À 35 ans, elle n'avait jusqu'alors jamais eu affaire à la justice. Mais son entrée dans la délinquance ne sera pas passée inaperçue. Condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour trafic de drogue par le tribunal correctionnel, la mère de famille faisait appel de sa condamnation, ce jeudi 18 juin 2026. La Cour rendra son délibéré le 25 juin prochain. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
En janvier 2026, le tribunal correctionnel de Saint-Pierre condamne la femme de 35 ans à cinq ans d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants. Lors de sa garde à vue, puis en première instance, elle avait nié toute implication dans les faits. Une ligne de défense qu'elle semble désormais nuancer, reconnaissant au moins une partie de son rôle dans l'affaire.
Les faits remontent à la fin du mois de mars 2025. Les gendarmes de Saint-Louis reçoivent alors un renseignement anonyme affirmant qu'elle et son compagnon se livrent à un trafic de stupéfiants par le biais d'envoi de colis. L'enquête est rapidement confiée à la brigade de recherches de Saint-Pierre.
- Près de 70 envois identifiés -
Selon les enquêteurs, le trafic reposait sur une organisation relativement simple. le couple et plusieurs complices installés en métropole, principalement des proches, se rendaient aux Pays-Bas pour s'approvisionner en cathinone, achetée entre 10 et 15 euros le gramme. La marchandise était ensuite conditionnée puis expédiée vers La Réunion par voie postale. Les investigations ont permis d'identifier près de 70 envois, dont 13 ont été interceptés par les forces de l'ordre, représentant à eux seuls plus de 1,2 kilo de produit. Au total, plus de sept kilos de cathinone auraient transité par ce réseau. Un trafic particulièrement lucratif lorsque l'on sait que le gramme de cathinone se revend sur l'île entre 120 et 150 euros, soit davantage que la cocaïne.
La situation financière de la prévenue interroge également les enquêteurs. Officiellement, la femme percevait environ 2.400 euros mensuels d'aides sociales, principalement au titre de parent isolé, alors même qu'elle ne vivait pas seule. Depuis son incarcération, la jeune femme continue de minimiser son implication mais reconnaît désormais une grande partie des faits, affirmant avoir agi sous l'influence et par crainte des violences de son compagnon. Actuellement enceinte de sept mois de son quatrième enfant, elle tente aujourd'hui d'expliquer son rôle dans cette affaire par un contexte de domination et de peur.
- 4 comptes bancaires et un portefeuille de cryptomonnaies -
Le parcours de la mise en cause est marqué par un passé particulièrement lourd. À la fin des années 2010, elle dépose plainte pour des violences conjugales et des viols commis par le père de ses deux premiers enfants. Quelques années plus tard, au début des années 2020, son ancien compagnon est condamné en récidive à 30 ans de réclusion criminelle. Une décision qui lui ouvre droit à des dommages et intérêts en qualité de victime. Mais au cours de l'enquête, les gendarmes peinent à distinguer l'origine exacte des sommes ayant transité sur ses comptes, entre les indemnités perçues et les revenus supposément issus du trafic de stupéfiants.
Les enquêteurs s'interrogent également sur sa situation financière. Outre son compte bancaire principal, la trentenaire disposait d'un compte Nickel, d'un compte Revolut, d'un compte Western Union ainsi que d'un portefeuille de cryptomonnaies. Selon l'enquête, ce dernier servait notamment à régler les achats de cathinone aux Pays-Bas. Lors de la perquisition menée à son domicile, les forces de l'ordre découvrent également du mobilier et des équipements haut de gamme. Pour le parquet, ce train de vie apparaît difficilement compatible avec les revenus officiellement déclarés par la prévenue.
- Délibéré rendu le 25 juin prochain -
"Ce trafic est d'une ampleur certaine. Il a duré près de trois ans et a généré entre 700.000 et 1,5 million d'euros de bénéfices", souligne l'avocate générale. "Son train de vie ne correspond manifestement pas à ses revenus déclarés. Il faut aussi qu'elle prenne conscience des ravages que provoque le "Dou" à La Réunion". "La sanction requise par le procureur de Saint-Pierre (3 ans dont un avec sursis probatoire, ndlr) montre qu'une peine mixte est nécessaire", poursuit la représentante du parquet général qui a requis cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans assortis d'un sursis probatoire comportant plusieurs obligations.
De son côté, la défense a insisté sur l'évolution de la prévenue depuis son incarcération. "Elle ne minimise plus son implication. Depuis sa dernière audition et son placement en détention, elle a eu le temps de réfléchir. Aujourd'hui, elle reconnaît les faits et vous devez en tenir compte", plaide son avocat. Estimant que la peine prononcée en première instance est "totalement disproportionnée", il demande à la cour de replacer l'affaire dans son contexte et de prononcer une peine aménageable, sous la forme d'un sursis probatoire ou d'une sanction couvrant la détention déjà effectuée, avec un éventuel placement sous bracelet électronique.
La cour d'appel mettra sa décision en délibéré au 25 juin prochain.
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ah , toujours des victimes innocentes qui n'ont rien fait!
Parent isolé et enceinte ?
Mensonge ?
Des aides familiales illégalement perçue ? Il faut rendre la monnaie ?
Trafic drogue ?
Des tricheurs et des gens pas honnetes : merite 10 ans de prison.