Tribune libre de l'UFR

L'UFR s'élève contre le masculinisme

  • Publié le 9 août 2026 à 19:25
  • Actualisé le 9 août 2026 à 19:29
Les "Riot Pants" des militantes féministes Elena Buscaino et Mina Bonakdar le 5 février 2021 à Berlin

L’UFR appelle à combattre le masculinisme, ce mouvement idéologique, social et politique qui menace les droits des femmes et le principe même d’égalité entre les hommes et les femmes.

L’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) salue la publication du rapport de la Délégation aux droits des femmes du Sénat consacré au masculinisme. Par son ampleur et par la gravité de ses conclusions, ce rapport marque une étape importante : la République reconnaît enfin que le masculinisme n’est pas une simple dérive des réseaux sociaux, mais une offensive idéologique et politique contre les femmes et contre l’égalité.

Depuis 68 ans, l’Union des Femmes Réunionnaises porte un combat constant pour l’émancipation et l’égalité.

Notre génération de militantes a bénéficié des conquêtes de celles qui nous ont précédées. Nous avons le devoir de les défendre et d’en conquérir de nouvelles.

Nous ne sommes pas disposées à regarder revenir, sous des formes numériques et avec de nouveaux codes, les vieux réflexes de domination.

Le masculinisme utilise TikTok, YouTube, Instagram ou les plateformes de streaming. Mais derrière ces outils modernes, le discours est ancien : il consiste à expliquer aux garçons que « les femmes auraient trop de droits, trop de liberté, que le féminisme aurait détruit les relations entre les sexes”, et à dénoncer “les femmes indépendantes, leur liberté sexuelle, leur autonomie économique, à présenter les violences sexistes comme des « conflits » entre les sexes. On leur dit que “les femmes devraient rester cantonnées à des rôles de femmes au foyer, génitrices, au service du plaisir des hommes; les hommes devraient reprendre le pouvoir ; l’égalité serait allée trop loin…”

Non.

L’égalité homme, femme, n’est jamais « allée trop loin ». 

C’est la domination qui doit reculer.

Le masculinisme s’organise, se diffuse, recrute et se banalise. Il exploite les fragilités, les frustrations et les interrogations d’une partie de la jeunesse pour diffuser une vision profondément réactionnaire des rapports entre les femmes et les hommes.

Son objectif n’est pas seulement de critiquer l’égalité hommes/femmes Son objectif est de remettre en cause l’émancipation des femmes.

Nous appelons à une mobilisation générale pour que le Gouvernement donne une traduction concrète aux recommandations du Sénat et construise une véritable stratégie nationale de lutte contre le masculinisme.

Aucune génération de jeunes filles ne doit avoir à subir la haine des femmes comme une nouvelle norme sociale, et aucune génération de garçons ne doit être enfermée dans l’idée que leur avenir passe par la domination masculine. 

Le Sénat met particulièrement en évidence le rôle des réseaux sociaux et des algorithmes, qui peuvent exposer progressivement les jeunes à des contenus misogynes, parfois dissimulés derrière l’humour, la séduction, le développement personnel ou les discours sur la « réussite    masculine ». Nous devons protéger les filles et les garçons contre la peste masculiniste. 

L’UFR appelle à renforcer l’éducation à l’égalité entre les femmes et les hommes, au respect, au consentement et à la vie affective et relationnelle, mais également l’éducation aux médias afin de permettre aux jeunes de comprendre les mécanismes d’influence et de manipulation à l’œuvre sur les plateformes numériques.

Nous partageons également la nécessité de mieux responsabiliser les plateformes, de protéger les mineurs. 

- Les plateformes numériques ont une responsabilité politique -

Les grandes plateformes ne peuvent plus prétendre découvrir avec surprise la violence des contenus qu’elles contribuent elles-mêmes à amplifier.

Lorsqu’un adolescent est progressivement enfermé dans un univers numérique où la misogynie, la haine des femmes et le rejet du féminisme deviennent la norme, ce n’est pas un accident : c’est le résultat d’un modèle économique fondé sur l’engagement et la captation de l’attention.

À La Réunion comme ailleurs, nous ne pouvons laisser les réseaux sociaux devenir les principaux éducateurs de notre jeunesse en matière de relations entre les filles et les garçons.

L’UFR demande donc que la lutte contre le masculinisme soit pleinement intégrée aux politiques réunionnaises de prévention des violences, d’éducation, de jeunesse et d’égalité entre les femmes et les hommes.

Car il ne suffit pas de combattre les violences lorsqu’elles sont commises : il faut aussi combattre les idéologies qui les rendent possibles

L’Union des Femmes  Réunionnaises

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