Tribune libre de Jean Gaël Anda Sita

Des taxes de plus ? La gauche réunionnaise et le grand bluff du pouvoir d'achat

  • Publié le 4 novembre 2026 à 08:48
  • Actualisé le 4 novembre 2026 à 08:50
Réaction suite au rejet de l'article 11 sur la perpétuité pour les viols en série sur les mineurs

À entendre certains élus de gauche, ils seraient les défenseurs autoproclamés du pouvoir d'achat. Pourtant, dès qu'un projet apparaît, dès qu'une nouvelle dépense est envisagée, le même réflexe refait surface : créer une taxe.

À La Réunion comme à Paris, la méthode semble immuable : d'un côté, les grands discours sur la vie chère ; de l'autre, la main toujours plus profondément plongée dans la poche des contribuables.

Le projet de Réunion Express en est une parfaite illustration.

Bien sûr, améliorer les transports est un objectif légitime. Personne ne conteste la nécessité de préparer l'avenir. Mais ce qui mérite d'être discuté, ce n'est pas seulement le projet. C'est surtout la manière de le financer.

Pour faire rouler ce train, certains ont déjà trouvé les voyageurs qui paieront le billet : les propriétaires, les entreprises et les acteurs du tourisme.

Une taxe spéciale d'équipement pouvant atteindre 60 millions d'euros par an. Une majoration de 200 % de la taxe de séjour. Encore et toujours des prélèvements supplémentaires.

La gauche réunionnaise nous explique donc qu'elle défend le pouvoir d'achat... en créant de nouveaux impôts.

On connaissait le paradoxe. Nous sommes désormais dans l'absurde.

Souvenez-vous de ces promesses d’un "ti train /Tramway" reliant Grand-Bois à Pierrefonds lors des municipales 2026, proposé par une candidate de gauche : plus de 200 millions d’euros ! Qui aurait payé la facture ?

Et ce travers ne s'arrête pas aux frontières de notre île.

À l'Assemblée nationale, les mêmes qui dénoncent la hausse du coût de la vie ont rejeté les propositions visant à réduire la TVA sur les carburants et certaines énergies. Là encore, les discours sont généreux, mais les actes beaucoup moins.

L'épisode de la taxe sur les forfaits internet restera également dans les annales.

Cette mesure, surnommée rapidement la 'taxe gigaoctet", pourrait représenter plus de 40 euros supplémentaires par mois pour certains foyers. Et comment a-t-elle été adoptée ? À une voix près.

Le plus incroyable reste la justification avancée après le vote : deux députés de La France insoumise ont aƯirmé s'être trompés de bouton au moment du scrutin. Inacceptable !

Les Français apprécieront.

Lorsqu'il s'agit de voter une taxe supplémentaire pouvant toucher des millions de ménages, on pourrait légitimement attendre davantage de sérieux de la part de ceux qui prétendent les défendre.

Pendant ce temps, les entreprises ferment, les commerçants souffrent, les investissements ralentissent et les familles comptent chaque euro.

Manifestement, certains responsables politiques ont trouvé une solution simple à tous les problèmes : faire payer davantage ceux qui travaillent, entreprennent, investissent ou possèdent un bien.

À chaque difficulté, une nouvelle taxe. À chaque ambition, un nouvel impôt. À chaque promesse, une nouvelle facture.

La véritable justice sociale n'est pas de considérer le contribuable comme un distributeur automatique que l'on sollicite dès qu'un projet manque de financement.

La Réunion mérite mieux qu'une politique fiscale de facilité. La France mérite mieux que des élus qui n’ont pour seule ambition, que celle de maintenir, à tout prix, leur niveau de vie en faisant les poches des contribuables.

Car à force de présenter chaque nouvel impôt comme un progrès, certains élus finissent par oublier une évidence : l'argent qu'ils distribuent n'est pas le leur.

Et lorsqu'une nouvelle taxe devient la réponse systématique à chaque problème, ce n'est plus un projet politique.

C'est l'aveu d'un manque d'imagination.

Le vrai courage politique n'est pas de trouver de nouvelles recettes. C'est de savoir maîtriser la dépense publique avant de demander un eƯort supplémentaire à ceux qui paient déjà tout le reste.

Jean Gaël ANDA SITA

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