La mobilisation actuelle des lycéens réunionnais met en lumière des difficultés bien réelles dans les établissements scolaires. Pour Place publique Réunion, cette mobilisation doit être entendue et ouvrir un véritable dialogue, sans que les violences et les dégradations ne viennent confisquer la parole de toute une génération (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Depuis plusieurs jours, la mobilisation des lycéens à La Réunion fait émerger des préoccupations qui ne peuvent être ignorées : conditions d’apprentissage, état des établissements, effectifs, remplacement des enseignants, organisation des journées scolaires ou encore accompagnement des élèves.
Derrière cette mobilisation, il y a avant tout des jeunes qui expriment des inquiétudes concernant leur quotidien, leurs conditions d’études et leur avenir.
Cette parole doit être entendue. Il est de notre responsabilité collective d’écouter les lycéens, de comprendre les réalités vécues dans les établissements et de faire émerger, avec eux, des réponses concrètes.
Condamner les violences sans disqualifier la mobilisation
Place publique Réunion condamne avec la même clarté les actes de violence et les dégradations qui peuvent accompagner certains rassemblements.
Ces comportements sont inacceptables. Ils dégradent des biens qui appartiennent à la collectivité et, surtout, ils risquent de faire disparaître les revendications des lycéens derrière les images de violence.
Quelques individus ne doivent pas pouvoir confisquer la parole d'une génération entière.
Nous refusons pour autant que ces débordements servent de prétexte à une disqualification globale de la mobilisation lycéenne. Répondre aux violences ne doit pas conduire à ne pas entendre les revendications légitimes qui les ont précédées ou qui s’expriment parallèlement.
Passer de l'écoute aux solutions
Il est désormais nécessaire de créer les conditions d’un véritable dialogue entre les lycéens, leurs familles, les enseignants, les personnels des établissements, les collectivités, le rectorat et l’État.
Écouter ne suffit pas. Il faut maintenant transformer les remontées du terrain en propositions et en décisions.
La jeunesse réunionnaise doit pouvoir être pleinement associée aux réflexions qui concernent son école, ses conditions d’apprentissage et son avenir.
Nous souhaitons également que la parole des jeunes Réunionnais puisse être entendue au- delà de notre territoire et nourrir les réflexions et les décisions du gouvernement.
Car derrière les murs des lycées, derrière les chiffres et les statistiques, il y a des jeunes qui construisent leur avenir.
Notre responsabilité collective est de leur garantir une école dans laquelle ils puissent apprendre dans de bonnes conditions, être accompagnés, être respectés et croire en leur avenir.
Le dialogue doit reprendre toute sa place.
Les difficultés doivent être regardées en face.
Les solutions doivent être construites avec celles et ceux qui vivent ces réalités au quotidien.
La jeunesse réunionnaise ne demande pas seulement à être entendue. Elle doit être associée à la construction des solutions qui la concernent.
Cindy Barbe Robert, Christophe Estève et Joël Personné
Pour Place publique Réunion
