Gabriel Attal nommé à Matignon

Un nouveau Premier ministre pour une ligne politique inchangée

  • Publié le 10 janvier 2024 à 11:37

Après une demi-journée de suspense, Gabriel Attal a été nommé Premier ministre ce mardi 9 janvier 2024. Il remplace Elisabeth Borne, poussée vers la sortie par Emmanuel Macron, après que cette dernière a fait passer aux forceps les très controversées réforme des retraites et loi immigration. Si Gabriel Attal est désormais le plus jeune Premier ministre de la Vème République, nul doute que sa jeunesse ne viendra pas enrayer la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron. Que cela soit lui ou Borne à la tête du gouvernement, la donne ne va pas changer : son rôle restera d'effectuer les sales besognes du Président (Photo : rb/www.imazpress.com)

Dans la classe politique – en dehors du parti présidentiel – les avis convergent : un nouveau Premier ministre pour une ligne politique inchangée.

A La Réunion, les réactions se rejoignent chez les parlementaires. "Le fusible Borne a sauté, place au fusible Attal" a par exemple réagi la députée Karine Lebon. "Même scénario, casting différent. Ne nous faisons pas d’illusions, le programme ne changera pas. Même détricotage des services publics, même déconnexion des réalités du terrain… pas grand-chose à en attendre" a-t-elle écrit sur X (ex-Twitter).

Pour Jean-Hugues Ratenon, cette nomination est "kif kif bourricot". "Oui, on a changé de Premier Ministre ; Oui on a changé de nom ; Oui on a changé de personne ; Oui on a changé de génération ; mais après ? Ce sera toujours la même politique" a-t-il estimé.

"Ce nouveau Premier Ministre a soutenu et voté tous les textes de l’ancien gouvernement. Gabriel Attal n'est pas vraiment un nouveau mais bien un macroniste da la première heure et il est comptable de tout le bilan de Macron" a-t-il rappelé.

"C’est une vertèbre de la colonne vertébrale de la politique de la macronie. Il n’y a rien à attendre. Ce sera toujours de toute façon Macron qui va dicter la conduite au nouveau Premier Ministre qui ne sera qu’un porte-parole."

"Quel que soit celui ou celle qui lui succèdera ça sera la même politique antisociale et anti-écologique qui sera menée. La même politique autoritaire sans majorité à l'Assemblée nationale" avait de son côté écrit Perceval Gaillard avant même la nomination de Gabriel Attal.

La sénatrice Audrey Bélim a quant à elle adressé ses félicitations au Premier ministre, l'urgeant à porter "le même intérêt pour les Outre-mer et La Réunion" que lorsqu'il était ministre de l'Education nationale.

Au niveau national, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, tous ont estimé que ce changement de locataire à Matignon n'apporterait finalement aucun changement concret à la politique du Président.

- Loyauté et ligne anti-sociale -

Si l'on écoute les proches d'Emmanuel Macron, pour ce dernier, la qualité la plus importante pour un ou une Première ministre serait la loyauté.

En sachant cela, il n'y a effectivement que peu d'espoirs à placer en la personne de Gabriel Attal, qui ne fera que continuer l'action d'Elisabeth Borne : faire appliquer – par la force si nécessaire – les réformes voulus par le chef de l'Etat.

Chef de l'Etat qui a d'ailleurs démontré à plusieurs reprises qu'être jeune n'était pas un gage de renouveau : lui-même étant le Président le plus jeune de l'histoire, il ne brille pourtant pas pour ses prises de position innovantes ou progressives, au contraire.

Le choix de Gabriel Attal n'a finalement rien de très étonnant : macroniste de la première heure, formé et façonné par le Président, il est le personnage parfait pour appliquer à la lettre les dernières lubies d'Emmanuel Macron sur le "réarmement civique" des Français.

Gabriel Attal va cependant bénéficier d'un luxe qu'Elisabeth Borne n'aura pas eu : les réformes les plus controversées ont déjà été votées. Le nouveau Premier ministre n'aura donc, pour l'heure, aucun dossier brûlant à gérer, et pourrait maintenir sa popularité nouvellement gagnée au moins quelques temps.

Reste à savoir ce qu'il va advenir de ses nombreuses réformes entamées au sein de l'Education nationale. Après six mois à peine à la tête de l'un des ministères les plus importants du pays, dont l'institution s'effondre complètement, le signal donné – encore une fois – aux personnels est des plus inquiétants. S'il a assuré "amener" avec lui "la cause de l'école", la perplexité règne.

Peu de changements en vue donc, pour le reste du quinquennat. Matignon a simplement un visage plus jeune désormais.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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4 Commentaires
ZembroKaf
ZembroKaf
1 mois

tant que ce n'était pas Darmanin .... peut importe ... la vie continue !!!

parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mo
parce que vous Êtes gouvernés par Les Ratés En Mo
1 mois

Le prince 49.3 socialiste ne veut pas le faire, passera son temps à coller les timbres, une carpette formidable à Macron

TAGOUN
TAGOUN
1 mois

Ben Attal prépare son image pour les futures élections présidentielles 😊 sûr il y a rien à attendre de lui, il prendra pas de risques, Borne a fait le ménage pour lui 🤣 à coup de 49.3 . Il va juste peaufiner son image de beau gosse, dynamique etc etc de sauveur quoi ! 🙃

payet
payet
1 mois

legalisation du zamal! reforme de la justice et du milieu carceral! retour au bagne et des maisons de coorrection! travaux forçés! eduquons les kaniards!