Légère reprise épidémique à La Réunion

Pandémie : la phase de crise est passée mais pas le Covid

  • Publié le 6 mai 2023 à 08:07

La pandémie de Covid-19 est désormais suffisamment sous contrôle pour lever le niveau maximal d'alerte, a décidé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ce vendredi 5 mais 2023, après plus de trois ans et des millions de morts, mais pour autant il ne s'agit pas de baisser la garde. Cette décision de l'OMS arrive alors que l'Agence régionale de santé (ARS) annonce une légère reprise de l'épidémie de Covid à La Réunion (Photo : rb/www.imazpress.com)

 "C'est avec beaucoup d'espoir que je déclare que le Covid-19 n'est plus une urgence sanitaire de portée internationale", a affirmé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimant que la maladie a fait "au moins 20 millions" de morts, un chiffre presque trois fois supérieur à celui fourni par son organisation qui ne prend en compte que le nombre des morts déclarés officiellement.

Les experts qu'il a consultés jeudi ont jugé qu'"il était temps de passer à une gestion à long terme de la pandémie" malgré les incertitudes qui subsistent sur l'évolution du virus.

Mais "la pire chose qu'un pays puisse faire maintenant est d'utiliser cette nouvelle comme une raison de baisser sa garde, de démanteler les systèmes qu'il a construits ou d'envoyer le message à son peuple que le Covid-19 n'a rien d'inquiétant", a renchéri le patron de l'OMS.

- Légère augmentation des cas à La Réunion -

Dans un communiqué publié ce vendredi, l'ARS souligne : "on observe une légère reprise épidémique de la Covid-19  à La Réunion, avec une augmentation de la circulation du virus depuis quatre semaines consécutives".

Notant que "la protection conférée par la vaccination baisse dans le temps", l'Agence de santé recommande à la population d'effectuer une dose de rappel pour stimuler "à nouveau le système immunitaire et ainsi limiter les risques de formes sévères de la Covid-19 pouvant entrainer des hospitalisations ou des décès".

Dans l'île, le taux d'incidence (nombre de cas de Covid pour 100.000 habitants) est passé 85 dans la semaine du 10 au 16 avril à 105 pour la semaine du 17 au 23 avril

Dans le même temps "pour la classe d’âge des 65-75 ans, le taux d’incidence continue d’augmenter (il est passé de) : 149 cas à 162 cas pour 100.000 habitants" indique l'ARS

Lire aussi : Covid-19 : l'Agence régionale de santé recommande une dose de rappel pour les plus fragiles

- Longs mois de confinement -

Le plus haut niveau d'alerte de l'organisation avait été décrété le 30 janvier 2020, quelques semaines seulement après la détection des premiers cas en Chine.

Il avait pourtant fallu attendre que le Dr Tedros parle de pandémie en mars 2020 pour qu'Etats et populations prennent conscience de la gravité de la situation et que des mesures sanitaires parfois très contraignantes - jusqu'à de longs mois de confinement - soient mises en place.

Le SRAS-CoV-2 avait alors déjà bien entamé son voyage mortel qui allait le voir émerger très rapidement dans le monde entier.

La lutte contre la pandémie s'est inventée au fur et à mesure, souvent dans le désordre.

"L'une des plus grandes tragédies" concernant le Covid-19, "c'est que cela aurait pu se passer autrement", a lancé le Dr Tedros, regrettant "un manque de coordination, d'équité et de solidarité" et "des vies perdues qui n'auraient pas dû l'être".

"Nous devons nous promettre, ainsi qu'à nos enfants et petits-enfants, que nous ne ferons plus jamais ces erreurs".

- La pandémie aujourd'hui -

Même si la courbe des décès dus au Covid a plongé - de 95% depuis janvier -, le virus tuait encore au rythme d'une personne toutes les trois minutes la semaine dernière.

La phase de crise "est passée mais pas le Covid", a ainsi mis en garde la Dre Maria Van Kerkhove, chargée de la lutte contre le Covid-19 au sein de l'OMS.

Pourtant, dans de nombreux pays, la pandémie est aujourd'hui reléguée à l’arrière-plan. Les tests et la surveillance sanitaire sont réduits à la portion congrue. Un désarmement jugé prématuré par l'OMS.

Les vaccins - apparus en un temps record fin 2020 - restent efficaces contre les formes les plus sévères de la maladie malgré les innombrables mutations du virus originel.

Incontestable succès scientifique, ces vaccins, en particulier ceux à ARN messager, ont d'abord été monopolisés par les pays qui avaient les moyens de payer le prix fort, laissant les autres sur le carreau pendant de très longs mois.

Au 30 avril, plus de 13,3 milliards de doses de vaccins avaient été injectées mais les antivax ont aussi mobilisé en masse, aidés par des campagnes de désinformation.

Les inégalités économiques et d'accès aux soins ont été brutalement exposées.

Les longues files d'attente de Brésiliens avec d'énormes bouteilles d'oxygène pour sauver un proche de l'asphyxie, les innombrables bûchers en Inde pour brûler les corps et les soignants épuisés, impuissants dans des hôpitaux débordés, ont marqué les esprits.

Dans de nombreux pays, la pandémie est un bruit de fond, de nouveaux variants continuent d'apparaître et menacent de faire repartir la machine infernale.

Et le Covid long, qui se traduit par une large palette de symptômes plus ou moins handicapants, fait des ravages.

Selon, le Dr Tedros une infection sur 10 se traduit par un Covid long. Une crise sanitaire dont l'ampleur et le coût économique et psychologique sont encore mal pris en compte.

- La der des der -

Le monde cherche désormais le meilleur moyen d'éviter la prochaine catastrophe sanitaire.

Mais la communauté internationale n'est pas parvenue pour l'instant à déterminer avec certitude comment ce virus avait muté dans une forme transmissible entre humains.

Si, a priori, les premiers cas ont été détectés fin 2019 à Wuhan en Chine, deux théories s'affrontent : fuite d'un laboratoire de la ville où ces virus étaient étudiés ou animal intermédiaire ayant infecté les personnes qui fréquentaient un marché local.

Cette dernière théorie semble pour l'heure privilégiée par la majorité de la communauté scientifique mais l'obstruction des autorités chinoise empêche de progresser dans l'enquête sur les origines.

A l'OMS, les pays membres ont aussi commencé à discuter d'un futur accord contraignant qui permettrait de mieux tuer dans l'oeuf la prochaine pandémie.

La question n'est pas si mais quand elle arrivera.

www.imazpress.com avec l'AFP / redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
Bruno Bourgeon
Bruno Bourgeon
11 mois

Le virus aujourd’hui est un sous variant de l’omicron et n’a plus grand chose à voir avec l’original alpha sur lequel est basée la vaccination ARNm. Il se gausse de cette vaccination devenue inutile et obsolète. De plus s’il est contagieux ce sous variant est beaucoup moins dangereux. Alors arrêtez de nous anonner en boucle de se faire vacciner ou re re re vacciner puisque c’est superfétatoire.