Né de la mobilisation des élèves, enseignants et parents d’élèves du lycée Saint-Exupéry de Créteil, le mouvement lycéen s’est étendu à la France entière. Ce sont aujourd’hui l’ensemble des lycéens et lycéennes du pays – de l’Hexagone aux Outre-mer – qui demandent une amélioration de leurs conditions d’apprentissage, trop souvent inadmissibles.
Les dérives observées lors des manifestations, qui relèvent généralement d’auteurs extérieurs au mouvement, sont, bien entendu, inacceptables. Cependant, elles ne doivent pas éloigner le débat public du sujet principal : les conditions d’apprentissage, dénoncées aussi bien par les élèves que par le corps enseignant et les représentants syndicaux de l’Éducation nationale.
Les revendications des lycéens sont à la hauteur de leur mobilisation – et de leurs besoins. Le manque d’enseignants, le sur-effectif dans les classes et des emplois du temps qui ne mettent pas toutes les chances du côté de la réussite des élèves, l’insalubrité de bâtiments non adaptés aux contraintes climatiques, le manque de postes dédiés aux travailleurs sociaux et médicaux, le fonctionnement anxiogène de Parcoursup. Cet ensemble de dysfonctionnements est aujourd’hui pointé d’une même voix par toute la communauté éducative, les élèves et leurs familles.
Les syndicats dénoncent depuis plusieurs années ces problématiques qui nuisent au bon déroulement de l’éducation de nos jeunes. À La Réunion, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également les mobilisations lycéennes et appelle les parents d’élèves à en faire de même. Les parents dénoncent, depuis plusieurs années elle aussi, l’absence de professeurs à un moment clé de l’éducation de nos futurs bacheliers, ainsi que des emplois du temps surchargés et peu cohérents dans l’organisation calendaire des différentes matières.
Ces revendications résonnent tout particulièrement dans les territoires ultramarins, où les statistiques pointent un système scolaire encore plus défaillant qu’en Hexagone.
La surcharge des emplois du temps et les journées à rallonge nuisent particulièrement au bon déroulement de l’apprentissage des jeunes Réunionnais. Les journées commencent, on le sait bien, plus tôt à La Réunion qu’en Hexagone. De plus, en raison du manque d’établissements de proximité et de transports, les élèves se lèvent particulièrement tôt pour se rendre à l’école.
La question du nombre d’élèves est également particulièrement préoccupante en Outre-mer. Dans le second degré, le nombre d’élèves par classe est plus élevé que la moyenne nationale. À La Réunion, il est de 25,1, contre une moyenne nationale de 21,5.







