Ce samedi 14 décembre 2024, le cyclone tropical intense Chido s'est abattu sur Mayotte, détruisant habitations, routes, ponts... et provoquant de nombreux morts. Dans le département, les rafales observées ont dépassé les 200 km/h, indique Météo France. Il s’agit d’un cyclone d’une ampleur inédite depuis plus de quatre-vingt-dix ans pour Mayotte, rappellent les météorologues qui reviennent sur ce phénomène dévastateur (Photo : Kwézi)
"Le cyclone intense Chido a traversé l’île de Mayotte, samedi 14 décembre, avec des vents dévastateurs. "L'œil du cyclone a abordé le nord de la Grande-Terre vers 11 heures, samedi, au niveau de la ville de Bandraboua pour ressortir environ 30 minutes après vers la ville d'Acoua sur la côte nord-ouest", explique Météo Frace.
Le mur de l'œil a concerné la Petite-Terre ainsi que les régions nord et centre de la Grande-Terre.
- Des rafales à plus de 200 km/h sur Mayotte -
Sur l’ensemble du territoire, les rafales observées ont dépassé les 180 km/h voire plus de 200 km/h dans le mur de l'œil du cyclone.
Météo France a relevé dans le mur de l’œil "226 km/h à Pamandzi et 194 km/h avant rupture de la réception des données à Coconi".
Des rafales approchant 250 km/h ont même pu être atteintes sur le nord de Petite-Terre et la moitié Nord de Grande-Terre, "concernées par le passage du mur de l’œil, qui est la zone théorique des vents maximaux", selon les spécialistes.
Les rafales ont dépassé les 100 km/h pendant un peu moins de cinq heures, dépassé les 150 km/h pendant environ trois heures et dépassé les 200 km/h pendant environ 45 minutes. "Cela témoigne de la compacité et de la vitesse de déplacement rapide du cyclone."
- Des pluies intenses -
Le cumul de pluie le plus élevé sur la durée de l’épisode "est de 176,4 mm relevé à la station de Vahibé dans les hauts de Mamoudzou".
Les cumuls de précipitations sont estimés à 176 mm en 12 heures, les pluviomètres ayant cessé d’envoyer des données.
Le réseau de mesures de Météo-France a souffert des conditions cycloniques et bon nombre de données n’ont plus été transmises à l’approche du mur de l’œil.
Une dégradation de l'état de la mer a également été observée avec des vagues moyennes de 5m30 et des hauteurs maximales de 9m30 en dehors du lagon au nord-ouest de l’île.
- Les eaux chaudes de l'Océan indien à la genèse de Chido -
Dans ses explications, Météo France indique que Chido a profité "d’un environnement océanique favorable avec des températures de surface proches de 30°C et des eaux chaudes très profondes ainsi que d’un cisaillement en baisse", ce qui lui a permis de "s'intensifier rapidement, ravageant l'île d'Agaléga en tant que cyclone tropical intense moins de 48h plus tard".
Chido s’est ensuite déplacé rapidement vers l’ouest "en suivant une trajectoire peu fréquente et extrêmement défavorable pour Mayotte, qui l’a fait contourner Madagascar par le nord, puis se diriger droit vers l’île aux parfums", précise Météo France.
- Un cyclone pas vu depuis plus de 90 ans -
Le cyclone Chido "est un épisode exceptionnel pour Mayotte en termes d’impact, bien supérieur à Kamisy (avril 1984) qui était la dernière référence cyclonique à Mayotte. Il faut probablement remonter au cyclone du 18 février 1934 pour retrouver un impact aussi violent sur le département".
"Le caractère exceptionnel de Chido tient surtout à sa trajectoire d’est en ouest lui permettant de contourner Madagascar par le nord", expliquent les météorologues.
En termes d’intensité, on observe en moyenne trois phénomènes par an d'intensité équivalente à celle de Chido sur le bassin.
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