Jamais, durant ma mandature, une telle situation ne s’était produite. Nous avions pourtant traversé des crises majeures, notamment la crise financière de 2008, mais nous avions toujours su préserver l’équilibre budgétaire grâce à une anticipation rigoureuse et à une gestion responsable. (Photo d'illustration : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
À l’époque, nous avions fait le choix de considérer l’action sociale comme une responsabilité essentielle de la collectivité. Le soutien au CCAS avait ainsi été renforcé, passant de 1,6 million d’euros en 2008 à 2,1 millions en 2010. Des dispositifs avaient également été développés pour accompagner les familles et les publics les plus fragiles, tandis que nous renforcions les services
destinés aux personnes âgées.
- Un pilotage qui a perdu le cap -
Le déficit auquel Saint-André est aujourd’hui confrontée, apparaît donc comme le symptôme d’un pilotage qui a perdu le cap. Face à l’ampleur des chiffres annoncés, il est désormais évident que les autorités de contrôle, et très certainement la Chambre régionale des comptes, devront examiner cette situation avec toute la rigueur nécessaire. La transparence l’exige.
Mais une chose doit être clairement affirmée : les contribuables ne doivent pas être les victimes de cette situation. Augmenter la fiscalité locale pour combler un tel déficit serait une faute. Les ménages saint-andréens, déjà confrontés à des difficultés importantes, n’ont pas à payer les conséquences d’éventuelles erreurs de gestion.
Dans ce jeu de responsabilités croisées, la balle est renvoyée du Département à la commune, et inversement. Les périmètres administratifs peuvent être complexes, les compétences peuvent s’entremêler, mais cela ne doit pas devenir un moyen de se défausser. Une chose est certaine : la situation est grave et elle appelle des explications claires.
- L’aide sociale ne peut pas devenir un bouc émissaire -
Ce qui m’attriste profondément, c’est surtout de voir aujourd’hui l’aide sociale montrée du doigt, accusée d’être un gouffre. Dans le contexte social particulièrement difficile que traverse notre territoire, elle devrait au contraire être une force, un rempart, un outil d’accompagnement et de dignité pour nos concitoyens les plus fragiles.
L’aide sociale ne peut pas devenir un bouc émissaire. Saint-André aujourd’hui a cruellement besoin d’apaisement, de responsabilité et de solutions. Or, ce qui nous est donné à voir est malheureusement l’inverse : des postures, des assignations en
responsabilité et une communication anxiogène.
Une fois encore, c’est l’image de notre ville qui en pâtit. Les Saint-Andréens ont besoin de vérité sur la situation financière, de responsabilité dans sa. gestion et surtout d’une véritable capacité à préparer l’avenir.
