Tribune libre d' Electro’Ker

Malus écologique : Electro’Ker dénonce un allègement qui profiterait d’abord aux véhicules les plus chers et les plus polluants

  • Publié le 15 août 2026 à 17:22
  • Actualisé le 15 août 2026 à 17:26
voiture électrique borne de recharge

Alors que la Région Réunion demande au gouvernement de réduire de moitié le malus écologique dans les Outre-mer, l’association Electro’Ker, qui représente les usagers de véhicules électriques à La Réunion, s’oppose à cette mesure et saisit le ministère des Outre-mer. Elle propose à la place un octroi de mer assis sur les émissions réelles de CO2, toutes motorisations confondues. (Richard Bouhet/www.imazpress.com) (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Un "pouvoir d’achat" qui profiterait aux plus aisés. Le malus est fortement progressif : de quelques dizaines d’euros au seuil de déclenchement jusqu’à 80 000 euros pour les véhicules les plus émetteurs. Le réduire de moitié ferait économiser quelques dizaines d’euros à l’acheteur d’une voiture de gamme moyenne — celle vers laquelle se tournent les classes moyennes et modestes — mais plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’acquéreur d’un véhicule de forte puissance. L’essentiel du gain irait donc aux ménages les plus aisés.

Une fiscalité à rebours de la transition. La Région taxe déjà les véhicules électriques, via un octroi de mer applicable aux modèles de plus de 150 chevaux, tout en demandant d’alléger le malus qui frappe les thermiques les plus polluants. Renchérir la mobilité propre et détaxer la mobilité polluante ne peut être présenté comme une politique de transition.

Des freins surestimés. Les arguments avancés — manque de bornes, réseau électrique insuffisant — ne résistent pas à l’examen : les deux tiers des Réunionnais vivent en maison individuelle et rechargent à domicile, les distances quotidiennes sont courtes (le tour de l’île n’excède pas 220 km), EDF confirme sa capacité à fournir l’électricité, et le schéma directeur du SIDELEC prévoit déjà plusieurs milliers de points de recharge — à la condition que la demande, que cette fiscalité viendrait casser, se maintienne.

Une question d’intérêts. L’association relève que la campagne en faveur de l’allègement du malus est portée par le Syndicat de l’importation et du commerce de La Réunion, dont le président dirige par ailleurs la société importatrice des marques BMW et MINI à La Réunion — des gammes précisément visées par ces taxes. Ces informations sont publiques.

Une alternative constructive. Electro’Ker propose de remplacer les critères actuels par une assiette unique fondée sur les émissions de CO2, appliquée à toutes les motorisations : un dispositif écologique — plus un véhicule émet, plus il est taxé —, juste — toutes les motorisations contribuent, ce qui préserve les recettes de la Région — et social — à émissions égales, le véhicule le plus cher paie davantage. Une approche qui ferait de La Réunion un territoire pionnier dans la taxation des mobilités individuelles.

"On nous présente cette baisse du malus comme une mesure de pouvoir d’achat. C’est tout le  contraire : elle bénéficierait d’abord aux acheteurs des véhicules les plus chers et les plus polluants. Nous demandons une fiscalité qui taxe réellement ce qui pollue, quelle que soit la motorisation —  et non qui pénalise la voiture propre", déclare Marc-Antoine BRU, président d’Electro’Ker.

À propos

Electro’Ker est une association réunionnaise d’information et de défense de la mobilité électrique, qui représente les  usagers de véhicules électriques de l’île. Le courrier adressé au ministère des Outre-mer, ainsi que la proposition chiffrée d’octroi de mer fondé sur le CO2, sont disponibles sur demande.

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