Tribune libre de l'Union Syndicale Solidaires de La Réunion

Pas d’économie sur nos vies !! Tou·tes en grève et en manifestation le 5 novembre !!!

  • Publié le 3 novembre 2026 à 15:26
  • Actualisé le 3 novembre 2026 à 15:52
Manifestation contre la vie chère

La violence est définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant "l’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès". La dégradation désigne l'action d'endommager quelque chose. Ainsi la violence est une atteinte aux personnes, les dégradations sont des atteintes aux biens matériel. Elles sont de natures incommensurables entre elles : jamais une poubelle brulée, une (ou 10 ou 50) vitrine cassée ne pourraient être un motif suffisant pour justifier la mutilation d'une personne. (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Dom Hélder Câmara, évêque brésilien engagé contre la pauvreté et les injustices sociales, écrivait ce passage qui fait écho à la situation actuelle :

"Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie que de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. "

Le record de garde à vue de mineurs, les mutilations des manifestant.e.s pacifiques, les interdictions illégales (plusieurs interdictions de manifester promulguées par le préfet de police de Paris lors du mouvement social des retraites en 2023 ont été jugées illégales par le tribunal administratif) de manifester, sont autant de signes de la violence répressive. C’est une négation pure et simple du droit fondamental de la population en général et de la jeunesse en particulier, à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Le droit de s’exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.

- La violence institutionnelle : une violence sociale qui tue -

Jamais il n'y a eu autant de richesse produite (28 000 euros sur une année par habitants à la Réunion) et jamais la répartition n'a été aussi inégalitaire : les 500 plus grosses fortunes ont vu leur patrimoine augmenter de 20 % du Pib à l'arrivée de Macron à 46 % actuellement. Cela est le résultat de choix fiscaux, qui leur permet de s'exonérer de leur juste part : alors que la dette a augmenté de 1.200 milliards d'euros en 10 ans, leurs fortunes a augmenté de 800 milliards d'euros dans le même temps. Pendant que l’on demande aux salarié·es, aux retraité·es et aux services publics de se serrer la ceinture, les richesses produites par notre travail sont toujours davantage captées par une minorité :  211 milliards d'aides aux entreprises ont ainsi été versées en 2025 sans contrepartie. C'est plus de 3 fois le budget annuel du ministère de l'éducation nationale Les entreprises cotées en bourse versent des milliards d’euros de dividendes. 61 milliards ont été versés au deuxième trimestre 2026, soit le montant le plus élevé en Europe (deuxième au monde) ! 100 milliards d’euros d’évasion fiscale échappent chaque année aux caisses de l’État !  Pendant ce temps-là, à la Réunion, plus de 36% de la population vit sous le seuil de pauvreté. 

35 % de la population au niveau national (et sans doute plus à la Réunion) déclarent sauter au moins un repas par jour faute de moyens financiers suffisants. La pauvreté impacte fortement notre durée de vie : les 10 % de la population les plus riches vivent 13 années de plus en moyenne que les 10 % les plus pauvres. Le chômage tue : le risque de décès est 3 fois plus important pour les adultes (16 à 64 ans) lorsque l'on est au chômage. La mortalité infantile augmente depuis plusieurs années, atteignant 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. A la Réunion celle-ci est 40 % supérieur à celle observée au niveau national (6.3 pour 1000), résultant en grande partie de l'extrême précarité de la population. Mourir avant de fêter ses un an n’est pas une fatalité : la Slovénie, Islande et Finlande se maintiennent de manière stable entre 1,5 ‰ et 1,9 ‰.

Le travail tue en France plus qu'ailleurs : en 2023, l'Union européenne comptait 1,63 accident mortel pour 100 000 travailleurs. Selon cet indicateur, la France est en tête du classement avec 3,6 accidents mortels pour 100 000 travailleurs. Elle devance la Bulgarie (3,51) et Chypre (3,24). Trois pays enregistrent à l'opposé des taux inférieurs à 1 : les Pays-Bas (0,38), l'Allemagne (0,71) et la Grèce (0,91). La France est d'ailleurs l'un des rares pays européens à connaître une dégradation des morts au travail.

La casse des services publics, patrimoine de ceux qui n'en ont pas, les inégalités croissantes, difficultés à boucler les fins de mois, précarité, chômage à nouveau en hausse qui insécurise l’avenir, dégradation des conditions de vie et d’études : la colère des lycéen.ne.s et des étudiant·es est partagée aussi dans le monde du travail.

Tout cela est le fruit de cette violence institutionnelle que nous combattons.

Face à cette violence, Solidaires Réunion revendique :

L’augmentation générale des salaires et leur indexation sur les prix, pour pouvoir vivre dignement face à la hausse permanente des coûts de la vie.

La taxation des superprofits. TotalEnergies a ainsi publié un bénéfice net 7,45 milliards d'euros pour le troisième trimestre 2026, soit plus du double par rapport à la même période en 2025 pendant que les prix à la pompe battaient tous les records.

Le partage des richesses, plutôt que toujours plus de dividendes et de cadeaux aux entreprises.
Un budget juste qui réponde aux besoins de la population, notamment sa jeunesse lycéenne et étudiante.

Pas d’économie sur nos vies !! Tou·tes en grève et en manifestation le 5 novembre !!!

Rdv à partir de 9h00 du Jardin de l’Etat à Saint Denis, et au Jardin de la plage à Saint-Pierre. 

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