Presse écrite en danger

L'avenir du Quotidien et du JIR se joue au tribunal

  • Publié le 3 avril 2024 à 12:09
  • Actualisé le 3 avril 2024 à 14:27

C'est ce mercredi 3 avril 2024 que se joue l'avenir de la presse écrite à La Réunion. D'un côté, la décision finale pour la reprise du Quotidien. De l'autre, le JIR qui est arrivé au bout des trois mois de son placement en redressement judiciaire, et qui découvrira ce mercredi la décision du tribunal de commerce concernant son futur. Des dizaines d'emploi sont en jeu, bien que l'on sache d'ores et déjà que nombre de journalistes et autres salariés vont se retrouver sur le carreau (Photo : rb/www.imazpress.com)

Après une nuit passée devant le tribunal, les journalistes du Quotidien vont découvrir qui reprendra le titre de presse, créé il y a 47 ans.

Le tribunal de commerce doit se prononcer entre l'offre d'ICP Roto d'Alfred Chane-Pane et celle de Média Capital Réunion détenu par Henri K.Nijdman.

La première offre est largement décriée du côté des salariés du Quotidien, qui estiment qu'Alfred Chane-Pane s'est "illustré par la brutalité de son projet et de son discours". "Il prévoit de licencier 80% du personnel, dont 100% des journalistes, soit 38 salariés jetés à la rue du jour au lendemain" dénoncent-ils.

Un média qui serait, s'il lui est cédé, vidé donc de ses journalistes, remplacés par des étudiants et...de l'intelligence artificielle.

Du côté de l'offre d' Henri K.Nijdman, 12 employés de presse et cadres et 15 journalistes pourront garder leur poste si elle est retenue. Mais le flou pèse toujours sur l'indépendance dont jouirait la rédaction, et l'équipe est formelle : impossible de publier un journal correcte avec une équipe aussi restreinte, sans rédacteur en chef ou secrétaire de rédaction.

Mais peu importe l'issue de l'audience, le média comme il a existé pendant 47 ans ne sera plus après ce jeudi. Des dizaines de salariés, journalistes ou non, vont devoir quitter les bureaux du Chaudron, et se retrouver au chômage.

Une situation qui interroge, alors que le titre de presse a reçu à plusieurs reprises des aides financières conséquentes au fil des ans.

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- Le JIR devant le tribunal -

La situation du JIR n'est guère plus joyeuse, alors que son directeur Jacques Tillier s'était initialement positionné pour une reprise du Quotidien, qui fusionnerait avec son propre média. Offre qu'il a finalement retiré avant la date butoir.

Placé en redressement judiciaire en janvier dernier, pour la troisième fois, le média doit faire face au tribunal ce mercredi.

Plusieurs options s'offrent au tribunal de commerce : une liquidation immédiate, une liquidation avec poursuite d'activités comme celle dont le Quotidien a pu bénéficier, ou la mise en place d'un plan social économique.

Quoiqu'il soit décidé, ici encore, des emplois vont être supprimés. Dans quelle mesure et dans quel délai, la question reste entière, mais journalistes comme employés d'imprimerie vont eux aussi se retrouver sur le carreau.

Encore une fois, la question se pose : comment expliquer cette situation désastreuse après tant d'aides financières, de plans sociaux, et d'effacement de dettes ? Quelles véritables batailles ont été menées au sein des rédactions pour tenter de redresser la barre ? Le tournant numérique a-t-il été raté chez l'un ? Les décisions exécutives ont-elles eu raison de l'autre ?

Reste aussi une question centrale : pourquoi la presse écrite ultramarine ne bénécifie pas du même montant d'aides versées par l'Etat aux titres de presse écrite de l'Héxagone ?

Quoiqu'il en soit, le mal est fait et il va être compliqué d'en sortir.

Aujourd'hui se joue l'avenir et peut-être la mort de la presse quotidienne écrite de La Réunion. Et c'est le paysage médiatique tout entier qui risque bien de changer dans les mois et les années à venir.

www.imazpress.com / redac@ipreunion.com

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2 Commentaires
Missouk
Missouk
3 semaines

La presse écrite a vraiment du plomb dans l'aile. Reste l'info sur le net. Entre les chaînes tv, imaz Press, Parallèle Sud, zinfos 974 entre autres. Mais reste-il vraiment une presse totalement indépendante ? .

La relève  C  MWIN
La relève C MWIN
3 semaines

" L'avenir du Quotidien et du JIR se joue au tribunal "

C'est plier, le média le Quotidien est derrière nous, Maxime Chane Ki Chune, père de Carole n'a s'en prendre qu'à lui même, il aurait dû rester un boutiquier de quartier