Tribune libre de Philippe Naillet

Crise du logement à La Réunion : l’urgence exige plus que des demi-mesures !

  • Publié le 24 août 2026 à 17:54
  • Actualisé le 24 août 2026 à 18:08
philippe naillet député

La Réunion traverse une crise du logement sans précédent avec plus de 53.000 ménages en attente d’un logement social et 150.000 personnes mal-logées. Face aux besoins, les dernières annonces gouvernementales concernant la Ligne Budgétaire Unique (LBU) ainsi que le projet de loi "visant la relance et la décentralisation du logement" restent bien insuffisants. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

La remontée de la LBU pour La Réunion à 43,4 millions d’euros pour 2026 demeure loin des 78,5 millions de 2025. Pourtant, la ministre des Outre-mer, que j’avais alerté à ce sujet dès le mois d’avril, s’était engagée à porter la LBU à son niveau des années précédentes.

Le gouvernement doit tenir sa promesse et débloquer sans délai les crédits complémentaires au risque de menacer plus encore la production de logements sociaux sur notre île qui est déjà en forte baisse avec seulement 1 061 logements livrés en 2025 contre 1 661 en 2024. Moins de logements construits et réhabilités reviendra à plonger toujours plus de familles dans l’attente pour disposer d’un habitat digne.

En outre, La Réunion souffre de l’inertie gouvernementale depuis 2017 sur le logement, marquée par l’affaiblissement des moyens des bailleurs sociaux (réduction des loyers de solidarité, hausse de la TVA …) sans prendre d’initiatives suffisantes pour encourager la production de logements abordables. Les rares avancées obtenues comme l’encadrement des loyers ou bien la régulation des meublés de tourisme sont le fruit d’initiatives parlementaires notamment de ma collègue sénatrice Audrey Bélim ainsi que de mon collégue député Iñaki Echaniz.

Le projet de loi « relance et décentralisation du logement » du Ministre du logement Vincent Jeanbrun prétend porter l’accélération des constructions et des rénovations et la décentralisation de la politique du logement sans accompagnement pour les bailleurs sociaux, sans une réflexion et des mesures sur l’inflation des prix de l’immobilier (et notamment du foncier), sans un soutien aux ménages modestes dont le premier budget est celui du logement (logements très sociaux, accès à la propriété, aide à la rénovation et adaptation aux changements climatiques…), sans soutenir les maires bâtisseurs et sans malus pour les élus qui ne respectent pas leurs obligations SRU.

Le sujet du logement est primordial. Il faut toujours rappeler qu’à La Réunion le mal-logement concerne 150.000 personnes.

Philippe Naillet, député de La Réunion 1ère circonscription

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