Alors que de nombreux corps de métiers, au contact de "publics fragiles", devront bientÎt obligatoirement se faire vacciner pour pouvoir travailler, les enseignants et forces de l'ordre ne sont pas concernés. Une annonce que le gouvernement a eu du mal à justifier, mais qui est accueillie plutÎt favorablement du cÎté des concernés, malgré un manque de consistance de la part des autorités (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
"Depuis un an, on ne comprend plus rien : un moment nous sommes une profession prioritaire, un autre nous ne le sommes plus, nous sommes prioritaires pour nous faire vacciner, mais nous ne sommes pas obligés de le faire⊠La position du gouvernement change réguliÚrement, c'est à ne rien y comprendre" s'agace Stéphane Lebreton, de l'Unité SGP Police FO.
InterrogĂ© sur la question, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, a difficilement rĂ©pondu aux journalistes d'Europe 1. "C'est pour des personnels qui travaillent dans des lieux ou le pass sanitaire est exigĂ© pour les usagers. Les policiers ne travaillent pas dans les mĂȘmes Ă©tablissementsâŠCe n'est pas la mĂȘme situation⊠Les policiers sont certes au contact du publicâŠ" a-t-il affirmĂ© pĂ©niblement.
Gabriel Attal sur les professionnels concernĂ©s par le pass sanitaire obligatoire : "C'est des personnels qui travaillent dans des lieux oĂč le pass sanitaire est exigĂ© pour les usagers, pour les clients"#Europe1 pic.twitter.com/FdTlDWNmgh
â Europe 1 đ§đđ» (@Europe1) July 13, 2021
Une justification peu claire, mais dont l'issue reste satisfaisante aux yeux du syndicat Alliance Police. "Je vois difficilement comment le gouvernement pourrait imposer aux policiers de se faire vacciner : il faut savoir que si certains le sont, beaucoup d'autres ne le sont pas et ne souhaitent pas le faire" souligne Cédric Boyer, délégué national Outre-mer d'Alliance police nationale.
"S'il est vrai que nous sommes montĂ©s au crĂ©neau il y a quelques mois pour que nous soyons considĂ©rĂ©s comme profession prioritaire dans la campagne vaccinale, cette positition Ă©tait principalement motivĂ©e par le fait que certains souhaitaient ĂȘtre vaccinĂ©s car nous sommes au contact du public. La libertĂ© de choisir est primordiale ici" ajoute-t-il.
Mais plus que le vaccin, du cĂŽtĂ© des forces de l'ordre, c'est surtout la question des contrĂŽles des pass sanitaires qui fĂąche du cĂŽtĂ© des forces de l'ordre. "Une fois de plus, le gouvernement nous dĂ©lĂšgue une mission qui n'est pas la nĂŽtre. Comment voulez-vous aller contrĂŽler si les personnes sont vaccinĂ©es alors que certains d'entre nous ne le sont mĂȘme pas ?" questionne CĂ©dric Boyer.
Que ce soit en moyens humains ou matĂ©riels, les forces de l'ordre affirment ne pas ĂȘtre en capacitĂ© de contrĂŽler les Ă©tablissements recevant du public. "C'est impossible pour nous d'assurer cette mission. De plus, nous ne sommes pas ici pour faire l'arbitre entre les vaccinĂ©s et les non-vaccinĂ©s. Il y a une fracture de la population qui risque de s'empirer un peu plus" s'inquiĂšte StĂ©phane Lebreton. Il indique cependant que si la vaccination devait devenir obligatoire pour la police, les policiers "obĂ©iraient aux ordres".
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- Les enseignants divisés sur la question -
Du cĂŽtĂ© des enseignants, aucune position syndicale n'a encore Ă©tĂ© prise, les vacances ayant dĂ©butĂ©. Ce qui n'empĂȘche pas les enseignants d'avoir un avis sur la question. "J'aurai personnellement prĂ©fĂ©rĂ© que l'obligation vaccinale soit Ă©tendue Ă toute la population, il faut sortir de cette crise sanitaire !" s'exclame Patrick CorrĂ©, de la CGTR Educ'action. "Nous sommes en contact toute la journĂ©e avec des Ă©lĂšves, ça me semble Ă©vident que les enseignants devraient ĂȘtre vaccinĂ©s" ajoute-t-il, rappelant qu'il s'agit cependant de son avis personnel. "Du cĂŽtĂ© du syndicat, je ne peux vous dire quelle sera la position officielle si la vaccination devenait obligatoire. C'est une question qu'on se posera le moment venu" explique-t-il.
D'autres enseignants ne partagent cependant pas son avis. "Si la vaccination devient obligatoire, je me mettrais en grĂšve et partirais manifester. Il est hors de question que je me fasse vacciner, je n'ai pas confiance en ce vaccin" assure GeneviĂšve Grondin*, enseignante dans un lycĂ©e du sud de l'Ăźle. "Je suis pour le dialogue, pas l'obligation" assure-t-elle, prĂȘte Ă combattre toute obligation si elle devait arriver.
Un avis partagé en partie par Stephane Checkouri, du Syndicat alternatif des instituteurs et professeurs des écoles de La Réunion (SAIPER). "Je suis pour la liberté de choix. On ne peut pas forcer les gens à se vacciner, il me semble normal que les enseignants aient le choix" assure-t-il. Aucune position syndicale n'a cependant été décidée, et il n'exclut pas qu'un avis favorable ou défavorable concernant la vaccination obligatoire soit adopté" ajoute-t-il.
"Nous reprĂ©sentons nos adhĂ©rents, pas nous-mĂȘme : il faudra donc se concerter pour dĂ©cider d'une position officielle. Il est difficile d'avoir un avis tranchĂ© et dĂ©finitif quand le gouvernement lui-mĂȘme se contredit rĂ©guliĂšrement" observe-t-il par ailleurs.
Emmanuel Macron n'a en tout cas pas exclu de rendre obligatoire "la vaccination à tous les Français" mais il a affirmé faire pour l'instant "le choix de la confiance". En attendant, tous les personnels au contact des personnes fragiles devront se faire vacciner, et ce dÚs le 15 septembre. Passée cette date, les soignant.e.s non vacciné.e.s "ne pourront plus travailler et ne seront plus payés"
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* les prénoms ont été modifiés à la demande des personnes interviewées
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Les policiers et enseignants ne sont pas des ĂȘtres humains peut-ĂȘtre ''
les policiers ne m approcheront pas !
L'obligation vaccinale n'est pas une nouveautĂ©: les enfants y sont tenus pour l'entrĂ©e en crĂšche et Ă l'Ă©cole. Les Ă©tudiants en santĂ© (mĂ©decine, dentaire, pharmacie...) sont obligĂ©s de se vacciner au dĂ©but de leur 2eme annĂ©e, les militaires sont soumis Ă certaines vaccinations obligatoires...Il me paraĂźt inĂ©luctable d'obliger les personnes en contact avec du public de se faire vacciner: enseignants, policiers mais aussi commerçants, restaurateurs, coiffeurs, esthĂ©ticiennes...Qu'un ermite au fin fond d'une forĂȘt veuille choisir de ne pas se faire vacciner: pas de problĂšme !Pour tous les autres, ce n'est pas un choix: on se vaccine pour soi,mais surtout pour les autres!
Ont ils droit à l entrée des centres commerciaux à partir du 21 juillet, aux cinémas...
" C'est totalement inacceptable qu'un gouvernement ou que le secteur privé vous impose de montrer une preuve de vaccination simplement pour participer à la société "
La Police est tout Ă fait rĂ©aliste des problĂšmes du " terrain " car elle y est en permanence.Elle n'est pas un pantin dans les mains du gouvernement mais un outil pour la protection et la sĂ©curitĂ© des citoyens.Je suis une fois de plus Ă leur cĂŽtĂ© pour qu'elle continue d'ĂȘtre garante de notre LIBERTE !!! Mais elle n'a pas le droit d'avoir accĂšs aux donnĂ©es mĂ©dicales ( savoir si vaccinĂ© ou pas ) car seules les personnelles du milieu mĂ©dical ont accĂšs avec l'accord du patient !