Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy

Devoir de mémoire aux engagés de la canne et du sucre au Musée de Stella

  • Publié le 15 novembre 2025 à 17:04
  • Actualisé le 15 novembre 2025 à 18:18
Stella Matutina dans les années 1990

De toute évidence, il va de pair que sans les engagés planteurs de canne (travayèrs bitasyons), sans les engagés de l'usine (travayèrs lizine), sans les industriels et sans les colons, le sucre n'aurait jamais existé (Photo : rb/www.imazpress.com)

À l'heure où ce site est devenu un symbole de mémoire et de transmission, comment ne pas regretter qu'aucune stèle ou plaque soit apposée sur le mur de ce Musée de Stella dont nos ancêtres ont été "des murs porteurs" de  cette histoire. Est-ce que les noms des engagés gravés sur une plaque ne sont pas pertinents pour l'histoire ?

N'est-ce pas là, une belle manière de leur rendre hommage et à la reconnaissance qu'ils méritent ? Pour l'instant, contentons nous de cette exposition, avant que derniers "mohicans" qui se livrent à une lutte sans merci, pour que cette mémoire ne soit à jamais oubliée voire gravée, disparaissent. Les témoins vivants sont aussi précieux pour structurer les souvenirs !.

Dans le cadre de ce rappel historique, une joyeuse collection vient d'être exposée au Musée de Stella sur "les engagés du sucre" dans l'enceinte même de l'usine sucrière de St-Leu, symbole fort de l'histoire de l'engagisme.

De ce fait, elle nous invite à plonger dans tout un pan de l'histoire, très souvent méconnu à La Réunion. Une période, dont les usiniers et les colons ont profité du système de la colonisation pour s'enrichir, en exploitant cette main d'oeuvre à bon marché, importée de l'extérieure. Venant dans des diverses régions et d'origines que ce soit, Indiens, Africains, Malgaches, Chinois, Comoriens, Rodriguais...etc.

L'exposition, aura la lourde tâche de nous plonger depuis leurs longs parcours du pays d'origine, les conditions insupportables de la traversée de l'Océan en bateau, l'arrivée au Lazaret, la dure vie dans les plantations, dans les usines et dans les kalbanons dont le culte et la culture ont été transmis bien sans mal qu'on se le dise, parfois même aux douleurs des "sabouk" aux dires des anciens.

Quoi dire de plus, si non à remercier les deux commissaires Mme Michèle Marimoutou et le Directeur du Musée M. Bernard Leveneur, pour leurs investissements à cette exposition singulière, à cette création de génie me semble-t-il..

Je pense que cette lumière sera encore plus belle si demain sur ce site emblématique de Stella, une plaque soit apposée au mur de ce beau Musée. C'est une bouteille jetée à la mer à la mémoire des engagés de la canne et du sucre ! Un acte empreint d'espoir qui voguera avant d'échouer je l'espère demain à la main d'un élu, ce je le souhaite vivement.

Jean-Claude Comorassamy

guest
9 Commentaires
Élie
Élie
2 mois

L'IA n'est-elle pas une insulte à la mémoire des esclaves et des engagés ? La question mérite d'être posée avant toutes dérives de l'histoire.

Lebon M.
Lebon M.
2 mois

Une grande honte cette exposition "engagés du sucre", d'avoir utilisé l'intelligence artificielle pour créer les images animées. Alors que de nombreux témoignages vivants existent. Où va-t-on au nom de l'IA ??? Pourquoi n'avoir fait une image montrant un maître fouetter ses esclaves ? Une histoire orientée et partielle....

el kamion
el kamion
1 mois

Vous ne devez pas avoir vu l'exposition. Les animations ne modifient en rien les images historiques. Elles leur donnent simplement une vie

Brigitte
Brigitte
2 mois

Un véritable plaisir de lire cet article en plus avec un titre vraiment accrocheur. Est-il un employé ou guide de ce musée ? Un véritable "tableau "en quelques paragraphes. MERCI.

Thénor
Thénor
2 mois

Voir M. Bernard Leveneur pour te guider dans l'édition de ton livre, il connaît toutes les ficelles pour avoir le budget. Il connaît un morceau en la matière voire même les démarches de subventions auprès de la région. Le Musée aussi peut d'aider financièrement, je crois.

Naminzo
Naminzo
2 mois

Bonjour M. Comorassamy. Ton attachement à cette usine et à son histoire nous touchent une fois de plus. Nous savons que tu as toujours voulu partager cette mémoire mais as-tu abandonné l'édition de ton livre sur cet héritage laissé par nos ancêtres ? Une pierre à deux coups "une plaque boulonnée" et la parution de ton livre, quoi de plus merveilleux pour un bel hommage à la grandeur de l'histoire. Merci pour ton engagement.

Sabrina
Sabrina
2 mois

La communication de M. Thierry Robert ancien Maire et candidat à la Mairie St-Leu est absente sur la culture de manière générale plus spécialement sur cette mémoire des anciens de l'usine. Faut-il voir un désintéressent à l'histoire et à la mémoire M. Robert ? Au fait que pense le député de l'ouest M. Perceval Gaillard ?

PERMAL- Arrière petit-fils d'engagés.
PERMAL- Arrière petit-fils d'engagés.
2 mois

D'abord merci grandement monsieur pour votre engagement de plusieurs décennies à défendre la mémoire de nos "zarboutans ". Surtout celle de l'usine Stella.
Concernant cette tribune "d'apposer une plaque sur le mur du musée Stella". Si l'on se réfère aux discours de la présidente Mme Bello et de Mme Ericka Bareigts du 11 novembre au temple du Portail et s'ils sont sincères, il n'y a aucun doute que ce projet d'une plaque avec les noms des engagés et descendants ne soient réalisés rapidement. D'autant que la liste des noms sont déjà référencés. C'est une volonté politique. Sous l'ère de Paul Vergès un livre a été réalisé "Visages de L'Usine", pourquoi pas sous l'ère de Mme Bello, d'honorer une plaque en reconnaissance aux engagés et descendants et en leur mémoire ? Votre empreinte sera aussi gravée dans cette mémoire Mme la Présidente Bello. Idée pertinente qu'il faut la défendre à tout prix.

Permal- arrière petit-fils d'engagés.

Josian
Josian
2 mois

Jean Claude,
Karine Nabénésa candidate aux municipales à St-Leu trouvera j'en suis sûr votre bouteille jetée à la mer en très peu temps. Elle est aussi je crois une grande defenseuse de la culture à la région....