Des entreprises "profitent" du "génocide" des Palestiniens, dit une experte de l'ONU

  • PubliĂ© le 4 juillet 2025 Ă  10:32
  • ActualisĂ© le 4 juillet 2025 Ă  11:10
La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, à La Haye le 12 février 2025

Des entreprises "ont profité de l'économie israélienne d'occupation illégale, d'apartheid et maintenant de génocide", a estimé jeudi la rapporteure spéciale de l'ONU pour les Territoires palestiniens, Francesca Albanese.

Mme Albanese a présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations unies un rapport intitulé "De l'économie de l'occupation à l'économie du génocide", dans lequel sont étudiés "les mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens".

La mission d'IsraĂ«l Ă  GenĂšve a affirmĂ© que le rapport de Mme Albanese Ă©tait motivĂ© par son "programme obsessionnel et haineux visant Ă  dĂ©lĂ©gitimer l'État d'IsraĂ«l".

La situation dans la bande de Gaza et en Cisjordanie est "apocalyptique", a fait valoir Mme Albanese. "A Gaza, les Palestiniens continuent d'endurer des souffrances qui dépassent l'imagination".

- Une "machine Ă  effacer" -

"Des fabricants d'armes aux gĂ©ants de la technologie, en passant par les banques, les entreprises Ă©nergĂ©tiques, les plateformes en ligne, les supermarchĂ©s et les universitĂ©s, les entreprises ont fourni les outils, le financement, les infrastructures et la lĂ©gitimitĂ© de cette machine Ă  effacer", a accusĂ© Mme Albanese devant l'organe suprĂȘme de l'ONU chargĂ© des droits de l'homme.

"Les colonies s'étendent, financées par les banques et les assureurs, alimentées par les combustibles fossiles et normalisées par les plateformes touristiques, les chaßnes de supermarchés et les institutions universitaires", a-t-elle dit.

"Tout cela a contribué à renforcer l'apartheid et à permettre la destruction lente et inexorable de la vie des Palestiniens", a jugé cette experte, dont la présentation a été accueillie par des applaudissements dans l'hémicycle.

Mme Albanese fait depuis longtemps l'objet de demandes de révocation de la part d'Israël et de certains de ses alliés en raison de ses accusations.

Elle a été nommée par le Conseil des droits de l'homme mais ne parle pas au nom des Nations unies.

- Profiter de la violence -

Mme Albanese a prĂ©cisĂ© devant la presse qu'elle avait contactĂ© les 48 entreprises citĂ©es dans son rapport, que 18 d'entre elles lui avaient rĂ©pondu et que, parmi celles-ci, "seul un petit nombre avaient acceptĂ© d'ĂȘtre interrogĂ©es de bonne foi", la plupart "disant qu'il n'y avait absolument rien de mal".

Mais elle a ajoutĂ© que le nombre des entreprises concernĂ©es pourrait ĂȘtre supĂ©rieur Ă  mille.

"Des personnes et des organisations ont profité de la violence et des meurtres", a-t-elle dénoncé. "Mon rapport expose un systÚme, quelque chose de si structurel, répandu et systémique qu'il n'y a aucune possibilité d'y remédier : il faut le démanteler".

L'AFP a demandé un commentaire à plusieurs entreprises citées dans le rapport. Certaines n'ont pas répondu.

"Nous pensons qu'il ne nous appartient pas de dĂ©cider oĂč quelqu'un peut ou ne peut pas voyager", a plaidĂ© la plateforme de voyage Booking.com.

Un cabinet de communication représentant Microsoft a répondu que ce géant de la technologie n'avait "aucun commentaire à faire".

Le géant danois du transport maritime Maersk a assuré avoir "maintenu une politique stricte consistant à ne pas expédier d'armes ou de munitions à Israël" depuis le début de la guerre entre ce pays et le Hamas.

"Nous respectons évidemment les droits de l'homme", a réagi un porte-parole du constructeur suédois de poids lourds Volvo, précisant : "Nous vendons par l'intermédiaire de revendeurs".

Glencore, un groupe suisse d'exploitation miniÚre et de négoce de matiÚres premiÚres, a rejeté "catégoriquement toutes les accusations", les considérant "dépourvues de tout fondement juridique".

L'experte de l'ONU a relevé que les consommateurs avaient "la possibilité de demander des comptes à ces entreprises car nous votons en quelque sorte avec nos portefeuilles".

 AFP

guest
0 Commentaires