2 Commentaires
Dom
Dom
3 semaines

Application de la loi : identification de l'animal, sanctions du propriétaire en cas de divagation. Contravention à ceux qui nourrissent les animaux errants, éradication des meutes qui ne font que se multiplier.
Mais pour cela il faut du personnel....

Ded
Ded
3 semaines

"Abandonnés, torturés, tués" dit le titre de l'article, à propos des animaux.
Bref, exactement comme les enfants , en ce moment au Moyen Orient.
Les deux camps commettent des atrocités et je me fous de savoir qui en commet le plus ou même qui a commencé. Ce que je constate c'est , qu'une fois de plus , depuis 2 000 ans , c'est au nom de pseudo existence d'un pseudo Dieu Unique pour chacune de ces religions qu'on massacre , qu'on spolie , qu'on colonise ( la France en son temps a fait la même chose dans ses colonies)
Il paraitrait même e que ce dieu a créé l'homme à son image! Youpi , heureux de le savoir!
Continuez les mecs et une ou deux bombes atomiques , ça nous ferait du bien , on ne serait même plus obligé d'attendre la catastrophe climatique qui approche à grand pas.
Vivement la fin de ces civilisations pourries!