Eviter la guerre civile

Nouvelle-Calédonie-Kanaky : des président.e.s de collectivités d’Outre-mer demandent le "retrait immédiat" de la réforme électorale

  • Publié le 19 mai 2024 à 18:43
  • Actualisé le 20 mai 2024 à 06:13

Les présidents des Régions Réunion, Martinique et de la collectivité de Guyane ont demandé, ce dimanche 19 mai 2024, "le retrait immédiat" de la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie. Décrié par les indépendantistes, celle-ci a déclenché des violences sur le territoire depuis six jours. "Seule la réponse politique mettra fin à la montée des violences et empêchera la guerre civile", écrivent les signataires de cette tribune publiée par le portail média public Outre-mer la 1ère (Photo AFP)

Le texte est signé par la présidente de la Région Réunion Huguette Bello (gauche), qui en est l’une des initiatrices, ainsi que par ses homologues, de Martinique Serge Letchimy (gauche) et de Guyane Gabriel Serville (gauche).

Le président de la Région Guadeloupe, Ary Chalus (majorité présidentielle), annoncé comme signataire de la pétition a ensuite démenti avoir signé la tribune "bien qu'il condamne avec la plus grande fermeté les actes de violences que connaît actuellement le territoire de la Nouvelle-Calédonie".

Il a aussi lance aussi "un appel au calme pour rerouver l'équilibre qu'a connu le territoire il y a 26 ans, dans le cadre de l'acord de Nouméa conclu en 1998 et qui ouvrait la voie au processus de décolonisation et d'évolution institutionnelle pacifié"

Outre les trois président.e.s de Région, la tribune est aussi paraphée par près d’une vingtaine de parlementaires représentant ces territoires ultramarins, mais aussi la Polynésie française, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Pour La Réunion, la sénatrice Evelyne Corbière, la députée Karine Lebon, le député Frédéric Maillot, la députée Emeline K/Bidi, le député Perceval Gaillard, le député Jean-Hugues Ratenon et le député européen Younous Omarjee sont signataires du texte.

"Nous, élus des outre-mer, demandons solennellement au gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle visant à changer le corps électoral pour les élections en Nouvelle-Calédonie-Kanaky, comme préalable à la reprise d’un dialogue apaisé", lit-on dans cette tribune.

Selon les signataires, "la réponse sécuritaire qui consiste à mettre en place des mesures exceptionnelles - interdictions de circulation, assignations à résidence, perquisitions, ainsi que l’envoi de policiers et gendarmes supplémentaires - n’apporte pas de solution".

Lire aussi - Sur la route de l'aéroport de Nouméa, "une fois qu'ils sont passés, on a remis le barrage"

"Ces réponses répressives risquent d’engendrer une spirale de violence et de compromettre le retour au calme attendu", craignent-ils.

Lire aussi - Nouvelle-Calédonie :  600 gendarmes en opération dans le secteur de Nouméa pour rétablir l'ordre, "quoi qu'il en coûte"

Les violences ont fait six morts, le dernier en date samedi après-midi, un Caldoche (Calédonien d'origine européenne) à Kaala-Gomen, dans la province Nord. Les cinq autres morts sont deux gendarmes et trois civils kanaks, dans l'agglomération de Nouméa.

Lire ausi - Nouvelle-Calédonie: un sixième mort dans les émeutes

Cette réforme constitutionnelle qui a mis le feu aux poudres vise à élargir le corps électoral lors des scrutins provinciaux, au risque de marginaliser "encore plus le peuple autochtone kanak", selon les indépendantistes.

Adopté mercredi par les députés, après les sénateurs, le texte doit encore être voté par les parlementaires réunis en Congrès, à une date non déterminée.

Lire aussi - Kanaky-Nouvelle-Calédonie : le gouvernement met le feu aux poudres et refuse d'éteindre l'incendie

Voici le texte de la tribune publiée par Outremer la 1ere

Nous, élus des Outremers demandons solennellement au Gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle

En reconnaissant l’existence d’un peuple autochtone et colonisé, l'accord de Nouméa conclu en 1998 a ouvert la voie à un processus de décolonisation et d’évolution institutionnelle pacifié.

Alors que les accords de Nouméa prévoyaient une composition précise du corps électoral, le projet de loi constitutionnelle présenté par le gouvernement revoit les modalités d’organisation des scrutins pour définir l’avenir du territoire calédonien.

En effet, le projet de loi constitutionnelle organise l’ouverture du scrutin provincial calédonien aux résidents installés depuis au moins dix ans sur l’île. Cette modification sans consensus de tous les partenaires, constitue une trahison de l’esprit et de la lettre des accords de Matignon et Nouméa.

Les révoltes qui frappent la Nouvelle-Calédonie ont causé la mort de 6 personnes. Nous adressons nos condoléances aux familles des personnes décédées et à l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie-Kanaky.

Face à cette situation d’insurrection, le gouvernement a décrété l’état d’urgence.

La réponse sécuritaire qui consiste à mettre en place des mesures exceptionnelles - interdictions de circulation, assignations à résidence, perquisitions… ainsi que l’envoi de policiers et gendarmes supplémentaires - n’apporte pas de solution.

Ces réponses répressives risquent d’engendrer une spirale de violence et de compromettre le retour au calme attendu.

Seule la réponse politique mettra fin à la montée des violences et empêchera la guerre civile.

Nous, élus des Outremers demandons solennellement au Gouvernement le retrait immédiat du projet de loi de réforme constitutionnelle visant à changer le corps électoral pour les élections en Nouvelle-Calédonie-Kanaky comme préalable à la reprise d’un dialogue apaisé avec l’ensemble des parties prenantes en renouant avec l’esprit des accords de Nouméa pour la construction d’un avenir commun.

www.ipreunion.com avec l'AFP / redac@ipreunion.com

guest
2 Commentaires
Oscar
Oscar
4 semaines

Cela merite d être traité en actu

Moine
Moine
4 semaines

Je ne suis pas élus, mais je signe. Arrêtons avec la politique de macron. Il nous déjà entuber avec la réforme des retraite, il veut la 3ème guerre mondiale.