Face à la hausse du coût de la vie, à la précarité et à ce qu’elle dénonce comme "une répression des mouvements sociaux", l’intersyndicale appelle à une journée de grève interprofessionnelle et de manifestations le jeudi 5 novembre 2026. Deux rassemblements sont prévus dès 9 heures, à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Dans un communiqué publié ce mercredi, les organisations syndicales dénoncent une situation sociale "intenable" et réclament notamment le retrait du projet de budget du gouvernement Macron-Lecornu. (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)
"La colère est profonde ! Il y a urgence à entendre les revendications qui s’expriment pacifiquement !", lance l’intersyndicale dans son communiqué. Pour les organisations syndicales, les travailleurs et les travailleuses subissent un "déclassement inédit". "Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions", dénoncent-elles.
L’intersyndicale alerte également sur la situation économique du pays, qu’elle estime "au bord de la récession", et sur la multiplication des plans de licenciements dans l’industrie, le commerce et les services. "La situation est intenable, les salariés ne peuvent plus boucler les fins de mois, la précarité s’installe : ça ne peut plus durer !", elle insiste.
- L’intersyndicale soutient la mobilisation de la jeunesse -
Dans son communiqué, l’intersyndicale apporte également son soutien aux lycéens et aux étudiants mobilisés. "La mobilisation des lycéen·nes et des étudiant·es est légitime. Leur colère, leurs inquiétudes et leurs revendications doivent être entendues et prises en considération", affirment les organisations syndicales.
Elles rappellent que les jeunes doivent pouvoir "grandir, apprendre, se former, construire leur avenir et dans des conditions dignes". "Dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen, nos organisations partagent les revendications pour de meilleures conditions d’étude et davantage d’égalité", elles poursuivent.
L’intersyndicale défend ainsi le droit des jeunes à "se mobiliser, à manifester et à se réunir pacifiquement, librement et en sécurité".
- Une répression jugée "inacceptable" -
Les organisations syndicales dénoncent la politique menée par le gouvernement Macron-Lecornu, accusé de répondre aux revendications sociales par "le mépris" et une "répression inacceptable, en particulier vis-à-vis de la jeunesse".
Selon elles, le président Emmanuel Macron "n’a pas apporté la moindre réponse allant dans le sens de l’apaisement". L’intersyndicale critique notamment le maintien des "54 milliards de coupes budgétaires" qu’elle attribue au gouvernement.
Elle accuse également l’exécutif d’instrumentaliser les violences survenues en marge des mobilisations pour justifier des restrictions des libertés publiques. "Il instrumentalise les destructions et les pillages qui n’ont rien à voir avec l’action revendicative pour justifier sa fuite en avant liberticide : couvre-feux, interdictions de manifester…", dénonce l'intersyndicale.
Les syndicats tiennent toutefois à se démarquer des violences. "L’intersyndicale ne cautionne aucune agression, destruction ou pillage qui ne sont pas des méthodes légitimes pour faire avancer les revendications", précisent-ils. Mais ils ajoutent ne pas pouvoir accepter "la volonté du gouvernement de maintenir sa répression d’une violence inédite".
- Deux manifestations prévues le 5 novembre à La Réunion -
Face à cette situation, l’intersyndicale appelle à renforcer la mobilisation en réunissant salariés du public et du privé, étudiants, retraités et plus largement l’ensemble de la population. "Partout, la question du "TOUS ENSEMBLE" - public, privé et jeunesse - est posée pour obtenir la satisfaction de nos revendications, à commencer par le retrait du projet de budget Macron-Lecornu", peut-on lire dans le communiqué.
Les organisations syndicales estiment nécessaire de "construire le rapport de force" face à l’austérité, aux atteintes aux droits sociaux et à la répression qu’elles dénoncent. "Les organisations syndicales alertent solennellement gouvernement et patronat. La colère est immense. La situation du pays est fragile. Il faut sans attendre répondre aux urgences sociales et environnementales", elle concluent.
Pour faire entendre leurs revendications, les syndicats appellent à une grève interprofessionnelle le jeudi 5 novembre 2026, accompagnée de deux manifestations dans l'île :
• À Saint-Denis : rassemblement dès 9 heures au Jardin de l’État, suivi d’un défilé en direction de la préfecture.
• À Saint-Pierre : rassemblement dès 9 heures au Jardin de la plage.
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