[Photos - Vidéos] Région : "Kap Réussite" étendu à tous les lycées pour lutter contre le décrochage scolaire

  • Publié le 19 août 2026 à 02:56
  • Actualisé le 19 août 2026 à 05:33
dispositif cap réussite de la Région

Après une première expérimentation dans huit établissements, la Région Réunion généralise son dispositif gratuit de soutien scolaire "Kap Réussite" à l'ensemble des lycées de l'île pour la rentrée 2026-2027. Des étudiants mentors accompagneront les lycéens, notamment en français et en mathématiques. Avec une enveloppe de 500.000 euros par an, la collectivité espère toucher 2.500 jeunes cette année, contre environ 250 lors de l'expérimentation. (Photos Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Au lycée Le Verger à Sainte-Marie, la rentrée scolaire s'accompagne d'un changement d'échelle. L'établissement faisait partie des huit lycées ayant expérimenté "Kap Réussite" ces derniers mois. Ce mardi 18 août 2026, la présidente de Région, Huguette Bello, s'est rendue dans l'établissement pour annoncr la généralisation du dispositif à l'ensemble des lycées de La Réunion.

Le principe : proposer gratuitement aux lycéens un accompagnement en petits groupes assuré par des étudiants mentors. Une façon de renforcer les connaissances, mais aussi de redonner confiance à des jeunes parfois en difficulté. "L'éducation est la plus belle des politiques d'avenir", a défendu Huguette Bello, rappelant que derrière chaque rentrée se trouvent "des milliers de jeunes", mais également leurs familles et l'ensemble de la communauté éducative. Écoutez.

- Passer de 250 à 2.500 lycéens accompagnés à La Réunion -

Pour cette rentrée, la Région souhaite étendre "Kap Réussite"dans les 45 lycées publics de La Réunion et ainsi passer d'environ 250 à 2.500 bénéficiaires. Un déploiement du dispositif rendu disponible par une enveloppe annuelle de 500.000 euros.

Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie et vice-présidente de Région déléguée à l'éducation, met notamment en avant le coût que peut représenter le soutien scolaire privé : environ 2.300 euros sur dix mois, pour un service privé dans sa commune. Une dépense inaccessible à de nombreuses familles réunionnaises.

"Kap Réussite" poursuit donc un double objectif : favoriser la réussite scolaire et réduire les inégalités d'accès à l'accompagnement éducatif. La Région met également en avant la lutte contre le décrochage scolaire, alors qu'environ 3.300 jeunes quitteraient chaque année le système scolaire sans diplôme, selon les données présentées mardi. Pour Huguette Bello, les premiers résultats confortent la collectivité dans son choix : "92 % des élèves confirment avoir mieux compris les matières" grâce au dispositif.

- Des étudiants mentors proches des lycéens -

La particularité de "Kap Réussite" tient aussi au profil des accompagnateurs. Les cours sont dispensés par des étudiants mentors, inscrits à l'Université de La Réunion, rémunérés 26 euros pour une heure de cours (comprenant une heure de préparation rémunérée 13 euros et une heure d'intervention à 13 euros).

Cette proximité générationnelle a séduit les élèves. "Les mentors ont presque notre âge, c'était bien d'apprendre différemment", témoigne Sasha, qui estime que l'accompagnement l'a notamment aidée en français et à l'oral. Keï-lia, qui a bénéficié du dispositif alors qu'elle était en classe de seconde, raconte avoir vu sa moyenne passer "de 7 à 10". "Je me suis améliorée à l'oral, j'étais à l'aise avec mon mentor", explique la jeune femme.

Pour Odile Delpierre, proviseure du lycée, qui accueille 936 élèves de la seconde au BTS, l'intérêt du dispositif ne se mesure d'ailleurs pas uniquement dans les bulletins scolaires. "Les élèves reprennent confiance, se savent capables de ce qu'ils ne pensaient pas possible", souligne-t-elle.

- Des groupes de huit élèves accompagnés pendant 27 semaines -

Le dispositif repose sur un accompagnement régulier en petits groupes. Au maximum, 8 élèves sont encadrés par un étudiant ayant au minimum un niveau licence, à raison de deux séances d'une heure par semaine, en présentiel dans les lycées. Pour cette nouvelle année scolaire, l'accompagnement pourra s'étendre sur 27 semaines.

Après une première expérimentation menée du 23 mars au 12 juin dernier dans huit lycées, la Région dresse un bilan positif : 34 mentors ont accompagné 290 élèves. Parmi les bénéficiaires interrogés, 92 % déclarent mieux comprendre la matière, 90 % estiment que leur mentor est à l'écoute et 91 % recommandent les ateliers. Le dispositif semble également convaincre les établissements : 100 % des référents interrogés considèrent qu'il répond à un besoin de leur lycée. Du côté des étudiants mentors, 92 % jugent que les compétences acquises grâce à cette expérience pourront être utiles dans leur futur métier.

- "Le regain de confiance" au-delà des résultats -

Les étudiants y trouvent eux aussi une expérience formatrice. Elisa Idmond, mentor, retient notamment le moment où une élève est finalement parvenue à comprendre une notion travaillée ensemble. "C'étaient des élèves en difficulté mais qui avaient envie d'apprendre, de bien faire", raconte-t-elle. Regardez.

Même constat pour Sofia, mentor depuis le début de l'expérimentation : "Ma plus grande fierté, c'est de voir les progrès tout au long des ateliers, pas forcément les résultats, mais le regain de confiance, l'aisance". Une expérience qui, seln elle, apporte autant aux étudiants qu'aux lycéens.

Jean-François Hoarau, président de l'Université de La Réunion, voit dans cette relation un moyen d'agir sur les inégalités avant l'entrée dans l'enseignement supérieur. Il insiste notamment sur la nécessité de travailler sur "l'estime de soi", en parallèle des compétences et des connaissances.

Pour cette nouvelle phase, chaque lycée pourra davantage construire son projet en fonction de ses besoins, en lien avec les étudiants mentors. Trois formes d'accompagnement sont désormais proposées, avec le principe d'une relation de proximité entre établissements et étudiants.

- Un dispositif amené à évoluer avec les besoins - 

Le dispositif évoluera également pour s'adapter aux besoins de chaque établissement. Pour cette rentrée, trois formats sont envisagés : du soutien scolaire (avec un maximum de deux mentors par lycée et une priorité donnée aux internats), la constitution de binômes professeur-mentor autour d'un projet pédagogique ou encore des interventions ponctuelles consacrées, par exemple, à l'orientation et à la gestion du stress avant les examens.

Les lycées ont jusqu'au 25 septembre prochain pour transmettre leurs projets. Les candidatures des étudiants souhaitant devenir mentors seront closes le 2 octobre, avant un démarrage des ateliers prévu le 26 octobre. 

Et "Kap Réussite" pourrait à terme dépasser les portes des lycées. La possibilité d'intervenir plus tôt dans la scolarité, afin de combattre les inégalités dès le primaire, est déjà évoquée. Pour l'heure, la Région mise sur la généralisation du dispositif dans les lycées. "Chers jeunes, nous comptons beaucoup sur vous, nous avons confiance en vous", leur a lancé Céline Sitouze.

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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2 Commentaires
Nina
Nina
3 heures

Cap avec un C au lieu d'un K aurait été un bon début !!!
Que signifie Kap ??? Pffff

Kap kap
Kap kap
1 heure

sitantélman kap kap i mont si ou kan lo mo na in k par andan li, konpran lo mo ou pi kapab alor? oté koman i fé la? Dann lér ou dobout par an lér si out gro kap galé an moi ti jé, gard a tér, ta war in ta ti ka ka ka i koz an ka, la pa la ek sa