EDF

L'impossible enfouissement de la totalité du réseau électrique pour faire face aux cyclones

  • Publié le 21 mars 2024 à 05:32
  • Actualisé le 21 mars 2024 à 05:54

Le 15 janvier 2024, le cyclone Belal frappait La Réunion. Lors de ce passage rapide mais dévastateur, le réseau électrique de l'île a particulièrement souffert, laissant de nombreux Réunionnais dann fénoir. En tout, 150.000 clients ont été privés d'électricité. Et des milliers ont été privés d'eau suite à l'absence d'électricité pour les stations de pompage. Une situation qui a provoqué la colère de nombreux habitants, se posant la question – à l'instar de certains élus – pourquoi la totalité du réseau électrique de La Réunion n'est-il pas souterrain ? Tout simplement car cela n'est pas possible face au relief de notre île, indique EDF (Photo d'illustration www.imazpress.com)

Si l'ensemble de la population de l'île a été réalimentée après le passage de Belal, quelques coupures isolées peuvent exister.

Mais après le passage du cyclone, nombreuses sont les personnes à avoir évoqué la possibilité d'un réseau souterrain plus présent, à l'instar de la sénatrice Audrey Bélim.

"Les réseaux électriques doivent par exemple être sécurisés et enfouis pour éviter des pannes de courant comme celles qu'ont subi de trop nombreux Réunionnais", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Lire aussi – Une mission flash pour la sécurisation et l’enfouissement des réseaux électriques

- Un réseau souterrain à 100%, "jamais on ne le pourra" -

Le réseau électrique est sous tension, notamment en "raison de l'indisponibilité simultanée et ponctuelle de plusieurs moyens de productions d'électricité sur l'île", indique EDF Réunion.

Mais alors, pourquoi ne pas enfouir la totalité du réseau pour éviter ces désagréments ? D'autant que des vents de plus en plus forts et des système dépressionnaires plus intenses sont à prévoir pour l'avenir.

"Évidemment des réseaux souterrains cela nous arrange", indique Fabien Fauchard, secrétaire général d'EDF Réunion. "Ils sont résilients au vent."

De même, "lorsque l'on construit un nouveau réseau de 15.000 volts on se demande si on peut le faire en souterrain."

Toutefois, "ils le sont moins à la pluie. Les terres sont gorgées d'eau et ces terrains ont tendance à glisser et s'il y a un réseau souterrain, il glisse avec", ajoute-t-il.

"Quand on est au bord d'une ravine et qu'il y a une rivière on est obligé ce passer par-dessus. À l'inverse quand on est sur un couloir de vent, on évite de mettre un réseau aérien."

C'est pour cela que le réseau électrique souterrain (en moyenne tension) actuel à La Réunion est de 70%. "Jamais on ne sera à 100%", précise Fabien Fauchard.

"Mettre les autoroutes ou ligne à hautes tensions en souterrain c'est technique parce que les câbles chauffent."

"Si on pouvait les enterrer (les gros pylônes haute tension) on le ferait mais ce serait une folie technique", lance Fabien Fauchard.

Lire aussi - Dix jours après Belal, 10.000 personnes encore privées d'eau ou d'électricité

- Un réseau pas forcément simple à entretenir -

Comme dit précédemment, si le réseau souterrain est intéressant pour EDF Réunion, "il n'est pas très résilient face à la pluie".

Il ne l'est pas non plus "face aux dégradations urbaines".

Certes, "on enterre le réseau dès qu'on le peut mais ce n'est pas la panacée car dès lors que le réseau tombe en panne il faut un camion laboratoire qui doit faire l'ensemble de la route pour repérer où le câble est cassé, déchiré ou brûlé".

L'un des exemples de la difficulté des réseaux souterrains, "à Saint-Denis, une fois, EDF a trouvé un défaut sous un parking", indique Fabien Fauchard. "Il y avait 60 véhicules garés dessus. On a trouvé la panne à deux mètres du sous le sol sauf qu'après il faut dégager les voitures, faire venir la police, trouver les propriétaires des véhicules ou appeler un dépanneur, percer… Ce n'est pas la même chose que de voir le câble, monter et le réparer".

"Je le répète", somme le secrétaire général d'EDF Réunion, "le réseau enterré basse ou moyenne tension c'est notre préféré mais si c'était parfait on l'aurait fait partout".

L'impossibilité réside également dans le fait qu'installer un réseau souterrain a un coût.

"On a un équilibre économique qui se joue tous les jours", explique Fabien Fauchard.

Dès lors, "lorsque l'on construit un réseau qu'on renouvèlera tous les 30 ans, EDF se pose toujours la question de savoir : est-ce que l'on garde l'aérien ou on passe en souterrain".

- Un réseau, des routes, des départementales et des autoroutes... -

Lors de l'après Belal, s'est également posé la question de : pourquoi les réseaux d'eau sont à l'arrêt ? Pourquoi n'ont-ils pas d'électricité ?

"Dans la création d'EDF, la loi et la mission de service public prévoit que chaque service public doit pouvoir garantir son fonctionnement en l'absence de réseau électrique", explique Fabien Fauchard. "Les générateurs sont donc à la charge d'installation des réseaux de distribution en eau."

Des réseaux qui, comme le secteur hospitalier, "sont dépannés en priorité".

Si les Réunionnais se sont plaints de ne pas avoir accès rapidement au réseau électrique, "on entend la colère et la frustration mais quand l'autoroute (entendez les lignes à haute tension) sont touchées, il faut ensuite regarder les nationales, les départementales et les routes forestières", précise Fabien Fauchard.

Quand il y a une panne, "il faut d'abord identifier la panne, identifier, protéger ce qu'il y a autour".

Le secrétaire général d'EDF Réunion expliquant que les routes forestières sont les câbles reliant les maisons (220 volts), les départementales et nationales étant les câbles moyennes tensions (15.000 volts) les autoroutes les câbles à haute tension (63.000 volts).

Et comme le dit Fabien Fauchard, "le vent ne choisit pas son poteau".

Lire aussi - Pas d'eau, ni d'électricité... des dizaines de milliers de foyers coupés du monde

Lire aussi - Cyclone Belal : 150.000 clients privés d'électricité et 37.254 personnes sans eau

ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

guest
4 Commentaires
Nat
Nat
3 mois

Et si les stations de pompages étaient alimentées chacune par une centrale solaire (il y en a bien sur les toits de plusieurs maisons), cela permettrait d'éviter le manque d'eau par manque d'électricité car on manque rarement d'énergie solaire... surtout en été.

LaMacronerie
LaMacronerie
3 mois

Impossible n'est pas français askip... Quand ça fait 30 ans qu'on est dans la même boîte, c'est difficile d'apporter du changement. Nou va kont pou sa mem kom dabitud !

Pierrot974
Pierrot974
3 mois

Si au moins un répondeur téléphonique renseignait sur la durée approximative du rétablissement par quartier quand il y a eu un cyclone, ERDF ferait un GRAND pas ! Car nada... répondeur t'envoie paître... tu attends... tu regardes ton congélateur... tu stresses.. tu attends...

marius
marius
3 mois

c'est vrai qu'avant le cyclone Bellal il n'y a jamais eu de cyclones à la Réunion - tout d'un coup on découvre le cyclone et c'est de sa faute - mais si on se posait la question sur la qualité des installations et l'entretien