La photo publiée dans la presse d’un travailleur contraint de dormir dans sa voiture nous interpelle profondément. Comment accepter qu’à La Réunion, des femmes et des hommes qui travaillent ne puissent même plus se loger dignement ? Et que dire des familles et des enfants qui peuvent se retrouver dans de telles situations ? Travailler doit permettre de vivre dignement, pas simplement de survivre ! (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Cette réalité illustre la gravité de la crise sociale que traverse notre île. Plus de 50.000 demandes de logement social sont en attente. Les loyers du parc privé pèsent lourdement sur le budget des ménages, alors que les salaires ne permettent pas toujours de faire face aux dépenses essentielles.
Dans le même temps, la réduction des financements de la Ligne budgétaire unique (LBU) soulève de sérieuses inquiétudes. Comment répondre aux besoins de la population si les moyens consacrés au logement social diminuent ?
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le secteur du bâtiment et des travaux publics est en difficulté. Moins d’investissements dans le logement, c’est le risque de moins de chantiers, de fragiliser les entreprises et de menacer des emplois. La Réunion a besoin de logements accessibles, mais aussi d’activité économique et d’emplois durables.
Le logement fait partie intégrante des revendications portées par la CGTR-BTP pour la mobilisation du 5 novembre 2026.
Le pouvoir d’achat ne se résume pas au salaire : il dépend aussi de notre capacité à payer un loyer, à nourrir nos enfants et à vivre dignement.
La CGTR-BTP demande des financements à la hauteur des besoins, une accélération de la construction de logements sociaux et très sociaux, des solutions d’urgence pour les personnes sans domicile et les familles avec enfants, ainsi que le maintien des investissements nécessaires à l’emploi dans le BTP.
Nous refusons que les travailleurs paient deux fois le prix de cette crise : d’abord par les difficultés à se loger, ensuite par les conséquences d’une baisse de l’activité et de l’emploi.
À l’occasion du 5 novembre, nous rappelons que la justice sociale passe aussi par un logement décent et accessible à toutes et tous.
Le logement est un droit, pas un privilège. Le 5 novembre, faisons entendre cette exigence !
Maximin Hoarau, secrétaire général CGTR-BTP
