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Tribune libre de l'UFR

Arrêté préfectoral portant atteinte à la liberté de manifester : une société qui musèle la jeunesse s’ampute de son avenir

  • Publié le 8 octobre 2026 à 10:05
  • Actualisé le 8 octobre 2026 à 10:27
manif Lycee Roland Garros

L’Union des Femmes Réunionnaises dénonce l’arrêté préfectoral interdisant les rassemblements et manifestations aux abords du lycée Roland Garros au Tampon (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent à La Réunion comme ailleurs pour défendre leur droit à une éducation publique digne de ce nom : davantage de moyens, des classes moins chargées, la suppression de Parcoursup, des enseignants en nombre suffisant, de meilleures conditions d’études et la fin d’un système qui organise toujours davantage la sélection et les inégalités.

À ces revendications politiques et sociales légitimes, la réponse apportée est une nouvelle fois sécuritaire.

Après les gaz lacrymogènes, les interventions policières d’une violence disproportionnée, la fermeture des établissements et les interpellations, voilà désormais que l’on prétend répondre à la mobilisation de la jeunesse en lui interdisant tout simplement de se rassembler.

Le maintien de l’ordre ne peut pas devenir le prétexte commode permettant de faire taire une contestation.

La liberté de manifester est une liberté fondamentale. L’Histoire a démontré maintes et maintes fois que sa restriction constitue l’un des premiers signes d’un recul démocratique. Lorsque l’État répond à la contestation sociale par l’interdiction, la répression et la limitation progressive des libertés publiques, il s’engage dans un processus de fascisation que nous refusons de banaliser.

Nous refusons ce réflexe sécuritaire qui consiste à considérer la jeunesse qui revendique comme un problème d’ordre public plutôt que comme une parole politique qu’il faudrait entendre.

L’UFR rappelle également qu’une démocratie se mesure précisément à sa capacité à garantir les libertés publiques lorsque celles-ci dérangent, contestent et interpellent le pouvoir. La liberté de manifester n’existe pas seulement lorsque la manifestation est silencieuse, invisible ou sans conséquence.

Nous ne pouvons enfin que nous interroger sur le choix de cibler spécifiquement les abords du lycée Roland-Garros par cet arrêté, alors même que la mobilisation au Tampon s’est distinguée par l’absence de débordements. Cette décision nous interpelle d’autant plus que le mouvement a bénéficié, au Tampon, du soutien public et assumé de plusieurs élus municipaux.

Nous voulons croire qu’il ne s’agit que d’une coïncidence et non d’une volonté de museler plus particulièrement une mobilisation qui, au Tampon, a trouvé des relais et du soutien.

Car la réponse à une mobilisation pacifique ne peut être son interdiction, pas davantage que le soutien apporté à une jeunesse qui s’exprime ne saurait justifier qu’elle soit davantage entravée ailleurs.

L’Union des Femmes Réunionnaises demande donc au préfet de La Réunion de lever immédiatement cet arrêté et de garantir aux lycéennes et aux lycéens la possibilité d’exercer leur liberté de rassemblement et de manifestation dans des conditions assurant la sécurité de toutes et tous.

L’Union des Femmes Réunionnaises.

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