Tribune libre de l'association Éveil de Chine

Une journée contre les violences liées à la religion

  • Publié le 21 août 2026 à 05:35
  • Actualisé le 21 août 2026 à 13:51
paysage ville de saint-paul

Le 22 août marque la Journée internationale de commémoration des personnes victimes de violences en raison de leur religion ou de leurs convictions, proclamée par l'Assemblée générale de l’ONU en 2019 (résolution 73/296). Elle rappelle que la liberté de religion ou de conviction est un droit humain fondamental, dont la violation reste une réalité pour des millions de personnes dans le monde (Photo www.imazpress.com)

À La Réunion, la cohabitation harmonieuse des communautés religieuses — chrétienne, musulmane, hindoue, bouddhiste — est souvent citée comme un modèle de tolérance, où église, temple et mosquée se côtoient sans heurts.

C'est cette culture du respect que l'association Éveil de Chine souhaite mettre en miroir avec une réalité bien plus sombre : celle vécue par des millions de croyants en Chine.

Le Parti communiste chinois, fondé sur une idéologie marxiste, matérialiste et athée, perçoit toute foi ou conviction spirituelle indépendante comme une menace à son autorité.

Cette logique a conduit à plusieurs campagnes de répression systématique : destruction de l'identité culturelle et religieuse tibétaine, persécution des Ouïghours au Xinjiang — que le Parlement européen a reconnue en 2022 comme comportant un risque sérieux de génocide —, ou harcèlement des chrétiens des "églises de maison" non reconnues par l'État.

Parmi ces groupes, les pratiquants de Falun Dafa (Falun Gong), discipline de méditation fondée sur les principes de vérité, compassion et tolérance, comptent parmi les plus durement touchés. Jusqu'à 100 millions de personnes le pratiquaient en Chine avant que le régime ne lance, en juillet 1999, une campagne d'éradication d'une ampleur exceptionnelle : arrestations arbitraires, camps de rééducation par le travail, lavages de cerveau, tortures systématiques.

Plus grave encore, le China Tribunal, tribunal populaire indépendant présidé par Sir Geoffrey Nice KC (ancien procureur principal au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie), a établi en 2019, à l'unanimité et au-delà de tout doute raisonnable, que des prélèvements forcés d'organes sont pratiqués depuis des années en Chine à grande échelle, les pratiquants de Falun Gong en étant probablement la principale source.

Ces organes, prélevés sur des prisonniers de conscience encore vivants, alimenteraient un marché lucratif de la transplantation, y compris à destination de patients étrangers.

Cette dynamique répressive vient de franchir un nouveau cap : depuis le 1er juillet 2026, une loi sur l'unité ethnique impose à l'ensemble des minorités ethniques, religieuses et spirituelles de Chine une identité nationale unique, définie par l'État.

Selon Amnesty International, ce texte renforce juridiquement les politiques d'assimilation forcée déjà en place. Les autorités chinoises ont elles-mêmes reconnu que certaines de ses dispositions s'appliquent au-delà des frontières du pays, menaçant la liberté de croyance jusque dans les pays démocratiques, y compris au sein des communautés de la diaspora.

Face à ces atteintes, certaines institutions démocratiques ont pris position : plusieurs résolutions du Parlement européen, ainsi que la "Falun Gong Protection Act", votée à l'unanimité par la Chambre des représentants américaine en mai 2025 et en attente d'examen au Sénat, qui prévoit des sanctions contre les responsables de prélèvements forcés d'organes. Des initiatives encore insuffisantes, alors que la liberté de penser et de croire est de plus en plus fragilisée dans le monde — et jusque dans nos sociétés démocratiques.

C'est dans ce contexte que l'association Éveil de Chine organise, à l'occasion de cette Journée internationale, une mobilisation d'information et de sensibilisation : le samedi 22 août 2026 de 9h à 18h sur l'esplanade de l'embarcadère de Saint-Paul et ses abords, au début de la promenade du bord de mer

Le public pourra y découvrir un stand d'information sur les groupes religieux, spirituels et ethniques réprimés en Chine, assister à une démonstration des exercices de Falun Dafa, visiter une exposition photographique et signer une pétition. Des réfugiés chinois pratiquants de Falun Gong seront également présents pour témoigner directement de la persécution qu'ils ont vécue.

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