Passer de 27 à 43,4 millions d’euros de crédits LBU ne règle rien : La Réunion reste privée de plusieurs dizaines de millions d’euros indispensables au logement. Alors que la crise atteint un niveau insupportable, Bercy et le ministère du Logement continuent d’imposer aux territoires ultramarins une logique de rationnement budgétaire totalement déconnectée des besoins réels (Photo www.imazpress.com)
En 2025, la LBU atteignait 78,5 millions d’euros à La Réunion. Elle s’élevait à 85,65 millions d’euros en 2024. Avec 43,4 millions d’euros annoncés pour 2026, l’État maintient donc une baisse massive de son effort en faveur du logement réunionnais. Et ce, malgré l’enveloppe votée dans le cadre du PLF 2026. Cette situation est inacceptable !
Dès l’annonce de l’effondrement des crédits, j’avais immédiatement interpellé le Gouvernement et obtenu, dès le mois de juin, des engagements des conseillers Outre-mer du Président de la République et du Premier ministre. Cette mobilisation s’est poursuivie le 20 juillet, lors d’un échange direct en visioconférence avec la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, qui avait souhaité travailler en concertation avec les maires et les acteurs du territoire.
Lors de cette réunion, elle s’était engagée à intervenir auprès du ministre du Logement et de Bercy pour obtenir le déblocage d’une seconde enveloppe de financement, estimée à près de 50 millions d’euros, avec un objectif clair : retrouver un niveau global proche de 80 millions d’euros. Cet engagement a été pris. Il doit désormais être tenu.
La hausse annoncée aujourd’hui démontre d’ailleurs qu’il était possible de trouver des crédits dès lors qu’une pression politique était exercée. Mais 43,4 millions d’euros restent très loin de l’objectif annoncé cet été. Bercy et le ministère du Logement ne peuvent pas s’arrêter au milieu du chemin et présenter une rallonge partielle comme une réponse à la crise.
Le problème est désormais clairement identifié : les arbitrages financiers de Bercy et du ministère du Logement empêchent de donner à La Réunion les moyens nécessaires pour construire et réhabiliter. On ne peut pas, d’un côté, afficher le logement comme une priorité nationale et, de l’autre, diviser quasiment par deux les crédits consacrés à un territoire où les besoins explosent.
Pendant que les ministères arbitrent des lignes budgétaires à Paris, plus de 50 000 ménages réunionnais attendent un logement social et près de 150 000 personnes vivent dans des situations de mal-logement. Derrière chaque million d’euros qui manque à la LBU, ce sont des logements qui ne seront pas construits, des réhabilitations qui seront repoussées, des opérations qui resteront bloquées et des familles qui continueront à attendre.
La Réunion n’a pas à payer les économies décidées par Bercy. Le logement ultramarin ne peut pas être la variable d’ajustement du budget de l’État.
Nous demandons donc au ministre du Logement et à Bercy de débloquer sans délai les crédits complémentaires nécessaires pour atteindre le niveau de financement annoncé lors de notre échange avec la ministre des Outre-mer.
Les engagements ont été pris. Il est désormais temps de les financer.
Nous continuerons à exercer toute la pression nécessaire auprès du Gouvernement jusqu’à ce que La Réunion obtienne des moyens réellement à la hauteur de l’urgence du logement sur son territoire.
Ericka Bareigts
Première fédérale
de la fédération réunionnaise du parti socialiste
