Avec de nombreux tests Covid réalisés tous les jours à La Réunion ainsi que la campagne de vaccination qui a commencé enjanvier, la crise Covid coûte cher à la Caisse générale de la sécurité sociale (CGSS). Car non, les tests ne sont jamais "gratuits", les vaccins non plus. La CGSS prend en effet en charge dans la grande majorité des cas l'ensemble des frais de ces interventions. A date du 23 février 2021, les tests ont coûté à la Sécu 19,3 millions d'euros et les vaccins plus de 7.000 euros. Ces sommes importantes ont été payées par des fonds publics, c'est-à -dire par tout le monde y compris les personnes testées et vaccinées (Photo rb/www.ipreunion.com)
Tests "gratuits", vaccination "gratuite" : depuis des mois maintenant on voit défiler ces annonces de l'agence régionale de santé concernant les opérations de lutte contre le Covid-19 déployées sur le département. A condition de bien venir avec sa carte de sécurité sociale. En effet, les tests comme les vaccins ne sont jamais vraiment gratuits, mais ils sont remboursés et donc pris en charge par la CGSS.
Au 18 fĂ©vrier 2021, 467.656 tests PCR ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s Ă La RĂ©union depuis le dĂ©but de la crise Covid selon SantĂ© publique France. Selon la CGSS, le prix du test RT-PCR dans la nomenclature "sâĂ©lĂšve Ă 52,80 euros pour le dĂ©partement de La RĂ©union". A date du 23 fĂ©vrier, ce sont dĂ©ja 19,3 millons d'euros (hors geste mĂ©dicaux) qui ont Ă©tĂ© dĂ©boursĂ©s aux professionels de santĂ© pour la rĂ©alisation des tests, nous indique la CGSS.
- La vaccination fait grimper la facture -
Les frais Covid ne s'arrĂȘtent pas lĂ puisque depuis le 15 janvier 2021, la vaccination est possible Ă La RĂ©union, pour les publics prioritaires. A ce jour, 17.000 personnes ont Ă©tĂ© vaccinĂ©es selon les derniers chiffres donnĂ©es par Martine Ladoucette, directrice gĂ©nĂ©rale de l'ARS. L'agence rĂ©gionale de santĂ© prĂ©voit qu'au 28 fĂ©vrier 2021, environ 27.300 vaccins auront Ă©tĂ© livrĂ©s Ă La RĂ©union, "pour un minimum de 18.000 personnes diffĂ©rentes qui auront reçu la premiĂšre dose et dâores et dĂ©jĂ Ă©ventuellement la seconde". Par ailleurs, 38.000 nouvelles doses devraient ĂȘtre rĂ©ceptionnĂ©es d'ici la fin du mois de mars.
Parmi les principes fondamentaux de cette campagne, la gratuité de la vaccination pour les patients prioritaires. Mais c'est bien la CGSS qui prend en charge l'ensemble des frais.
Le prix de cette intervention varie en fonction de la modalitĂ© de facturation, Ă lâacte ou Ă la vacation, et du professionnel de santĂ© qui la rĂ©alise. Ainsi les tarifs sont multiples et variĂ©s, s'il s'agit de la vaccination seule, d'un tarif horaire, de mĂ©decins libĂ©raux ou non libĂ©raux, si le vaccin est administrĂ© en semaine ou le week-end... A La RĂ©union, les prix peuvent varier du tout au tout, de 6,60 euros la vaccination seule Ă 105 euros de l'heure, selon un tableau tarifaire fourni par la CGSS et qu'Imaz Press a pu consulter. Des donnĂ©es qui intĂ©ressent surtout les professionnels de santĂ© mais qui prouvent bien que non, la vaccination n'est pas gratuite, loin de lĂ .
Au 23 février, la CGSS nous indique avoir remboursé la somme de 7.639,60 euros aux professionels de santé pour la délivrance des vaccins. Attention, il s'agit bien, précise la CGSS, "des gestes médicaux et non du coût de la vaccination totale". Le chiffre s'appuie sur les factures déjà présentées au remboursement. Il faut comprendre en effet que la sécu n'a pas la main sur tout, contrairement à la grippe, nous précise la CGSS, puisque cette vaccination passe "par des circuits spécifiques" gérés sur le plan national.
- Des solutions prometteuses existent -
Plus de 19 millions d'euros pour les tests, 7.000 pour les vaccins... ces chiffres ne viennent pas arranger une situation déjà trÚs dégradée pour la Sécurité sociale. En France, 1,5 milliard d'euros a été prévu pour financer une grande campagne de vaccination dans le budget de la Sécurité sociale 2021, rappelle franceinfo.
Mais le Haut conseil du financement de la protection sociale prĂ©voit un dĂ©ficit record de 72 milliards d'euros, soit 3,3% du PIB pour l'annĂ©e 2020. En plus d'une surveillance accrue des Ă©ventuelles factures abusives qui peuvent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es par certains professionnels de santĂ© lors des vaccinations, d'autres solutions pourraient permettre de limiter l'impact financier de la crise Covid sur la sĂ©curitĂ© sociale.
C'est le cas du RunCov, par exemple, un nouveau test de dĂ©pistage du Covid-19, dĂ©veloppĂ© Ă Saint-Pierre. Plus rapide et nĂ©cessitant moins de moyens techniques que le test PCR, il pourrait ĂȘtre une solution efficace pour diminuer les coĂ»ts de dĂ©pistage.
L'équipe de diagnostic du Cirad qui a mis au point cette nouvelle technique se montre plutÎt optimiste. "Selon nos estimations et étant donné le peu de moyen que demande RunCov pour réaliser un dépistage, on espÚre que ce nouveau test Covid sera moins cher que les test PCR" indique à Imaz Press le directeur régional de l'organisme de recherche Eric Jeuffrault. Encore en voie de développement, ce nouveau test devrait faire son apparition dans les prochaines semaines sur l'ßle, "en guise de complément du test PCR" précise le directeur.
Autre solution trÚs prometteuse, le Cynocov. Ce projet coordonné par le CHU de Bordeaux cette fois a pour ambition d'utiliser des chiens pour détecter les personnes infectées par le Covid-19. Avec une efficacité estimée à environs 95% selon le vétérinaire à l'origine du concept, le professeur Dominique Grandjean, cette technique serait aussi beaucoup moins chÚre que les tests PCR. En effet, "le "test chien" reviendrait environ à 1 euro par personne" indiquait le professeur à France Culture.
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On passera a la caisse.