Dans la continuité des orientations définies lors de notre dernière Assemblée générale du 4 octobre, Demain La Réunion poursuit le travail engagé pour structurer et consolider son organisation. La réunion de bureau de ce vendredi 30 octobre a permis de prolonger cette réflexion, de préciser nos priorités et de réaffirmer notre volonté de construire un mouvement citoyen capable de nourrir le débat public, de porter des propositions et de participer pleinement aux évolutions de notre territoire (Photo d'archives : www.imazpress.com)
Une nouvelle étape interviendra en décembre, à l'occasion de notre prochaine Assemblée générale.
Celle-ci permettra de fixer la composition du nouveau bureau et de définir notre feuille de route politique pour 2027. Il s'agit de donner à notre mouvement un cadre d'organisation, des orientations lisibles et des perspectives d'action pour les échéances à venir.
Les événements récents, tant au niveau national qu’à La Réunion, notamment les mobilisations des lycéens, rappellent l’ampleur des tensions sociales et les inquiétudes qui traversent notre société.
Ils soulignent l’urgence d’apporter des réponses concrètes aux difficultés du quotidien, mais aussi de redonner des perspectives à la jeunesse. Face à ces défis, nous ne pouvons nous limiter aux constats : il nous faut un projet, une vision et une capacité collective à préparer l’avenir.
C'est dans cette dynamique que nous avons souhaité replacer la question des 80 ans de la départementalisation et celle, toujours inachevée, de l'émancipation économique de La Réunion au cœur de notre réflexion.
- 80 ans après la départementalisation : l’émancipation économique reste à construire -
Rassembler les acteurs Saint-Andréens et les Réunionnais face au RN
Notre dernière assemblée générale a placé au centre de nos travaux les 80 ans de la départementalisation et la question de l’émancipation économique. À l’issue de notre réunion de bureau, nous avons acté une réorganisation de notre mouvement. Cette restructuration n’est pas un repli. Elle est une exigence : celle de préparer, avec sérieux et lucidité, les grandes transitions qui attendent Saint-André et La Réunion.
- 1946-2026 : des acquis historiques, une émancipation économique inachevée -
En 1946, la départementalisation a été une conquête. Elle a apporté l’égalité des droits, la protection sociale, l’école, l’hôpital. Ces acquis, nous les défendons. Mais quatre-vingts ans plus tard, force est de constater que l’égalité réelle n’est pas au rendez-vous. La vie chère, la dépendance aux importations, le chômage des jeunes, l’habitat indigne, les séquelles environnementales : l’émancipation économique, elle, reste à construire. C’est le chantier du siècle.
- Saint-André : respecter le temps judiciaire, préparer l’avenir politique -
Nous ne commenterons pas les procédures en cours à Saint-André. La justice doit travailler sereinement. Mais le temps judiciaire ne doit pas se confondre avec le temps politique. Quelle que soit l’issue, les Saint-Andréens ont besoin d’un projet, pas d’une attente.
- Le risque : démolir ce qui a été conquis avec un RN au pouvoir -
Préférence nationale : une menace pour l’histoire et l’identité réunionnaises
Le RN brandit la préférence nationale. À La Réunion, terre née du métissage — Africains, Malgaches, Indiens, Chinois, Européens —, ce discours renie notre histoire créole et notre identité. Mais il fait surtout peser une menace économique mortelle. Europe, protection sociale et services publics : des acquis à défendre
La Réunion (RUP) dépend des transferts sociaux et des fonds européens : minima sociaux, CMU, APL, FEAGA, POSEI, et FEDER, l’hôpital public, les infrastructures. Le RN a montré dans le passé sa volonté de sortir de l’Europe. Cela mettrait en péril le RSA, le FSE, l’hôpital, et notre agriculture. Ce que 1946 a conquis, le RN veut le défaire. Nous limitons, pour une autre Europe (plus humaine et solidaire) mais pas pour une sortie. Le racisme ne crée pas de richesse. Il crée de la pauvreté pour tous.
- Transition énergétique : sortir de la dépendance aux énergies fossiles -
Le RN freine aussi les transitions écologiques au nom d’un « réalisme économique » qui sert les lobbies. Nous dépendons à 85 % des énergies fossiles importées. Leur politique, c’est le maintien du fioul et du charbon, la précarité énergétique, sans propositions sérieuses pour notre île en matière d’autonomie énergétique.
- Souveraineté alimentaire : mettre fin à la dépendance aux importations -
Leur « libéralisme conservateur » aggrave l’insécurité alimentaire : 80 % de ce que nous mangeons est importé. Ils parlent de souveraineté, mais ils nous garderaient en dépendance.
- Sécurité : agir sur les causes, protéger les Réunionnais -
Sur la sécurité, le RN ne propose que le bâton. Plus de prisons, moins de droits, des expulsions. À la Réunion leur proposition ne consiste pas (contrairement aux idées reçues) d’empêcher les flux migratoires entre les deux départements que sont Mayotte et La Réunion. Ils jouent essentiellement sur la confusion entre des problématiques hexagonales et locales.
Nous rappelons que la délinquance a des racines : chômage des jeunes, logement indigne, échec scolaire, addictions. La droite a affaibli les REP+.
Une politique juste, c’est investir dans l’école, la prévention, la psychiatrie — et être ferme contre les trafics et les violences. Droits et devoirs pour tous.
- Les transitions : le chantier de l’émancipation -
Transition démocratique : restaurer la confiance par l’exemplarité
Transition démocratique. La confiance ne se décrète pas. Gestion rigoureuse, transparence, refus du clientélisme. Droits et devoirs valent pour tous, élus comme citoyens.
Transition écologique et énergétique : produire localement, préserver les ressources vitales
Transition écologique et énergétique. Produire notre énergie plutôt que l’importer : solaire, hydrolien, biométhane, sortie du fioul et du charbon. Soutenir la petite paysannerie créole pour nourrir l’île. Régler la question de l’eau avec la CIREST. L’émancipation économique commence par l’énergie et l’alimentation., la sauvegarde des besoins vitaux.
Transition sociale et éducative : investir dans la jeunesse et les quartiers populaires
Transition sociale et éducative. Investir dans l’école, la prévention, les activités pour les jeunes. Être ferme contre les violences et les trafics. Donner la priorité aux quartiers populaires et à la jeunesse.
Sans qualification, pas d’émancipation.
Transition culturelle et mémorielle : assumer notre histoire, construire un destin commun
Transition culturelle et mémorielle. Reconnaître l’esclavage et l’engagisme. Enseigner cette histoire. Fonder une communauté de destin, pas gérer des excuses.
Transition institutionnelle : renforcer la place de Saint-André dans l’Est et à La Réunion
Transition institutionnelle. Porter de nouvelles compétences, renforcer la place de Saint-André dans la CIREST et dans les dynamiques départementales et régionales. Quand Saint-André est forte, l’Est est fort.
- Une gauche lucide et responsable face aux échéances à venir -
Des rendez-vous électoraux décisifs pour l’avenir de La Réunion
Municipales partielles, législatives, départementales, régionales : les rendez-vous à venir ne sont pas des formalités. Ils décideront de notre capacité à préparer ces transitions. Nous nous démarquons des outrances : le clash permanent, le mépris des institutions, la division, abîment la cause de la gauche. Une gauche responsable parle travail, éducation, dignité, écologie, culture et identité créole, démocratie participative, égalité entre les territoires.
À Saint-André, défendre les intérêts locaux face aux lobbies
À Saint-André, le RN et la droite défendent les gros importateurs et les lobbies et défendent des orientations en contradiction avec nos besoins locaux. Mais nous ne répondrons ni par l’angélisme, ni par la colère stérile.
Achever l’émancipation : construire l’égalité réelle
Quatre-vingts ans après 1946, l’égalité des droits ne suffit plus. Il nous faut l’égalité réelle. C’est une gauche réunionnaise forte, lucide et responsable que nous construisons, pour achever l’émancipation de La Réunion et de Saint-André.
DEMAIN LA RÉUNION (DLR)
