Myopie : on peut se faire opérer

Chirurgie réfractive à La Réunion : aux oubliettes les lunettes

  • Publié le 31 août 2015 à 05:00
opération des yeux

Avoir une bonne acuité visuelle n'est pas donné à tout le monde. Les myopes peuvent choisir entre le port de lentilles de contact ou de lunettes pour voir au loin. Si certains s'accommodent plutôt bien avec leur défaut visuel, d'autres préfèrent retrouver une vue parfaite quitte à passer par la case bistouri.

Cela fait presque trente ans que la chirurgie réfractive se pratique à La Réunion et notamment au Port. Pionnière, la clinique Avicenne a réalisé la première opération traitant la myopie en 1986, une opération pratiquée par l’ophtalmologue Pierre Baudu. Les moyens de l’époque n’étaient pas aussi pointus que ceux d’aujourd’hui. "La kératotomie radiaire" était la technique employée pour traiter les patients myopes. Une technique "imprécise" car le patient le patient subissait de minuscules incisions de l’œil afin d’améliorer son acuité visuelle. Selon un des ophtalmologues de la clinique Avicenne, des "complications sur le long terme" pouvaient survenir. Le professionnel de la santé visuel explique qu’une minorité des patients traités il y a trente "développait le défaut inverse à celui de la myopie soit l’hypermétropie ".

Depuis, les avancées de la médecine ont permis de réaliser des bonds énormes dans le domaine de l’ophtalmologie. "Aujourd’hui, la technologie est plus précise et cause moins de douleurs", constate l’ophtalmologue. Deux techniques sont couramment utilisées pour traiter les défauts de vision; il s’agit du lasik et du Photo kératectomie réfractive (PKR).

Concernant la technique du lasik, le praticien effectue un découpage extrêmement fin de la cornée avant d’utiliser le laser correcteur, un laser "eye tracker" qui s’adapte aux divers mouvements oculaires. Ce système sophistiqué se calque sur le regard pendant le traitement. Cela optimise non seulement la correction du défaut visuel mais permet d’éviter tout imprécision. Le patient retrouve une vue quasi-normale très rapidement.

Afin d’améliorer l’offre de soins, un nouvel outil, plus performant, a fait son entrée à la clinique Avicenne il y a trois ans. Il s’agit du laser nommé "femto seconde" et qu’elle est la seule à détenir sur l’île. "Ce laser permet de réaliser des capots plus fins sur la cornée et permet aux personnes souffrant d’une forte myopie ou ayant des cornées fines d’avoir accès à cette opération", explique le professionnel de la santé.

Des opérations qui ne sont pas accessibles à tout le monde

La deuxième méthode dit PKR s’avère être plus douloureuse. En effet, après avoir retiré une fine lamelle sur la cornée sans la découper, les médecins appliquent le laser sur l’œil afin de traiter le défaut visuel. Les personnes opérées retrouvent une vue normale après la cicatrisation de la cornée. Le temps de récupération est plus long qu’une intervention au lasik et peut durer une semaine. "Le patient doit prendre des antalgiques car la cornée est le tissu du corps humain réunissant le plus de nerfs ; les douleurs de la cornée sont asses intenses", souligne Réda Cherrat, ophtalmologue au CHU de Bellepierre.

Les praticiens rappellent que tout le monde n’est pas opérable des yeux. Une topographie de la cornée est réalisée en vue d’établir un diagnostic pré-opératoire. Le bilan médical détermine si les patients sont aptes à subir une chirurgie réfractive ou pas. Selon l’ophtalmologue, les candidats ayant des bilans pré-opératoire positifs ont un point commun. "Les personnes qui s’opèrent les yeux sont souvent des personnes ayant porté des lentilles et ne pouvant plus en porter pour diverses raisons", souligne l'ophtalmologue.

Marie-Pierre Lapègue portait des lentilles de contact avant d’opter pour la chirurgie réfractive. Elle explique : "c’est contraignant, j’en avais marre". Souffrant d’irritation de l’œil, la quadragénaire décide de s’opérer les yeux en 2013. Elle se souvient : "après l’opération, j’avais l’impression d’avoir des grains de sable dans les yeux, c’est une sensation étrange ; mais au bout d’une semaine ma vue est devenue nette, c’était magique".

Marie-Pierre Lapègue ne possède pas une vue de 10/10. Un choix qu’elle explique : "j’ai décidé de rester légèrement myopie afin de retarder l’apparition de la presbytie". D’ailleurs à la clinique Avicenne du Port, un tiers des patients est corrigé pour des problèmes de presbytie, un défaut visuel qui touche les adultes âgés de 40 à 65 ans et qui se traduit par une difficulté de voir de près. Comme les autres défauts visuel, il évolue avec le temps. "Si une personne désire traiter précocement sa presbytie, elle doit s’attendre à subir d’autres interventions chirurgicales afin d’effectuer les retouches nécessaires pour ajuster la vue", précise le praticien de la clinique Avicenne avant d'ajouter que la myopie retarde l’apparition de la presbytie.

Bon à savoir le prix de l'opération n'excède pas 2 500 euros. Elle n'est pas remboursée par toutes les mutuelles.

Alyssa Mariapin pour www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Clément C.
Clément C.
10 ans

Article intéressant mais incomplet. Evoquer ce genre de ce sujet (et donc susciter l'intérêt du lecteur) sans parler du coût/possibilité de prise en charge, c'est bâcler le travail. Dommage.