Covid-19

Dans les Outre-mer comme dans l'ocĂ©an Indien : chacun sa situation, chacun sa lutte

  • PubliĂ© le 11 mars 2021 Ă  02:56
  • ActualisĂ© le 11 mars 2021 Ă  06:31
coronavirus Mayotte

Presque aucun territoire dans le monde n'est actuellement épargné par la Covid-19. Cette épidémie a cela de particulier que chaque territoire a sa propre situation, sa propre stratégie et sa propre vision afin de sortir de cette crise. Comment ça se passe autour de nous et dans les autres DOM ? Tour d'horizon. (Photo rb/www.ipreunion.com)

‱ Madagascar : reprise Ă©pidĂ©mique et gestion Ă©trange

Au 10 mars, Madagascar recensait au total 20.155 cas et 300 dĂ©cĂšs. Un chiffre faible compte tenu de l’importance de sa population et des infrastructures sanitaires prĂ©caires.

Mais la Grande Ile semble ces derniĂšres semaines faire face Ă  une seconde vague de l’épidĂ©mie. Le nord est particuliĂšrement touchĂ©, notamment Nosy Be oĂč deux dĂ©cĂšs et 40 cas positifs ont Ă©tĂ© recensĂ©s depuis le dĂ©but du mois de fĂ©vrier, provoquant l’inquiĂ©tude du prĂ©fet de Nosy Be qui a dĂ©cidĂ© de prendre des mesures restrictives (interdiction des rassemblements, porte du masque obligatoire sur l’espace public, respect de la distanciation sociale).

Concernant la stratĂ©gie vaccinale, Madagascar est l'un des rares pays a avoir refusĂ© de bĂ©nĂ©ficier du dispositif "Covax Facility" qui permet Ă  des pays pauvres d’obtenir un stock de vaccins afin de dĂ©marrer une campagne de vaccination. En effet, le prĂ©sident malgache Andry Rajoelina semble toujours convaincu de l’efficacitĂ© du "Covid-Organics", un traitement composĂ© de la plante Artemesia et d’autres plantes mĂ©dicinales malgaches.

La gestion de la crise sanitaire interroge d’ailleurs la "Transparancy International Initiative Madagascar" selon laquelle certains dĂ©cideurs auraient profitĂ© de la situation, citant dĂ©tournement d’aides, corruption ou encore trafic d’influence.

‱ Maurice : la rigueur à tout prix

Au 10 mars, Maurice comptait au total 641 cas, et 10 dĂ©cĂšs depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie. Un chiffre faible Ă  mettre sur le compte d’une gestion extrĂȘmement rigoureuse des entrĂ©es sur le territoire. En effet, dĂšs le 16 mars 2020, les autoritĂ©s mauriciennes ont pris la dĂ©cision de fermer les frontiĂšres, principale source d’entrĂ©e du virus. Cela, aux dĂ©pens du secteur touristique qui est une des principales activitĂ©s Ă©conomiques du pays, ce qui se ressent dans le PIB mauricien qui devrait enregistrer en 2020 une contraction de prĂšs de 15% selon la Banque africaine de dĂ©veloppement.

MalgrĂ© les consĂ©quences extrĂȘmes pour le tourisme mauricien, son gouvernement a maintenu une gestion stricte des arrivĂ©es sur le territoire. A compter d’octobre, les frontiĂšres mauriciennes Ă©taient ainsi de nouveaux ouvertes mais les voyageurs doivent s’astreindre Ă  une quatorzaine obligatoire. Cette mesure a Ă©tĂ© prolongĂ©e jusqu’au 31 mai 2021. A noter que compte tenu de la reprise Ă©pidĂ©mique, le gouvernement mauricien vient de suspendre tous les vols vers Maurice pour au moins sept jours.

CĂŽtĂ© mesures sanitaires, l’üle Maurice a Ă©tĂ© confinĂ©e du 20 mars au 15 juin 2020. Elle l’est de nouveau depuis ce mercredi 10 mars, et ce pour une pĂ©riode de 15 jours. Cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise par le gouvernement mauricien suite Ă  une poussĂ©e de cas Covid-19 ces derniers jours.

CĂŽtĂ© vaccination, l’üle sƓur a lancĂ© le 1er mars dernier une vaste campagne de vaccination. L’objectif Ă©tant de vacciner 60% de la population d’ici le mois d’aoĂ»t, un seuil qui permettrait Ă  Maurice de reprendre une vie normale, selon les autoritĂ©s mauriciennes. ParallĂšlement, le gouvernement travaille Ă  la mise en place d’un " passeport vaccinal " afin d’inciter les voyageurs ayant Ă©tĂ© vaccinĂ©s Ă  venir profiter des plages mauriciennes.  

‱ Seychelles : les touristes bienvenus

GrĂące Ă  une fermeture des frontiĂšres dĂšs fin mars, jusqu’au 1er aoĂ»t 2020, les Seychelles ont su contenir l’épidĂ©mie de Covid-19. Au 10 mars, l’archipel compte 3000 cas au total et 15 dĂ©cĂšs. Cette fermeture de l’aĂ©roport a eu un impact considĂ©rable sur l’économie seychelloise oĂč le secteur touristique a un poids Ă©conomique majeur.

C’est la raison pour laquelle les Seychelles font partie des premiers pays Ă  avoir mis en place le " passeport vaccinal ", en janvier 2021. Les touristes souhaitant s’y rendre devaient alors prĂ©senter un certificat authentique de leur autoritĂ© sanitaire nationale comme preuve de vaccination ainsi que les rĂ©sultats nĂ©gatifs du test PCR, obtenus moins de 72 heures avant le voyage. A compter du 25 mars, les Seychelles ouvrira encore davantage l’accĂšs Ă  leur territoire puisque tous les touristes, vaccinĂ©s ou non, pourront s’y rendre. Pas de quarantaine, plus de passeport vaccinal. Un test PCR 72h avant le dĂ©part suffira.

CĂŽtĂ© sanitaire, les Seychelles sont soumises Ă  un couvre-feu de 20 heures Ă  4 heures du matin ainsi qu’à une fermeture anticipĂ©e des magasins Ă  18 heures. Les rassemblements de plus de 4 personnes sont interdits.

CĂŽtĂ© vaccination, l’archipel est aussi le premier pays Ă  avoir lancĂ© une campagne de vaccination pour sa population. DĂ©but fĂ©vrier, prĂšs de 30 000 Seychellois (sur plus de 96 000 habitants) avaient dĂ©jĂ  reçu leur premiĂšre dose. Les Seychelles tablent sur un objectif d’immunitĂ© collective Ă  la mi-mars.

‱ Comores : le variant sud-africain a ravagĂ© les Comores

Au 10 mars, l’archipel des Comores compte 3.580 cas de Covid-19, 3.606 guĂ©risons et 146 dĂ©cĂšs. Si les Comoriens ont Ă©tĂ© relativement Ă©pargnĂ©s par l’épidĂ©mie en 2020, celle-ci a connu une brusque accĂ©lĂ©ration fin 2020 et surtout en janvier 2021, Ă  cause du variant sud-africain qui a provoquĂ© un vĂ©ritable ravage sur les Ăźles comoriennes. Selon les chiffres des autoritĂ©s, pour le seul mois de janvier, 1.903 nouveaux cas ont Ă©tĂ© recensĂ©s, et 83 dĂ©cĂšs, soit plus de la moitiĂ© des cas enregistrĂ©s depuis un an. La petite Ăźle de MohĂ©li a Ă©tĂ© particuliĂšrement touchĂ©e par cette circulation en hausse du virus.

ConsĂ©quence, fin janvier 2021, le prĂ©sident de l’Union Azali Assoumani a dĂ©crĂ©tĂ© un couvre-feu, la fermeture des lieux de culte ou encore le port du masque obligatoire. Des mesures qui se sont avĂ©rĂ©es efficaces, Ă  en croire les autoritĂ©s comoriennes qui affirment que la circulation virale a fortement ralenti sur le territoire. ConsĂ©quence, la coupe des Comores a pu reprendre fin fĂ©vrier, " dans le respect des protocoles sanitaires ".

CĂŽtĂ© vaccination, l’Union des Comores devrait recevoir prochainement 50.000 doses du vaccin chinois Sinopharm. Avant de lancer la campagne de vaccination, les autoritĂ©s souhaiteraient mener une vaste compagne de dĂ©pistage auprĂšs de l’ensemble de la population, Ă  compter du 25 mars prochain. Elle se fixe ensuite comme objectif de vacciner au moins 60% de la population.

‱ Afrique du Sud : la seconde vague dĂ©vastatrice est passĂ©e

Au 10 mars, l’Afrique du Sud recense au total 1.521.706 cas, et 50.803 dĂ©cĂšs. Le pays de Nelson Mandela a fortement souffert de la seconde vague, fin 2020, qui a Ă©galement coĂŻncidĂ© avec l’émergence du variant sud-africain. Des pics Ă  plus de 21 cas journaliers avaient d’ailleurs Ă©tĂ© recensĂ©s en janvier 2021, provoquant un engorgement des hĂŽpitaux et une grande inquiĂ©tude sur le territoire.

Deux mois aprĂšs, la situation semble s’ĂȘtre grandement amĂ©liorĂ©e et stabilisĂ©e avec environ 500 cas journaliers. Pour Discovery, la premiĂšre assurance mĂ©dicale du pays, cette accalmie peut s’expliquer par le fait que prĂšs de 50% des 59 millions de Sud-africains auraient contractĂ© le virus. La sociĂ©tĂ© se base sur une Ă©tude sur les anticorps qui affirme qu’entre 32% et 63% des Sud-Africains ont contractĂ© le virus depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie.

CĂŽtĂ© mesures sanitaires, la vie semble reprendre un cours presque normal avec un couvre-feu de 23h Ă  4h du matin, et le port du masque obligatoire dans l’espace public. Les autoritĂ©s restent tout de mĂȘme vigilantes et ne cachent pas redouter une troisiĂšme vague durant l’hiver austral.

Concernant la vaccination, la campagne a commencĂ© le 17 fĂ©vrier 2021. Le vaccin AstraZeneca qui devait initialement ĂȘtre administrĂ© a pour l’instant Ă©tĂ© mis de cĂŽtĂ©, son efficacitĂ© contre le variant sud-africain n’étant pas dĂ©montrĂ©e. C’est le vaccin Johnson&Johnson qui a Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©. La livraison du vaccin du laboratoire Pfizer est Ă©galement attendue par les autoritĂ©s sanitaires qui prĂ©voient de vacciner les deux tiers de la population d’ici la fin de l’annĂ©e.

‱ Mayotte : le pic a Ă©tĂ© atteint

Mayotte comptabilise au 6 mars 18413 cas au total et 129 dĂ©cĂšs. L’üle aux parfums a enregistrĂ© une brusque reprise Ă©pidĂ©mique en janvier 2021, avec l’arrivĂ©e du variant sud-africain sur le territoire. Le taux d’incidence a rapidement grimpĂ© en flĂšche pour avoisiner les 800 pour 100.000 habitants au plus haut de la crise Ă©pidĂ©mique.

C’est surtout le secteur de soin mahorais qui a Ă©tĂ© mis Ă  rude Ă©preuve et en extrĂȘme tension. Au point que les Ă©vacuations sanitaires vers La RĂ©union se sont multipliĂ©es ces derniĂšres semaines, afin de soulager les hĂŽpitaux mahorais, saturĂ©s. Depuis le 4 fĂ©vrier, 99 evasan ont ainsi Ă©tĂ© effectuĂ©es.

Des moyens supplĂ©mentaires avaient par ailleurs Ă©tĂ© envoyĂ©s depuis la MĂ©tropole afin de renforcer l’offre de soin sur l’üle.

Afin de faire face Ă  cette vague meurtriĂšre et pour casser la circulation virale, un couvre-feu a Ă©tĂ© instaurĂ© le 5 fĂ©vrier dernier. Il a Ă©tĂ© prolongĂ© jusqu’au 15 mars prochain. Ce mercredi, le prĂ©fet de Mayotte a annoncĂ© mettre en oeuvre "une sortie trĂšs progressive du confinement". A compter du 15 mars, le confinement va faire place Ă  un couvre-feu Ă  18h. Les Ă©coles vont pouvoir rouvrir, ainsi que les mosquĂ©es et les commerces.

Mais d’ores et dĂ©jĂ , l’ARS de Mayotte note une nette amĂ©lioration de la situation et plusieurs indicateurs sont en baisse. Durant la premiĂšre semaine de mars, l'Ăźle a enregistrĂ© 641 cas de Covid-19 pour un taux d'incidence de 229,4 selon le dernier bulletin de l'agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS) de Mayotte. Le taux de positivitĂ© redescend Ă  12,8 %.

‱ Martinique : situation calme mais vigilance renforcĂ©e

Depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie, la Martinique comptabilise 6.928 cas et 47 dĂ©cĂšs. Du 1er au 7 mars, 121 nouveaux cas ont Ă©tĂ© recensĂ©s, un chiffre stable comparĂ© Ă  la semaine prĂ©cĂ©dente qui avait enregistrĂ© une nette hausse. Cela, du fait du variant britannique qui est dĂ©sormais installĂ© en Martinique et qui "circule Ă  bas bruit". Pour autant, les autoritĂ©s ne s’alarment pas mais demeurent vigilantes. En effet, les indicateurs sont encore au vert avec un taux d’incidence de 34 pour 100.000 habitants et seulement 7 personnes hospitalisĂ©es en rĂ©animation.

CÎté vaccination, 8.548 vaccinations ont été effectuées en date du 8 mars.

‱ Guadeloupe : reprise Ă©pidĂ©mique et couvre-feu

En Guadeloupe, 9.968 cas ont Ă©tĂ© recensĂ©s depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie, et 164 dĂ©cĂšs. Depuis quelques jours, les autoritĂ©s ont constatĂ© un regain Ă©pidĂ©mique sur l’üle. Selon les derniers chiffres, 387 nouvelles contaminations ont Ă©tĂ© recensĂ©es durant la derniĂšre semaine de fĂ©vrier faisant exploser le taux d’incidence qui est passĂ© Ă  102,69 pour 100.000 habitants. LĂ  encore, c’est le variant anglais qui semble ĂȘtre la cause de cette reprise. En consĂ©quence, le prĂ©fet de Guadeloupe a annoncĂ© l’instauration d’un couvre-feu depuis le 7 mars dernier, de 22 heures Ă  5 heures. Les salles de sport et de fitness, les bars, les salles de jeux, salle d’exposition ont Ă©galement Ă©tĂ© fermĂ©s.

En ce qui concerne la vaccination, 11.118 personnes ont été vaccinées au 8 mars.

‱ Guyane : la situation s’amĂ©liore

Depuis le dĂ©but de l’épidĂ©mie, la Guyane a comptabilisĂ© 16 693 cas et 84 dĂ©cĂšs. Contrairement Ă  ses voisines des Antilles, la Guyane, elle, sort de la seconde vague. AprĂšs avoir flirtĂ© avec un taux d’incidence de 300 pour 100.000 habitants, la Guyane semble retrouver une accalmie relative. Selon les derniers chiffres, 85 nouveaux cas ont Ă©tĂ© identifiĂ©s durant la derniĂšre semaine de fĂ©vrier, avec un taux d’incidence de 29/100 000 habitants. La situation n’étant plus aussi alarmante, le prĂ©fet de Guyane a dĂ©cidĂ© de lĂącher du lest en Ă©largissant le couvre-feu de 23 heures (au lieu de 19 heures) depuis le 27 fĂ©vrier.

CÎté vaccination, plus de 6.529 Guyanais auraient déjà été vaccinés, selon le ministÚre des Outre-mer.

www.ipreunion.com / [email protected]

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