Tous les secteurs touchés

Agriculture : plusieurs dizaines de millions d'euros de dégâts après Belal

  • Publié le 19 janvier 2024 à 08:52

Frédéric Vienne, président de la chambre d'agriculture en est certain : "les pertes provoquées par Belal seront supérieures à celles de Bejisa". Ce cyclone avait ravagé l'agriculture réunionnaise en janvier 2014. Les dégâts avaient été estimés à près de 62 millions d'euros. "Là, nous serons au delà de ce chiffre" estime le président de la chambre verte. Et pour cause, si Belal n’a pas eu les effets "cataclysmiques" un moment redoutés par la préfecture, il a en revanche lourdement impacté le secteur agricole de l’île (Photo : sly/www.imazpress.com)

Les pluies torrentielles et les rafales de vent surpuissantes de Bela ont tout dévasté sur leur passage.

Debout en bordure de son terrain de 2 hectares à Sainte-Anne, Cynthia Dalleau a le regard perdu en contemplant les dégâts. Le cyclone ne lui a pas laissé grand-chose.

"Dans mon champ de bananes de 5.000 m2, tout est à terre", souffle la jeune agricultrice. "Il avait été planté en avril 2023 et devait entrer en production cette année, ça s’annonce très mal".

"Il est trop tôt pour avoir une estimation globale des pertes", indique Frédéric Vienne. "Mais c'est une catastrophe. Contrairement à Bejisa où quelques communes ont été épargnées, là c'est toute La Réunion qui est frappée" souligne-t-il.

Regroupant la direction de l'agriculture et de la forêt (DAF), l'État et la Chambre d'agriculture, la commission départementale d'évaluation des pertes agricoles se réunira ce vendredi.

Cynthia Dalleau, elle, avance dans son champ et montre son karo d’ananas. Gorgés d’eau, les fruits commencent à pourrir sous le soleil revenu darder ses rayons sitôt Belal parti.

La bâche qui protégeait 1.500 m2 de plants a été arrachée. Une serre produisant des melons est "fichue". "Elle a été complètement dévastée par les vents et les pluies", soupire l’agricultrice.

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"Tout a été impacté, y compris l'horticulture dans les hauts de Sainte-Marie et du Tampon", précise Frédéric Vienne. "Les tunnels de culture ont été débâchés. La production est perdue."

- "On a tout perdu" -

"Choux, brocolis, pommes de terre, poireaux, carottes, on a tout perdu. On ne sait pas par où recommencer", déplore Bruno Gruchet, 30 ans.

Maraîcher au Tampon, dans le sud de l’île, il a rencontré mercredi matin le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, venu constater les dégâts.

La visite ministérielle "ne nous rendra pas la terre lessivée, il nous reste que des cailloux. Il va falloir du temps pour enrichir la terre à nouveau, faire des apports de fumier, des engrais", poursuit-il.

Le contexte est d’autant plus compliqué que "le fumier est difficile à trouver et le prix des engrais a augmenté", poursuit l’exploitant.

Dès mardi, la chambre d’agriculture, l’association des maires et le conseil départemental ont demandé la reconnaissance en urgence de l’état de catastrophe naturelle pour toute la Réunion alors que, selon Frédéric Vienne, "il n’y a pas une seule zone de l’île, ni un seul secteur agricole qui n’a pas été impacté".

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Sur X (ex-Twitter), Gérald Darmanin a assuré que l’état de catastrophe naturelle serait "étudiée dès vendredi pour être décrété en tout début de semaine prochaine".

Selon lui, "une procédure très simplifiée" permettra de "déclencher des dédommagements très importants".

Mais les agriculteurs ont une autre inquiétude.

"Les marchés vont être tristes ces prochains jours. Même les étals des grandes surfaces vont être vides. Ma crainte est qu’il y ait recours à l’importation massive. On sera perdant et le consommateur avec nous puisque les prix vont s’envoler", se méfie Frédéric Vienne.

Mercredi en milieu de journée, les rayons de plusieurs commerces étaient vides de fruits et de légumes.

Seules étaient en vente des pommes de terre et des bananes. "Mais même les bananes vont manquer très vite, tous les plants sont au sol", se désole Frédéric Vienne.

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3 Commentaires
Templier974
Templier974
1 mois

Les propriétaires de serres bâchées ont le devoir de les débachées avant l'arrivée d'un cyclone ou d'une forte tempête. Comme cela, nous pourrions faire des économies et Dame Nature serait contente. Alors certaines personnes feraient bien de mettre la main au portefeuille au lieu d'attendre les secours de l'état. L'état c'est nous, les gens qui payont des impôts.

Dom
Dom
1 mois

Je m'interroge : ne faut-il pas débâcher les serres avant ?

marius
marius
1 mois

il faudrait que les spécialistes de la chambre montrent aux agriculteurs comment planter des haies "brise vent" ce que faisaient nos anciens pour l'eau............on a oublié très vite le bon sens