Tribune libre d'Eric Fruteau, DLR

CCAS de Saint-André : la CRC confirme l’insincérité du budget. Pour un CCAS transparent et dépolitisé

  • Publié le 9 octobre 2026 à 19:52
  • Actualisé le 9 octobre 2026 à 20:20
Eric Fruteau

L’avis de la Chambre régionale des comptes (CRC) est sans ambiguïté : le budget 2026 du CCAS de Saint-André n’a pas été établi de manière sincère.

Les chiffres sont particulièrement préoccupants :
• 2,49 millions d’euros de déficit prévisionnel réel ;
• 1,56 million d’euros de charges de personnel sous-évaluées.

La CRC relève une autorisation de dépenses « sous-évaluée » et « n’ayant pas été établie de manière sincère ». Un constat sans appel qui révèle des chiffres ne reflétant pas la réalité financière du CCAS et une présentation des comptes publics contraire à l’exigence de sincérité budgétaire.

Des alertes dès le mois d’août, aujourd’hui confortées par la CRC

Dès le mois d’août, nous alertions sur la dérive des comptes du CCAS, le manque de transparence et un audit dont les conclusions n’ont toujours pas été rendues publiques. Nous demandions déjà un examen rigoureux des finances, des explications claires sur l’origine du déficit et une gestion responsable, sans faire supporter aux contribuables les conséquences des erreurs de gestion.

Aujourd’hui, les constats et les préconisations de la Chambre régionale des comptes nous confortent dans les alertes et les demandes que nous formulions dès le mois d’août, sur trois points essentiels :
• Le contrôle des comptes : la CRC confirme la gravité de la situation financière, avec un déficit global de 796 563 € en 2025 et un déficit prévisionnel réel de 2,49 millions d’euros en 2026, avant financement complémentaire.
• La transparence budgétaire : elle met en évidence une sous-évaluation de 1,56 million d’euros des charges de personnel et des prévisions de recettes insuffisamment justifiées, confirmant la nécessité de faire toute la lumière sur les comptes.
• Le redressement financier : elle préconise un plan de redressement sur deux ans, en 2026 et 2027, rejoignant notre exigence d’une gestion rigoureuse et durable, sans fuite en avant budgétaire.

Nous n’y voyons aucune victoire politique. Ces constats montrent que les inquiétudes et les exigences exprimées dès août étaient fondées. Ils constituent surtout un signal d’alarme grave pour notre commune et pour les Saint-Andréens.

Un CCAS au service des plus fragiles et pas des intérêts politiques

Le CCAS n’est pas un outil de communication politique, mais un service public au service des plus fragiles. Sa gestion doit être dépolitisée et reposer sur la transparence des comptes, un véritable débat au conseil municipal et un contrôle effectif, afin que les décisions soient guidées par les besoins sociaux et non par des intérêts partisans.

La majorité municipale doit désormais assumer ses responsabilités. Il ne peut être question de poursuivre une fuite en avant budgétaire ou d’accorder de nouvelles rallonges financières sans visibilité, sans contrôle et sans véritable plan de redressement.

Nos exigences pour rétablir la transparence et la confiance Nous demandons :
1. La publication intégrale de l’audit du CCAS, jusqu’ici non communiqué et caché.
2. La publication détaillée, mois par mois, des dépenses consacrées aux aides facultatives, pour l’ensemble de l’année 2025 et depuis janvier 2026.
3. La présentation d’un plan de redressement financier chiffré, suivi et contrôlable.
4. La garantie du maintien des missions essentielles du CCAS, afin que les personnes les plus fragiles ne deviennent pas les victimes des déséquilibres budgétaires.
5. Une gouvernance véritablement dépolitisée du CCAS, associant toutes les sensibilités et les représentants des usagers.

La transparence comme condition d’une démarche constructive

Nous gardons le recul nécessaire. Notre objectif n’est ni la polémique ni l’exploitation politique de cette situation, mais la vérité des comptes et la continuité du service public. Nous serons constructifs si la majorité fait le choix de la transparence, mais resterons pleinement déterminés si elle persiste dans l’opacité et le refus de rendre des comptes.

Les Saint-Andréens méritent la vérité sur les finances de leur CCAS. Ils méritent surtout un établissement au service de tous, géré avec rigueur, loin des calculs politiques.

Éric FRUTEAU DLR

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