Toutes les filières agricoles de La Réunion sont montés au créneau ce vendredi 9 octobre 2026. La cause de leur colère tient au désengagement financier de l'Etat en soutien de l'agriculture péi. Dans le prochain Projet de Loi de Finances (PLF) prévu pour 2027, une baisse de 24 millions d'euros de crédits est prévue pour l'ensemble des outre-mer. La culture de la canne serait la plus touchée puisqu'elle subirait, au niveau ultramarin, un coup de rabot de 17 millions d'euros. (Photos d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Le monde agricole de La Réunion exprime sa colère face à des coupes budgétaires qu'il juge injustifiées. À l'échelle de tous les outre-mer, l'Etat prévoit de retirer près de 24 millions d'euros destinés à soutenir ces filières.
Un "coup de rabot" jugé inacceptable par Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture de La Réunion. "On ne prend pas en compte nos problématiques, comme le surcoût des engrais azotés ou du transport. Nous avons même été largement écartés des mesures liées à la loi d'urgence agricole. Nous avons fait remonter tout cela. Mais à un moment, il va falloir arrêter de faire des réunions pour faire sentir le mécontentent des agriculteurs."
Une menace à peine voilée qui fait écho aux coupes sèches qui touchent différentes cultures ultramarines. Ainsi, la filière canne-sucre serait impacté par une baisse de crédits de 13,2 millions d'euros par rapport à l'an dernier. La filière élevage, fruits et légumes toucherait 5 millions d'euros de moins et la filière banane, serait touchée à hauteur de 1.7 million d'euros.
De quoi faire fulminer Jean-François Sabbabady, co-président du Comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre (CPCS). "Des engagements avaient été pris et écrits par l'Etat dans une convention qui nous concerne. Il reste deux ans pour finir cette convention, qui court jusqu'à 2028. Et il est hors de question de toucher à 1 centime d'euro de ce qui nous avait été promis." Regardez
- Des engagements remis en question -
Pour tenter d'infléchir la position du gouvernement, les représentants du monde agricole ont prévu de rencontrer les services de l'Etat dans les quinze prochains jours afin de plaider leur cause. Dans ce travail d'intense persuasion, ils seront accompagnés par le Syndicat du Sucre de La Réunion, qui incarne les intérêts des industriels du sucre dans l'île.
Sylvie Le Maire, présidente de ce syndicat, s'étonne ouvertement de cette réduction budgétaire. "C'est la première fois que l'Etat ne prévoit pas de crédits nécessaires pour notre filière. Ça met les équilibres de la filière en danger et personne ne comprend ce qui se passe. Nous allons tout faire afin que les engagements pris par l'Etat soient tenus." Regardez
Des engagements remis en question, notamment sur la convention canne, qui peuvent en grande partie s'expliquer par des mesures d'économie drastiques. Selon les chiffres fournis par le gouvernement, le déficit public serait de l'ordre de 5% du PIB, soit 156,7 milliards d’euros.
Une situation budgétaire tendue qui ne semble toutefois pas suffisante, selon les agriculteurs réunionnais, pour justifier ce revirement. D'autant que des mesures de compensation ont été prises dans l'Hexagone, avec le plan CASI, pour soutenir et indemniser les agriculteurs touchés par la sécheresse après la canicule de 2026.
- Les agriculteurs veulent manifester leur colère -
Des aides qui n'ont pas concerné les exploitants agricoles qui, pourtant, sont eux aussi en souffrance. "Nos filières sont déjà fragilisées", président de l'association Anafruit.
"La production de tomates est en baisse et, pour les ananas, on constate une chute de 30%. Jusqu'à quand pourra-t-on tenir financièrement avec l'augmentation de nos charges ?"
Dans les faits, il est acté que le nombre total d'exploitations agricoles est en baisse passant de 6.283 à 5.885 exploitations, soit un recul moyen de 2,2 % par an, selon une étude Agreste publiée par la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (DAAF) de La Réunion.
Pour les agriculteurs de La Réunion, cette baisse de crédits pourrait représenter la goutte d'eau qui va faire déborder le vase de leur colère. Si jamais leurs revendications ne sont pas entendues par Paris, toutes les éventualités semblent sur la table. Y compris celle de se rendre devant la préfecture et, peut-être, d'effectuer des opérations à grande échelle pour manifester leur colère. Pour Jean-François Sabbabady, le compte à rebours est lancé, si le gouvernement ne revoit pas sa copie dans les quinze jours, il promet un "octobre rouge" de la part de sa profession.
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les planteurs de cannes n'avaient pas prévue ? par grave ils vont déclasser les terrains avec leurs potes politiques.