Une rentrée très sociale sur tout le territoire national, que ce soit pour le scolaire ou le périscolaire.
Il y a d'abord le scolaire :
- Près de 2.000 postes d’enseignants supprimés dans le premier degré au niveaunational, dont 31 à La Réunion ;
- Près de 1.300 postes d’enseignants supprimés dans le second degré au niveau national, dont 70 à La Réunion.
L’État justifie ces suppressions par une chute démographique en France. Mais cette chute démographique va-t-elle enfin permettre à l’Éducation nationale de créer suffisamment de postes d’AESH (Accompagnante ou Accompagnant d’élève en situation de handicap) pour les 50.000 enfants en attente, sur les 350 000 qui y ont droit ?
À La Réunion, un millier d’enfants sont aujourd'hui sans accompagnante ou accompagnant, et l'île a besoin au minimum de 200 AESH supplémentaires.
Une fois de plus, l’État tranche à son seul avantage financier. Car la suppression des postes d’enseignants n'est pas la seule réponse à la chute démographique, et elle est loin d'être la meilleure. Le maintien de ces postes offre pourtant de réelles opportunités :
- Une réduction des effectifs par classe ;
- Un meilleur aménagement des emplois du temps.
Ainsi, les enseignants bénéficieraient de meilleures conditions de travail, et les élèves disposeraient de plus de temps pour mieux apprendre.
Le périscolaire n’est pas épargné, avec la baisse impressionnante du nombre des contrats PEC (Parcours emploi compétence) : La Réunion est passée de 10.000 contrats PEC en 2025 à 4.000 cette année.
Nous avons perdu 6.000 contrats en l'espace d'un an.
C’est phénoménal !
Et parmi ce quota de 4.000 contrats PEC perdus, seuls 800 sont destinés aux 24 communes de La Réunion.
Plusieurs municipalités ont d'ailleurs dû arrêter leurs activités périscolaires faute de moyens humains et financiers.
La manifestation des élus devant la Préfecture, à laquelle j’ai participé le 20 mai dernier, n’a pas fait bouger la position de l’État d’un iota.
Une fois de plus, l’emploi aidé est sacrifié au nom d’économies drastiques.
Quelles perspectives pour l’éducation ?
Les décisions annoncées en août 2025 par Élisabeth Borne, alors ministre de l’Éducation nationale, en visite dans notre île, peuvent-elles atténuer ce climat détestable ?
Elisabeth Borne avait notamment indiqué le déploiement de 28 Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), un dispositif incluant les élèves en situation de handicap.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Élisabeth Borne avait également annoncé une mesure très attendue par les Réunionnaises et les Réunionnais en formation de professorat : tous les lauréats du CAPES de La Réunion effectueraient leur stage sur l’île.
Ces mêmes lauréats, après avoir validé leur stage, s’ils le souhaitent, seront-ils enfin affectés à La Réunion ?
Alors que le recteur de l’Académie de La Réunion, Rostan MEHDI, a présenté le plan "Collèges en progrès" comme une opportunité "de prendre des décisions proches du terrain", ces nouveaux professeurs issus du sérail ne sont-ils pas les mieux placés pour le faire ?
René Sotaca, conseiller départemental
