Déficit potentiellement supérieur aux seuils légaux, plus de 2 millions d’euros de charges sociales qui n’auraient pas été acquittées, baisse de près de 2 millions d’euros des dépenses de personnel prévue au budget 2026, fragilité de la trésorerie et alertes déjà formulées dans un audit financier : les éléments dont je dispose sur la situation du CCAS de Saint-André sont suffisamment préoccupants pour que je saisisse les services de l’État. (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
En ma qualité d’élu municipal de Saint-André et de vice-président du Département, j’ai adressé ce mardi 12 août un courrier au préfet de La Réunion, sous couvert du sous-préfet de Saint-Benoît, afin de lui demander de faire procéder aux vérifications nécessaires.
Le compte administratif 2025 laisse apparaître un déficit qui dépasse les seuils prévus par le Code général des collectivités territoriales. Le budget 2026 suscite également de sérieuses interrogations, notamment avec une diminution d’environ 2 millions d’euros du chapitre consacré aux charges de personnel, sans baisse des effectifs ou mesures permettant, à ma connaissance, de justifier une telle évolution.
Plus grave encore, selon les informations dont je dispose, les charges sociales des employés du CCAS n’auraient pas été acquittées de juillet 2025 à juin 2026, générant une dette sociale évaluée à plus de 2 millions d’euros. Cette réalité est facilement vérifiable par Monsieur le Préfet auprès du Trésor public ou de l’URSSAF.
L’audit financier commandé par la municipalité en 2025 avait déjà pointé le poids élevé des charges de personnel, la rigidité des dépenses, la fragilité de la trésorerie et le déficit structurel du CCAS. Il formulait des pistes de redressement et d’optimisation qui, au regard de la situation actuelle, n’ont pas été suivies d’effet.
Je veux enfin être très clair sur les mises en cause du Département concernant les MAF et les contrats PEC. L’audit commandé par le maire ne permet pas d’imputer les difficultés actuelles à un désengagement du Département ; il vient même contredire ces affirmations sans fondement de la commune. L’audit financier ne mentionne aucun manquement financier du Département concernant les PEC et fait des préconisations au maire qui n’ont pas été suivies.
De plus, concernant les MAF, l’audit rappelle que la subvention attribuée par le Département en 2024 est « exceptionnelle » et fait la même proposition que le Département et l’ARS, à savoir son rattachement à l’EHPAD de Saint-André.
Il est faux de tenter de faire croire que le Département aurait une quelconque responsabilité dans la dégradation éventuelle de la situation financière du CCAS. Nous ne serons pas le bouc émissaire de la commune !
Le maire et président du CCAS doit arrêter de se défausser sur les autres et assumer enfin les fautes évidentes qu’il a commises. Il a commandé un audit financier sur le CCAS il y a un an, l’a caché et n’a pas pris les mesures de redressement préconisées : résultat, le déficit du CCAS a été multiplié par 8 en un an.
Ma démarche vise une seule chose : que les faits soient établis, que les responsabilités soient clairement identifiées et que les mesures nécessaires soient prises pour préserver le CCAS et la continuité de ses missions auprès des Saint-Andréens.
Jean-Marie VIRAPOULLÉ
Élu municipal de Saint-André
Vice-président du Département
