Dans un courrier adressé à notre rédaction, un collectif de parents d'élèves de l'École d'apprentissage maritime de La Réunion (EAMR) du Port, dénonce un climat jugé délétère au sein de l'établissement et demande l'ouverture d'une enquête. Après plusieurs sollicitations d'Imaz Press, la direction a finalement répondu à nos questions. Elle assure n'avoir reçu "aucune réclamation officielle" et conteste les accusations formulées par les familles. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)
Des parents d'élèves de l'École d'apprentissage maritime de La Réunion (EAMR), située au Port, tirent la sonnette d'alarme. Dans un courrier, ces familles dénoncent ce qu'elles qualifient de "souffrance morale" vécue par certains élèves et demandent qu'une enquête soit menée sur le fonctionnement de l'établissement.
Les parents évoquent un climat qu'ils estiment dégradé, marqué selon eux par des sanctions jugées disproportionnées, un manque de dialogue avec les familles et des situations ayant eu des répercussions sur le bien-être de plusieurs élèves. "Ces méthodes compromettent l'équilibre de nos enfants et gâchent leurs perspectives d'avenir", écrivent les parents d'élèves dans leur courrier.
- Les familles d'élèves demandent une enquête -
Le collectif évoque une "souffrance morale, une anxiété permanente, du décrochage scolaire, une perte de confiance en soi, un isolement social, voire même des symptômes dépressifs". Les familles demandent qu'un contrôle soit effectué afin de vérifier le respect des droits des élèves et des procédures disciplinaires applicables au sein de l'établissement.
Imaz Press a contacté la direction de l'établissement, par mail, afin de recueillir sa version des faits avant toute publication. Dans un premier temps, notre rédaction n'avait reçu aucune réponse. Elle a ensuite tenté de joindre l'établissement par téléphone à plusieurs reprises. Une personne de l'école nous avait indiqué que le directeur se trouvait "hors département" et qu'il reviendrait vers nous rapidement, avant de demander l'identité des parents à l'origine du courrier.
Afin d'obtenir ces éléments, Imaz Press s'était également rendu directement dans les locaux de l'École d'apprentissage maritime.
La direction a finalement transmis une réponse écrite à notre rédaction après ces différentes sollicitations. La direction indique toutefois découvrir ces accusations. "À ce jour, l'établissement n'a été destinataire d'aucune réclamation officielle de la part des familles concernant les faits qui vous sont rapportés", affirme-t-elle.
Elle ajoute prendre "ces accusations très au sérieux" mais précise qu'"aucune situation de harcèlement n'a été portée à notre connaissance ni constatée en interne". "La sécurité, le bien-être et la réussite des élèves sont au cœur de nos priorités", assure encore l'établissement.
- Des interrogations sur la fin de l'année scolaire -
Parmi les difficultés soulevées figure la situation de plusieurs élèves qui, selon les parents, n'auraient toujours pas reçu certains documents administratifs indispensables à la poursuite de leur scolarité ou à leur stage. Des élèves seraient ainsi toujours dans l'attente d'une décision concernant leur passage en classe supérieure. Les parents estiment que cette situation les place dans "une grande incertitude à quelques semaines de la rentrée".
L'EAMR confirme que "pour un nombre limité d'élèves", les décisions de passage n'ont pas encore été arrêtées, mais donne son explication. Selon la direction : "ces élèves n'ont pas pu se présenter aux évaluations de fin d'année pour des raisons personnelles, et leurs familles ont elles-mêmes sollicité un report". Elle précise que "des évaluations de rattrapage seront organisées avant la rentrée, dans un souci d'équité entre tous les élèves".
Concernant les conventions de stage, l'établissement indique que "les premiers départs sont prévus à compter du 18 août" et que les élèves sont accompagnés dans leurs recherches "en lien avec les armateurs, selon des critères de cohérence pédagogique et de progression individuelle".
- La direction assure respecter le règlement intérieur -
Parmi les faits reprochés par les familles : "des procédures sanitaires comme des tests urinaires imposés aux élèves sans protocole, des fouilles illégales". En réponse, l'établissement rappelle que les élèves des formations maritimes sont soumis à une visite médicale obligatoire réalisée par un médecin des gens de mer, conformément à la réglementation.
"En dehors de ce cadre médical, aucune fouille corporelle n'est pratiquée au sein de l'école", affirme la direction. Elle précise que "les seuls contrôles réalisé par les équipes concernent les espaces de vie collective" (internat, salles de cours, réfectoire ou ateliers) et peuvent être réalisés "dans le cadre du règlement intérieur et des règles de sécurité, sans jamais porter sur la personne des élèves".
Interrogée sur les sanctions disciplinaires dénoncées par les familles, la direction affirme que celles-ci sont prononcées "conformément au règlement intérieur et aux textes en vigueur".
Elle précise que chaque situation fait l'objet d'un examen individuel, avec signalement des faits, entretien avec l'élève, association de la famille lorsque cela est nécessaire et décision motivée. "Nous restons disposés à examiner tout cas précis qui nous serait remonté", écrit-elle.
Les parents réclament l'ouverture d'une enquête. Sur ce point, la direction indique qu'aucune réclamation officielle n'a été déposée à ce jour. Elle assure que si des éléments précis lui étaient communiqués, "les vérifications nécessaires" seraient engagées. L'établissement rappelle également faire l'objet "d'inspections et de contrôles réguliers par les autorités compétentes".
"Nous restons pleinement mobilisés pour garantir à nos élèves un environnement d'apprentissage serein, sécurisé et respectueux, et disposés à échanger avec les familles concernées", conclut-elle.
- Une école privée gérée par une association -
Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, l'École d'apprentissage maritime n'est pas directement administrée par l'État. Selon les précisions apportées par la préfecture, la Direction de la mer Sud océan Indien (DMSOI) ne fait que délivrer un agrément et valider le projet pédagogique, mais "n'intervient pas dans la gestion administrative, pédagogique ou disciplinaire de l'établissement".
Celle-ci relève de l'association Association gérance école maritime aquacole Réunion (Agemar), qui assure le fonctionnement de l'école. L'établissement accueille notamment des adultes souhaitant intégrer les métiers de la mer ainsi que des élèves préparant un baccalauréat professionnel polyvalent navigant pont/machine. Il dispense également des formations destinées aux professionnels du secteur maritime.
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