La décision sera rendue le 7 mars

Saint-Denis : "il faut peut-être les tuer"… le vice-président du Département de Mayotte devant le tribunal

  • Publié le 1 février 2024 à 16:53
  • Actualisé le 1 février 2024 à 16:54

"Il faut peut-être les tuer"… avait déclaré en avril 2023 Salime Mdéré, vice-président du Conseil départemental de Mayotte à propos des auteurs de violences urbaines qui secouent l'archipel . Ces propos l'ont conduit ce jeudi 1er février 2024 à comparaître devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Il est poursuivi pour incitation à la haine et à la violence. Suivez notre direct (Photo sly/www.imazpress.com)

  • Ce live est maintenant terminé, merci de nous avoir suivi.

  • Salime Mdéré s'exprime

    Salime Mdéré, vice-président du Conseil départemental de Mayotte a déclaré à notre micro "je suis encore là pour un mandat de quatre ans". L'élu espère une relaxe et assure qu'il "continuera à travailler pour Mayotte". 

  • Décision au mois de mars

    Le jugement a été mis en délibéré. La décision sera rendue le 7 mars 2024 à 8 heures.

  • "La Réunion a de la chance"

    L'avocat de la défense, le bâtonnier Yanis Souhaïli, a rappelé à quel point "à La Reunion on avait de la chance de se balader sur le front de mer, une des premières choses qu’il a fait en arrivant mais à Mayotte c’était impossible à cause de l’insécurité".

    "Les Mahorais sont prisonniers de chez eux", a avancé le défenseur. "Le matin ils doivent regarder les inforoutes avant de sortir pour éviter les endroits où ça caillasse" a-t-il dit

    Maître Yanis Souhaïli a soutenu que.son client "avait été soumis au stress d’une vidéo montrant les délinquants cagoulés qui caillassaient les voitures et qu'il s'agissait là d'un contexte particulier".

    Le défenseur a répété a plusieurs reprises  "la France et La Réunion sont bien lotis mais Mayotte c’est le pays oublié".

    "Surpris d’une réquisition très élevée", l’avocat de Salime Mdéré se tient prêt à faire appel si l'éligibilité de trois ans est prononcée contre son client. 

  • La procureure requiert 3 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité

    La représentante du parquet prend la parole.

    "On fait référence à des propos tenus sur une chaîne télévisée de grande audience à un horaire de grande audience" expose la magistrate.

    Elle rappelle que "dès le stade de l’enquête, des associations ont porté plainte en se constituant partie civile pour incitation à la haine en raison de la non-appartenance à un territoire"

    Pour la représentante du parquet, il ne fait pas de doute qu'il y a une volonté d’attiser la haine sur le territoire de Mayotte (cela) va à l’encontre de la République et du code pénal"

    "Ce que je veux dire par là, on ne parle pas de phrase accidentelle ou détournée mais d’une répétition qui ne peut être qu’intentionnelle" estime Cécile Régin.

    "Contrairement à ce qu’il a essayé de dire depuis le début de l’audience il a (utilisé) plusieurs fois le mot "tuer" qui n’a pas plusieurs interprétations, ce sont des mots basiques et très simples" remarque la représentante du parquet.

    "Il y a une forme de revendication car il affirme "dire tout haut ce que les autres disent tout bas" dit encore la magistrate.

    Elle requiert ensuite 3 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité

  • La partie civile est "époustouflée"

    L'heure est maintenant aux différentes plaidoiries.

    L'un des avocats de la partie civile remarque : "il est assez rare qu’un élu de la République soit déféré devant un tribunal correctionnel pour des propos haineux (prononcés) sur une chaîne télévisée en direct.

    "Je suis assez époustouflé par la défense de Monsieur Salime Mdéré, je vais le dire de façon abrupte : où il prend ses juges pour des imbéciles ou il a toujours rien compris, ou il a oublié ce qu’il a dit en procédure" note la partie civile.  Retrouvez ci-dessous son interview :

    "Dire qu’il a présenté des excuses en ayant des propos qui n’incitaient pas à la haine et minimiser de manière triviale, c’est se moquer du monde" ajoute l'avocat.

    "Dire que le département de Mayotte est délaissé et qu’on ne l’aide pas au niveau de la sécurité et de la situation de l’eau, tout le monde en convient, c’est exaspérant. Mais là, la question est de savoir si un élu peut se comporter en pyromane tout en utilisant" je pèse mes mots" pour inciter à la haine" poursuit l'avocat de la partie civile, Maître Daoud.

    "Et bien non monsieur vous n’en avez pas le droit, il faut montrer l’exemple".

    SOS Racisme s'est également porté partie civile et son avocat, Maître Philippo Veronique, souligne : ce qui est particulièrement frappant dans cette affaire, c’est que les propos pour lesquels comparaît Salime Mdéré sortent de la bouche d’un élu.

    Salime Mdéré garde la tête baissée pendant toutes les plaidoiries.

  • Salime Mdéré : "on m’a montré des hommes cagoulés et on m’a demandé ce que je ressentais"

    Questionné par l'un des avocats de la partie civile, le vice-président du conseil départemental de Mayotte, présente une nouvelle fois ses excuses.

    La procureure intervient et lui demande s'il estime "normal" les propos qu'il a tenus. "Non ce n'est pas normal" souligne l'élu

    "Alors pourquoi vous vous justifiez en disant tout le monde pourrait les tenir" répond la magistrate.

    Salime Mdéré répéte encore qu’il est désolé d’avoir tenu ces propos

    "Est-ce qu’on vous a montré une image qui vous a amené à tenir de tels propos ?" tente de savoir la procureure. "Oui on m’a montré des hommes cagoulés et on m’a demandé ce que je ressentais" répond Salime Mdéré.

  • Salime Mdéré : "beaucoup de choses sont sorties sans que je voulais les dire"

    L'audition de  Salime Mdéré se poursuit :

    - le président : "il faut peut-être en tuer, ce n’était pas réfléchi"
    - Salime Mdéré : "encore une fois ce n’est pas la phrase que je voulais sortir"
    - le président : "je comprends que la journaliste intervient pour ne pas vous laisser dire ça "
    - Salime Mdéré : "ce que je dis va toujours dans le sens où "il ne faut pas attendre à ce qu’il y ait un drame pour qu’on réagisse". C’est vraiment le message que je voulais passer"
    - le président : "qu’est-ce qui vous a empêché de passer clairement ce message ?"
    - Salime Mdéré : "pendant toute l’interview beaucoup de choses sont sorties sans que je voulais les dire, dans toute l’interview il y avait des choses plutôt positives mais voilà j’aurais préféré ne pas sortir ce genre de propos"
    - le président : "vous regrettez…"
    - Salime Mdéré (en l'interrompant) : "complètement, j’ai exprimé ce regret en shimaore, je me suis excusé le soir même"
    - le président : "où sont ces excuses ?
    - Salime Mdéré : "sur un malentendu ça a peut-être été supprimée de la page par erreur, mais ça devrait être là"

  • "Parfois devant les caméras, c'est compliqué"

    Salime Mdéré explique qu'il a tenu à être présent à l'audience "car je ne suis pas malhonnête".

    Le président du Tribunal lui fait remarquer "vous avez une certaine habitude de la prise de parole en public", une manière de s'étonner du manque de modération.

    "Oui et non on peut avoir cette habitude et parfois devant la caméra c’est compliqué surtout devant une journaliste vedette où les questions sont arrivées au dépourvu" répond le vice-président du Département de Mayotte

    Il qualifie ensuite lui-même ses propos de "dérapage". "Ce n'est pas une provocation, c'est un dérapage" insiste-t-il.  "Je voulais simplement dire : qu’est-ce que les autorités attendent pour réagir ? Un mort ?"

    À son sens "aucun mahorais n’a traduit cette phrase" comme une incitation à la haine.

  • Salime Mdéré : "cela ne me ressemble pas"

    L'audience débute, le président rappelle les faits. Interviewé le 24 avril 2023, au moment de l'opération Wuambushu, Salime Mdéré avait été interviewé. Il avait alors déclaré en parlant des auteurs d'actes de délinquance : "des gamins non même pas. Ces délinquants, ces voyous, ces terroriste et il faut peut-être en tuer, je pèse mes mots »

    À la barre du tribunal ce jeudi, Salime Mdéré souligne : ces propos ne me ressemblent pas, ceux qui me connaissent le savent". Il explique dans quel contexte de tension il les a prononcés. Il note "j'ai parlé, c’est sous le coup de l’exaspération" et il ajoute : "ll faut pas que les gens aillent affronter les délinquants ou les jeunes qui sèment la zizanie"

    Il rappelle que très tôt le lendemain de l'inteview il présente des excuses sur sa page Facebook,

    Il rappelle son parcours dans les associations "à encourager les jeunes à faire du sport, pour l’insertion, "car faut faire en sorte à ce que ces jeunes aient des occupations"

    Il insiste : "je regrette encore une fois ces propos"

     

  • Bonjour La Réunion

    Nous ouvrons ce direct, pour suivre le procès du premier vice-président du conseil départemental de Mayotte poursuivi pour incitation à la haine.

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À propos

Lors de sa prise de parole en avril et alors que l'opération Wambushu était en marche à Mayotte, l'élu départemental avait déclaré à la télévision : "refuser de décrire les individus comme des gamins".

"Ce sont des délinquants, des terroristes, des voyous. À un moment donné il faut peut-être en tuer", dit-il en, selon ses mots "peser mes propos".

Lire aussi - Mayotte : un élu demande s’il faut "tuer quelqu'un", des jeunes menacent de mort les Mahorais

La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), partie civile à se procès, avait décidé de porter plainte contre un élu de Mayotte

"Ces propos scandaleux et dangereux reprennent l’amalgame bien connu et dénué de fondement fait entre l’immigration et la délinquance et tombent sous le coup de la loi", avait déclaré la LDH.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) a déposé plainte contre Salime Mdere, sur le fondement de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881, incriminant la provocation non suivie d’effet à commettre des atteintes volontaires à la vie et l’incitation à la haine raciale.

Lire aussi - Plainte contre un élu de Mayotte qui a demande s’il faut "tuer quelqu'un"

Le PLR s'était également indigné. "Nous condamnons sans réserve ces propos inqualifiables tenus par un responsable public, qui plus est membre du parti du Président de la République, qui nous ramènent aux heures les plus sombres de notre histoire. "

Tout comme le député Jean-Hugues Ratenon. "Je condamne de façon la plus ferme les propos du 1er vice président du conseil départemental de Mayotte qui a qualifié des personnes de délinquants, de voyous et de terroristes."

"Inadmissible pour un élu de la République de lancer un appel au meurtre sur la télé publique. Après un déploiement disproportionné de forces de l’ordre à Mayotte, les conséquences n’ont pas tardé : cela rajoute de la tension à la vive tension déjà existante."

Depuis plusieurs mois maintenant Mayotte doit faire face à une inexorable montée des actes de violences et de délinquance.

La population met en cause les personnes issues de l'immigration clandestine et les désignent comme les auteurs de ces faits.

Dans ce contexte des collectifs ont appelé les Mahorais à "entrer en résistance" contre la délinquance et "le manque de réaction de l'Etat". Depuis plusieurs jours des barrages ont été érigés par les habitants en signe de protestation, paralyssant l'économie et parfois les services hospitaliers

Lire aussi : Mayotte : l'île sombre dans le chaos

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3 Commentaires
HULK
HULK
1 mois

Et ceux qui manient les machettes, ils éprouvent quels sentiments? Eux ils sont protégés par la justice,pas de problème. C'est grave ce que l'on vit, cette époque omù les victimes sont moins bien considérés que les criminels.

Templier974
Templier974
1 mois

Il n'a dit que la vérité. Vivement les milices et nous remettrons de l'ordre en France.

titi45
titi45
1 mois

Et pourquoi pas