Le conseil communautaire de la Casud, réuni ce matin au Tampon, aurait dû être un lieu de débat, de confrontation des idées et de travail au service de nos territoires. Il en a malheureusement été autrement. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Au cours de la séance, j’ai été personnellement mis en cause par une élue du Tampon, Pauline Payet. Lorsque j’ai appris qu’elle était présidente de l’UFR, j’ai simplement répondu : « Tout s’explique. »
Trois mots. Pas une insulte. Pas une attaque contre les femmes. Une réaction à une intervention politique.
Pourtant, le président de la Casud a choisi d’y voir des propos misogynes.
Cette interprétation m’apparaît pour le moins surprenante.
Je connais les positions publiques de l’UFR, sans pour autant connaître personnellement l’ensemble de ses représentants. Mon propos relevait d’une appréciation politique, nullement d’une considération liée au sexe de mon interlocutrice.
Il doit rester possible, dans une assemblée démocratique, d’exprimer un désaccord politique sans que celui-ci soit systématiquement transformé en attaque personnelle.
Mais le plus préoccupant n’est finalement pas cette interprétation.
C’est la décision qui a suivi.
Le président de la Casuda décidé de me retirer la parole tout en exigeant des excuses.
Des excuses pour qui ? Pourquoi ? Pour quelle faute ?
Je n’ai insulté personne. Je n’ai tenu aucun propos misogyne. Je n’ai fait que réagir à une nouvelle mise en cause personnelle, comme cela devient malheureusement trop fréquent au sein des conseils communautaires de la Casud.
Je considère que la décision de me retirer la parole était injustifiée et disproportionnée.
Car si un président de séance a naturellement la responsabilité de garantir le bon déroulement des débats, cette responsabilité ne devrait jamais conduire à empêcher un élu de répondre à une mise en cause au seul motif que sa réponse déplaît.
J’ai donc choisi de quitter le conseil communautaire. Mes collaborateurs m’ont accompagné.
Et c’est alors qu’ils ont, à leur tour, été pris à partie et traités publiquement de « chiens ».
Sur ce point, je veux être parfaitement clair : ces propos sont indignes et inadmissibles. On peut contester un élu. On peut combattre ses idées. On peut critiquer son action. On peut même être en profond désaccord avec lui.
Mais on n’insulte pas ceux qui travaillent à ses côtés.
Mes collaborateurs n’ont pas à devenir les cibles d’affrontements entre élus. Ils exercent leurs fonctions avec engagement, loyauté et professionnalisme. Ils méritent le respect, quelles que soient les divergences politiques.
Le débat démocratique peut être vif. Il peut être passionné. Il peut même être conflictuel.
Mais il ne doit jamais devenir un prétexte à l’humiliation ou à l’intimidation.
Cette séquence est révélatrice d’une dérive que je refuse de banaliser : lorsque le débat devient difficile, on cherche à faire taire celui qui dérange ; lorsqu’un élu quitte la salle, ce sont ceux qui l’accompagnent qui deviennent des cibles.
Ce n’est pas ma conception de la démocratie.
La démocratie, ce n’est pas être d’accord partout, tout le temps et avec le président de séance. Ce n’est pas se taire pour éviter de déplaire.
La démocratie, c’est pouvoir parler. C’est pouvoir répondre. C’est pouvoir contester. C’est accepter que des convictions différentes puissent s’exprimer dans le respect des personnes et des institutions.
Je n’ai jamais demandé que l’on partage mes convictions.
Je demande simplement que l’on respecte mon droit à les défendre.
La contradiction fait partie de la démocratie. Elle en constitue même l’une des conditions essentielles. Elle ne devrait jamais devenir un motif pour priver un élu de la possibilité de s’exprimer.
Quant aux femmes et aux hommes qui accompagnent les élus dans l’exercice de leurs responsabilités, ils ne doivent jamais être les victimes collatérales des conflits politiques.
Je continuerai à exercer mon mandat avec la même liberté, la même détermination et le même attachement au respect de nos institutions.
Je ne céderai ni aux intimidations ni aux tentatives de réduire au silence une parole qui dérange.
Car lorsqu’une interprétation de trois mots suffit à justifier le retrait de la parole d’un élu, et que ceux qui l’accompagnent sont ensuite traités de « chiens », ce n’est plus seulement une question de susceptibilité ou de désaccord politique.
C’est une question de respect. De dignité. Et, au fond, de démocratie.
Olivier Rivière, maire de Saint-Philippe
