1.700 policiers et gendarmes mobilisés

Mayotte : le gouvernement lance l'opération "Wuambushu 2" pour lutter contre l'immigration illégale

  • Publié le 16 avril 2024 à 12:49
  • Actualisé le 16 avril 2024 à 14:16

Un an après le premier volet, une nouvelle itération de l’opération Wuambushu ("reprise" en shimaoré) a débuté tôt ce mardi 16 avril 2024. Cette opération doit durer 11 semaines, jusqu'à la fin du mois de juin. Un an après le début de la première opération, nommée "Wuambushu", l'objectif affiché par l'exécutif reste le même : lutter contre l'immigration illégale, l'insécurité et le logement insalubre. Appelée cette fois-ci "Mayotte Place Nette", elle devrait mobiliser jusqu’à la fin juin près de 1.700 membres des forces de l’ordre. La ministre déléguée chargée des Outre-mer, Marie Guévenoux, a donné une conférence de presse à ce sujet. Nous sommes en direct.

Retrouvez le direct ci-dessous



 

  • L'opération a débuté dès ce matin

    A Doujani, les forces de l'ordre ont procédé au décasage de nombreuses personnes, malgré des violences qui ont éclatées à leur arrivée.

     

  • Les forces de l'ordre mobilisées

    "On a misé tant sur le plan quantitatif que qualitatif" assure Christian Rodriguez, directeur général de la Gendarmerie nationale. "Tout cela va contribuer collectivement à sécuriser les opérations."

    "Ce qui est important est d'assurer l'ordre et la sécurité publique, mais aussi d'identifier les chefs des filières. Les forces envoyées sont donc des enquêteurs de police judiciaire pour travailler sur les filières de passeurs" ajoute Frédéric Veau, directeur général de la Police nationale.

     

  • La fin du droit du sol en vue à Mayotte

    "Un projet de loi constitutionnelle ainsi qu'un projet de loi ordinaire qui prévoiera d'autres mesures seront présentés fin mai" précise la ministre déléguée.

    "Cette loi comprendra des volets sécuritaires mais aussi sociaux. Il y aura des mesures économiques et institutionnelles. Le projet de loi fait aujourd'hui l'objet d'un certain nombre de concertations, pour qu'on puisse bâtir ensemble un projet de loi avec des mesures en direction des mineurs, avec des mesures de retraits de titres pour les parents dont les enfants ont été condamnés, mais aussi des titres de mérite" détaille-t-elle.

    La ministre déléguée sera de nouveau à Mayotte le 2 mai.

  • Sur les quatre dernières années, 110.000 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits

    Ces personnes venaient des Comores et des régions des . "Cela représente 94% de plus qu'en 2020" souligne Marie Guévenoux

    "On multiplie les opérations de surveillance par différents moyens. Cette opération va être multiplie : l'avion qui survole les routes connues pour repérer les bateaux, pour y envoyer une vedette maritime. Ce dispositif est complété par des brigades terrestres, qui peuvent interpeller les étrangers en situation irrégulière. Un bâtiment maritime sera placé de façon à barrer la route" détaille-t-elle.

    Une tournée diplomatique dans les pays des Grands lacs est prévue, "pour qu'une bonne coopération permette un retour de ces étrangers".

  • "Aujourd'hui, un an après, nous lançons donc l'acte 2 du retour de l'ordre à Mayotte" annonce Marie Guévenoux

    "C'est une tryptique que nous allons répéter : insécurité, immigration, habitat indigne. Nous avons identifié 60 individus qui sont des cibles prioritaires" dit-elle. Il s'agit de personnes identifiées comme étant impliquées dans des violences ou des trafics.

    Deux vedettes côtières vont être mobilisées en lien avec le ministère des Armées, ainsi qu'un bâtiment de la marine dans le canal du Mozambique, et un avion civil multipliera les heures de vol au-dessus de l'île et au large des côtes.

    "Sur le volet de l'habitat indigne, 1300 bangas devraient être détruits. En lien avec le ministre du logement, une enveloppe de 5 millions d'euros supplémentaires va être allouée pour reloges les familles" annonce la ministre déléguée.

    1700 policiers, gendarmes et militaires seront mobilisés. "C'est un ratio sans commune mesure. Cela représente un gendarme pour 350 habitants à Mayotte, contre 1000 dans l'Hexagone" souligne-t-elle.

    L'opération se déroulera jusqu'au mois de juin.
     

     

  • "Mayotte est en proie à une crise migratoire, sécuritaire, et une crise de l'eau" débute Marie Guévenoux

    "Mayotte est un territoire prioritaire pour l'Etat. C'est tout le sens du cap mis en place par le Président. En six ans, nous avons répondu aux défis sécuritaires avec des actions concrètes : un doublement les effectifs de forces de l'ordre, la création d'un détachement permanent du RAID...aucune majorité ne l'avait fait. Pour lutter contre l'immigration illégale nous avons mis en place un dispositif dès 2019. En quatre ans, c'est plus de 26 000 personnes qui ont  en mer, et plus de 2100 kwassas. Ce sont 110.000 situations ont été reconduits dans leur pays d'origine" déclare la ministre déléguée.

    "Plus récemment, l'Etat a aussi engagé 100 millions d'euros pour assurer l'accès à l'eau et lancer de nouveaux forages. Près de 37 millions de litre d'eau ont été distribués" rappelle-t-elle.

    L'opération Wuambushu c'est 510 agents du ministère de l'Intérieur qui ont été déployés. 1000 personnes ont été interpellées, 592 passeurs ont été interpellés dont 510 ont été condamnés, 25.000 étrangers en situation irrégulière ont été expulsés. 700 bangas ont été détruits.

    "Après avoir connu une hausse conséquente, les principaux indicateurs des atteintes aux personnes ont connu une baisse en 2023. L'opération Wuambushu a eu des effets significatifs" annonce-t-elle.

  • "L’opération Mayotte Place nette a débuté aux aurores ce matin" annonce Marie Guévenoux

    "Jusqu’à fin juin, 1700 gendarmes et policiers et des militaires seront mobilisés pour lutter contre l’insécurité et les bandes, stopper l’immigration clandestine et détruire les bidonvilles qui s’étalent sur l’île" rappelle-t-elle.

  • Bonjour à tous, bienvenue dans ce direct

    L'opération Wuambushu 2 a débuté tôt ce mardi matin. Nous suivons en direct la conférence de presse à ce sujet

À propos

En déplacement dans le département le 4 avril dernier, Marie Guévenoux avait évoqué "la lutte contre l'immigration clandestine, des opérations de décasage et des opérations visant à interpeller des chefs de bande" comme objectifs de cette nouvelle itération de l'opération Wuambushu.

"On constate une violence urbaine très importante, avec des caillassages et des affrontements très violents qui pourrissent la vie des habitants. Le premier objectif est donc de neutraliser les personnes à l’origine de ces actes, principalement des chefs de bande", a confié au Parisien Marie Guévenoux, la ministre déléguée chargée des Outre-Mer, qui s’est déjà rendue à trois reprises dans le département depuis sa nomination fin janvier.

Lire aussi - Gérald Darmanin et Marie Guévenoux à Mayotte pour préparer une opération Wuambushu 2

- Près de 1.700 agents de forces de l'ordre mobilisés -

Selon les informations du Parisien, "le gouvernement s’apprête à déployer, ce mardi 16 avril, aux premières heures de la journée, pas moins de 400 policiers, gendarmes et militaires pour une opération Mayotte place nette qui va s’étendre sur plusieurs semaines".
Elle devrait mobiliser jusqu’à la fin du mois de juin près de 1.700 agents des forces de l’ordre.

"L’offensive qui débute ce mardi visera particulièrement deux points précis de Mayotte, où une soixantaine d’individus défavorablement connus des services de police doivent être interpellés", poursuit Le Parisien.

Un objectif en tête, 1.300 "bangas" détruits, deux vedettes militaires au large.

- Wuambushu 1, un constat échec -

Le 24 avril 2023, débutait la première opération de l'opération Wuambushu à Mayotte.

Ce premier volet n'avait pas eu les effets escomptés, notamment parce que les Comores voisines, d'où proviennent une grande partie des immigrés clandestins dans la région, avaient refusé de coopérer pour accueillir leurs ressortissants expulsés. D'autre part, la destruction des bidonvilles avait été rapidement empêchée par le tribunal de Mamoudzou, la préfecture de l'archipel.

Mais Marie Guévenoux préfère se référer aux chiffres pour dire que ces efforts n’ont pas été vains avec, sur l’ensemble de l’année, 25.000 étrangers en situation irrégulière expulsés, 60 chefs de bande interpellés, puis 700 "décasages", destruction d’habitations illégales.

Lancée au printemps 2023, l’opération contestée Wuambushu, destinée à lutter contre la criminalité, l’immigration illégale et l’habitat insalubre à Mayotte, visait notamment à tarir le flux des arrivées de migrants des Comores voisines et à détruire les bangas (cases) insalubres organisés en bidonville, de plus en plus nombreux.

- Une situation sociale explosive -

Depuis janvier, Mayotte est confrontée à des problèmes sanitaires et de pénurie d’eau, en plus des chantiers inachevés de l’opération de sécurisation. Le gouvernement a promis de mettre fin au droit du sol pour apaiser le conflit social qui secoue l’archipel.

Afin de répondre à la colère des habitants, le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin avait annoncé le 10 février dans une vidéo adressée aux Mahorais la mise en place de la deuxième opération de sécurisation. "Ce sera plus de moyens de forces de l’ordre et de justice pour pouvoir lutter contre cette délinquance étrangère qui pourrit la vie de nos concitoyens", avait-il promis.

Lire aussi - Wuambushu : la grande désillusion de Mayotte

Lire aussi : Wuambushu : les démolitions massives de bidonvilles sont lancées

www.imazpress.com avec AFP/redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
HULK
HULK
1 mois

Il peut en faire autant qu'il veut çà ne règlera pas le problème, c'est trop tard. A notre tour bientôt.