Ce mercredi 31 mai 2023, s'ouvrent – sous l'impulsion de l'État – les Assises des violences intrafamiliales. Durant une journée, l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs, les élus du territoire, des universitaires, ou encore des professionnels de santé échangeront sur cette problématique et formuleront des préconisations concrètes. Mais rappelons-le, à La Réunion, quatrième département où l'on recense le plus de violences conjugales, c'est toute l'année, tous les jours, toutes les heures que des femmes, des enfants et des hommes sont victimes. À La Réunion, sur 11.208 victimes de violences en 2022, 1 personne sur 2 l’est au sein de la famille. En moyenne, ce sont donc 9 femmes chaque jour qui entrent dans un commissariat ou une brigade pour dénoncer des faits de violences conjugales à La Réunion. Nous sommes en direct (Photo : rb/www.imazpress.com)
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C'est la fin de ce live, merci de nous avoir suivi.
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"Mon Shérif", "la Région n'a pas hésité une seconde", se réjouit Jeanne Docteur, présidente de l'association "Garde l'Espoir"
À La Réunion, le dispositif "Mon Shérif" a également commence à être utilisé, distribué par l'association "Garde l'Espoir".
"La semaine dernière, une femme m'a appelé car elle a peur de son mari qui va bientôt sortir de prison. Nous avons été lui remettre un bouton d'alerte et ça l'a rassuré", confie Jeanne Docteur, présidente de l'association.
Jeanne Docteur qui est très heureuse de l'annonce d'Huguette Bello de subventionner des "boutons". Ce qu'elle déplore toutefois, c'est la non-réaction de la part du Département.
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Un bouton d'urgence connecté subventionné par la Région
Nous vous en parlions en début de moi, le bouton "Mon Shérif". Produit 100% Français, sorti tout droit de l'esprit inventif de deux femmes, Dominique Brogi, originaire de Madagascar et la Réunionnaise Marina Rouillé. Il permet aux personnes se sentant menacées de prévenir d’un clic leur entourage.
Ce mercredi lors des Assises, la présidente de Région, Huguette Bello, a annoncé que la Région Réunion subventionnerai plusieurs "bouton" pour les mettre à disposition des associations réunionnaises. Une président de Région particulièrement fière de ce dispositif et surtout de la Réunionnaise Marine Rouillé qui en a permis le développement, accompagnée d'une autre Réunionnais ayant vécu à Madagascar, Dominique Brogi.
Lire aussi - Violences conjugales : "Mon Sherif", un bouton connecté pour sauver des vies
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"Les racines des violences intrafamiliales"
Première table ronde de cette journée, en amont des ateliers thématiques, "les racines des violences intrafamiliales".
Jessy Yong-Pen de l'association Écoute-moi, Protège-moi, Aide-moi (EPA) nous l'explique. "Il y a l'ancienne génération avec une éducation ancienne, assez violente, mais une violence ordinaire. Du coup, c'est l'ensemble des parents qui ont été élevés à la dure qui reproduisent le schéma sur leurs enfants", dit-elle.
Arnold Jaccoud, psychosociologue et administrateur CEVIF indique, "l’explication habituelle des origines des violences intrafamiliales et conjugales à La Réunion tourne toujours autour des héritages régulièrement évoqués : "la société multiculturelle, la matrifocalité, la place du père, le déséquilibre des rapports femmes / hommes, la transmission inter et transgénérationnelle, la reproduction de modèles… "". "On a à faire à une société violente dès les origines, ainsi qu’à des héritages familiaux oppressifs et qui n’en sort pas", explique-t-il.
Toutefois, selon lui, "la réalité de ces racines historiques réunionnaises ne doit pas servir d’excuse à l’incapacité et à l’impuissance collectives face à un problème de société actuel, impossible à endiguer". "Dans les origines "historiques" on ne trouve pas d’explication déterminante à la persistance des ces violences domestiques, alors que depuis des années, de la crèche à l’université, l’éducation à la parité homme-femme (entre autre) fait l’objet d’informations continues", poursuit Arnold Jaccoud.
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Des Assises porteuses d'espoir
Ces Assises doivent porter "un message de bienveillance et d'espoir pour les victimes". "Il faut apporter une réponse plus humaine aux grandes souffrances des familles", ajoute Huguette Bello.
"Il ne suffit pas seulement de compter sur le bénévolat, il faut des moyens financiers."
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79% des victimes de violences intrafamiliales sont des femmes
"C'était une évidence de soutenir et encourager ces rencontres pour aborder ce sujet si sensible et délicat", déclare Huguette Bello, présidente de Région.
"À La Réunion, il y a trois fois plus de femmes en situation de violences conjugales que dans l'Hexagone. Chaque jour, 9 femmes se rendent dans les commissariats", ajoute-t-elle.
"Nous ne baisserons pas les bras", ajoute la présidente de la Région Réunion, car 79% des victimes de violences intrafamiliales sont des femmes.
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Trois bridages mobiles de gendarmeries dédiées aux VIF verront le jour à La Réunion
Le 12 mai dernier, Élisabeth Borne a annoncé la création de trois nouvelles brigades mobiles de gendarmerie, dédiée à la lutte contre les VIF. Il y en aura 200 au niveau national, quatre à La Réunion, dont trois dédiées à la lutte contre les violences intrafamiliales.
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"Je dédie ces Assises à toutes ces victimes que nous n'avons collectivement pas su éviter"
Interpellé par plusieurs associations, "j'ai pris l'engagement de placer l'année 2023 sous le signe de la lutte contre les violences familiales", souligne le préfet, Jérôme Filippini.
"Je dédie ces Assises à toutes ces victimes que nous n'avons collectivement pas su éviter au cours des années passées". Les Assises visent donc "à se mobiliser et se remobiliser sans cesse contre les VIF".
Si la parole est mieux prise en compte, ce n'est encore pas assez.
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Le risque d'être victime de violences sexuelles est près de 50% plus élevé à La Réunion qu'en moyenne nationale
Pour le Préfet de La Réunion, ces Assises sont "le signe d'un intérêt partagé et authentique pour poursuivre et pour renforcer la lutte contre les violences intrafamiliales".
Mais pourquoi réunir ces Assises ? "4 ans après le Grenelle de 2019, nous devons agir parce que la lutte constitue un enjeu prioritaire de nos politiques publiques". "Nous devons agir parce que la situation à La Réunion nous oblige et nous convoque avec une vérité des chiffres qu'il faut regarder en face."
Concernant les violences sexuelles, le taux est de 0,64 contre 0,44 au niveau national. Le risque d'être victime de violences sexuelles est près de 50% plus élevé à La Réunion qu'en moyenne nationale.
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Des référents dans chaque commune
Isabelle Rome, ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a souhaité s'adresser par la biais d'une vidéo, à l'ensemble des associations et des personnes présentes au Moca.
"Le gouvernement est pleinement mobilisé pour cette grande cause familiale", dit-elle. 56 mesures ont été mises en place."
Grâce au plan "Tous égaux", "nous mettrons en place une structure médico-sociale de prise en charge des femmes victimes où les plaintes seront recueillies". Un fichier de protection de victimes de violences sera déployé fin 2023.
"S"agissant des violences sexuelles, nous voulons lutter contre le sentiment d'impunité", ajoute la ministre. "Les peines encourues seront aggravées en cas de viols sériels en portant de 20 à 30 ans la peine de réclusion criminelle."
Isabelle Rome ajoute en annoncant que "des référents égalité seront identifiés dans chaque commune".
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Mieux qualifier, assurer une meilleure prise en charge et améliorer la politique publique
Sylvie Guillery, directrice régionale aux droits des femmes et à l'égalité inaugure ces Assises des violences intrafamiliales.
"Cette nouvelle rencontre ambitionne de répondre à plusieurs objectifs : mieux qualifier la réalité des violences intrafamiliales, mobiliser la société civile, porter un regard plus large sur les violences en contexte d'intimité familiale, assurer une meilleure prise en charge et améliorer la politique publique."
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Distribution de flyers pour la sécurité des femmes dans l’espace public
Dans le cadre de la démarche nationale "aller vers nos concitoyens" et de la lutte contre les violences faites aux femmes, policiers et gendarmes sensibilisent les Réunionnaises et les Réunionnais à compter de ce mardi 30 mai 2023 et pendant plusieurs semaines sur les gestes à avoir lorsqu’on est témoin ou victime d’une agression.
Cette opération nationale sur la sécurité des femmes dans l’espace public, qui se déploiera lors de patrouilles dans les transports en commun et dans la rue, a débuté ce mardi à la gare routière de Saint-Denis.
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"Il faut travailler main dans la main"
Pour Jessy Yong-Pen de l'association Écoute-moi, protège-moi, aide-moi, enfin, "il y a une prise de conscience des mentalités". "Les Assises des violences intrafamiliales ont mis des ateliers pour faire un focus sur les enfants."
Et de toute façon, "si ce n'est pas main dans la main on n'y arrivera pas", dit-elle.
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Bonjour zot tout
Merci de nous retrouver pour ce live dédié aux Assises des violences intrafamiliales qui se déroulent ce mercredi 31 mai 2023 au Moca à Saint-Denis. "Les violences conjugales constituent un enjeu prioritaire de politique publique commun à l'ensemble de territoires et tout particulièrement La Réunion", a déclaré Jérôme Filippini, préfet de La Réunion.
La Réunion, où 11.208 victimes de violences ont été dénombrées en 2022. Mais combien pas déclarées ?
À propos
Les Assises des violences intrafamiliales ont donc lieu ce mercredi 31 mai 2023 au Moca, Domaine de Montgaillard à Saint-Denis. L’ouverture des travaux commencera dès 9h30, puis sera organisée une première table-ronde sur "Les racines des violences intrafamiliales à La Réunion" jusqu’à 12h.
Des ateliers thématiques se dérouleront dans l’après-midi, avant que chaque groupe de travail présente ses préconisations lors d’une séance plénière.
Ces Assises de La Réunion contre les violences intrafamiliales doivent permettre de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années, dans la continuité des États Généraux des violences faites aux femmes des 25 et 26 novembre 2016 et du Grenelle des violences conjugales du 3 septembre 2019.
Lire aussi - La Réunion : augmentation fulgurante des violences sexuelles et intrafamiliales
- Au programme de cette journée -
- 9h30 – lancement officiel des Assises de La Réunion contre les violences intrafamiliales, avec un discours (vidéo) prononcé par Isabelle Rome, ministre déléguée auprès de la Première ministre, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances.
- S'en suit la lecture de témoignages de femmes et d'enfants victimes de violences, par des volontaires en service civique au sein de la direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité
- À 10h50, table ronde : « Les racines des violences intrafamiliales à La Réunion » En présence de Cathy Pomart, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'Université de La Réunion, Geneviève Payet, psychologue clinicienne, experte près la Cour d’Appel de Saint-Denis (1981-2005), co-fondatrice et présidente de l’antenne réunionnaise de l’Institut de victimologie depuis 2002, engagée depuis novembre 2010 dans un projet de recherche action sur la prise en charge intégrée (auteurs, femmes victimes et enfants exposés) des violences intra-familiales suivant les directives de la convention européenne.
Mais également, Dominique Ramaye, auteur de "Représentations et vécus des enfants ayant été exposés aux conflits et violences conjugales à l’île de La Réunion", 2016, Eric Gokalsing, psychiatre, chef de service à la cellule d'urgence médico-psychologique du Port, Frédéric Rousset, docteur en psychologie, président du collectif pour l’élimination des violences intrafamiliales et Fabienne Rubira, directrice de l’association CHANCEGAL.
L'après-midi, auront lieu des ateliers thématiques : améliorer le parcours de prise en charge des victimes de violences intrafamiliales par une approche pluridisciplinaire, améliorer la prise en charge des enfants covictimes de violences conjugales, victimes de violences parentales et intrafamiliales, améliorer le parcours de santé des femmes victimes de violences conjugales et enfin améliorer la prise en charge des auteurs de violences conjugales.
À 16 heures, une restitution de ces Assises sera faite. Chaque rapporteur des ateliers présentera trois préconisations opérationnelles issues des débats.
- Une prise de conscience des institutions... il était temps -
Pour Jessy Yong-Pen de l'association Écoute-moi, protège-moi, aide-moi, enfin, "il y a une prise de conscience des mentalités". "Les Assises des violences intrafamiliales ont mis des ateliers pour faire un focus sur les enfants." Et de toute façon, "si ce n'est pas main dans la main on n'y arrivera pas", dit-elle.
Toutefois, elle nuance en déclarant, "ces Assises c'est bien mais il faut que tout cela se transforme après en actions sur le terrain".
Arnold Jaccoud, psychosociologue et administrateur CEVIF , déplore le fait que ces Assises, "ne sort, hélas, pas des pistes tracées déjà bien avant le Grenelle des violences conjugales lancé dès septembre 2019 et clos deux mois plus tard, qui lui sert de référence explicite dans le discours introductif du Préfet. Visiblement, les Assises ne se hasarderont pas à explorer les chaînes de causalité du sinistre phénomène, bien que la présentation de la « Table ronde » en propose un rapide inventaire tout à fait intéressant, bien que focalisé essentiellement sur le passé et les héritages relationnels familiaux."
Il ajoute, "depuis le fameux Grenelle des violences conjugales, le doute ne me quitte plus, du fait que c’est l’année où les meurtres de femmes sont montés à 146, soit 21% de plus que l’année précédente… Il est simplement venu renforcer les questionnements qui m’avaient déjà troublé en novembre 2016, au cours des « Etats généraux réunionnais des violences faites aux femmes », bénéficiant de la présence de la ministre Laurence Rossignol qui estimait que grâce au travail inlassable effectué aussi bien par les autorités que par les associations, le seuil de tolérance dans la population à l'égard des violences dont les femmes sont l'objet avait baissé. Peut-être. L’accueil et l’accompagnement des victimes se sont très heureusement améliorés. Mais en ce qui concerne les faits eux-mêmes, strictement rien n’a changé et rien ne change. Les modes d'organisation de la société qui permettent ces violences et parfois les déclenchent, n'ont à l'évidence pas évolué. Et quoi qu’il en soit de la volonté et des déclarations officielles, l’aveu d’un échec collectif sur ce point constitue bien l’observation la plus proche de la réalité…"
- 11.208 victimes en 2022 à La Réunion -
À La Réunion, sur 11.208 victimes de violences en 2022, 1 personne sur 2 l’est au sein de la famille. Les violences conjugales sont les plus représentées, composant 70% des violences intrafamiliales. Les femmes sont très majoritairement victimes de ces violences conjugales. En moyenne, ce sont donc 9 femmes chaque jour qui entrent dans un commissariat ou une brigade pour dénoncer des faits de violences conjugales à La Réunion.
En quinze ans, plus de 50 femmes ont été victimes de féminicide sur l’île. La Réunion est d’ailleurs toujours le troisième département de France le plus violent envers les femmes.
On le rappelle, en 2022, en France, 147 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex. Un chiffre qui ne faiblit pas, d'année en année. Depuis le début de l’année 2023, 26 féminicides ont déjà eu lieu.
Et ce n'est pas seulement à coup de communication par le biais de flyer que la France mettra fin à ces violences. Car oui Monsieur Darmanin il est important d'agir, mais les violences faites aux femmes ne se résous pas à l'aide de papiers.
Ce que demandent les français, ce sont des mesures concrètes. Les associations féministes plaident pour un meilleur traitement judiciaire des violences conjugales, assorti de moyens supplémentaires.
Si vous êtes victimes de violences conjugales, vous pouvez contacter le 3919, le numéro national de référence d’écoute téléphonique et d’orientation à destination des femmes victimes de violences. Des conseillers sont disponibles 24h/24. La Réunion est le quatrième département français en matière de violences intrafamiliales.
En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 112, numéro d'urgence européen
Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Le 115 pour la mise à l'abri pour un hébergement d'urgence
Le 15 pour les urgences médicales, ou le 18
Le 119 pour les enfants en danger
Le 08 019 019 11 pour les auteurs de violences conjugale
Vous pouvez signaler des faits de violences intrafamiliales en ligne, directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.
www.imazpress.com/redac@ipreunion.com
Et les enfants ??? On en parle trop peu car ce sont aussi les premières victimes des violences intra familiales…
Trop de laxisme et de lâchetés. Trop peu de moyens. Le problème ne sera jamais résolu. Il suffirait de faire comme l'ESPAGNE.