Le MEDEF Réunion reconnaît la légitimité de la colère contre la vie chère, condamne fermement les violences de la nuit du 17 au 18 octobre et appelle l'ensemble des forces vives du territoire à se réunir pour apporter des réponses concrètes (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Le 17 octobre, des Réunionnaises et des Réunionnais ont manifesté pour dire leur ras-le-bol de la vie chère. Cette colère est fondée. Quand le litre d'essence atteint 2 euros et que plus d'un Réunionnais sur trois vit sous le seuil de pauvreté, l'indifférence n'est pas une option.
Les violences qui ont suivi n'ont rien à voir avec ce combat. Elles font reculer la cause de celles et ceux qui ont manifesté pacifiquement.
Les entreprises et les habitants en première ligne
Dans plusieurs communes de l'île, des commerces ont été incendiés et pillés, une gendarmerie a été touchée par les flammes à proximité de logements occupés, et une dizaine de policiers et de gendarmes ont été blessés. Détruire un commerce ne fait baisser aucun prix : cela supprime des emplois réunionnais, prive un quartier de ses services et fait payer à tous la facture des réparations.
Le MEDEF Réunion exprime sa solidarité aux chefs d'entreprise et aux salariés touchés, aux habitants mis en danger, aux forces de l'ordre et aux pompiers mobilisés.
Le MEDEF Réunion se tient aux côtés de ses adhérents sinistrés ou inquiets, qui peuvent le joindre . Il se tient à la disposition du préfet pour contribuer à l'apaisement et au soutien du tissu économique.
Traiter les causes, ensemble
La violence ne casse pas le système : elle casse les gens. La richesse des plus modestes, ce sont les services publics, les droits sociaux et l'emploi de proximité. Les brûler, c'est les faire reculer.
À six mois de l'élection présidentielle, la violence confisque aussi le débat : on parle des incendies au lieu de parler de la vie chère.
Le MEDEF Réunion porte trois priorités :
• Donner une perspective à la jeunesse. Les entreprises prennent déjà leur part, par les stages, l'apprentissage et les premiers emplois, et sont prêtes à amplifier cet engagement.
• Construire les capacités du territoire. C'est le sens du Livre blanc "Ensemble, cap vers une économie réunionnaise robuste" : produire davantage de valeur ici, sécuriser l'énergie et l'alimentation, faire de chaque euro public un levier.
• Retrouver notre capacité à nous parler. Il faut innerver de nouveau le territoire, c'est-à-dire reconnecter ceux qui décident et ceux qui vivent la vie chère au quotidien. Le MEDEF Réunion appelle l'État, les collectivités, les partenaires sociaux et la société civile à se réunir sans attendre autour d'une même table. Il propose la relance d'une conférence territoriale permanente.
"Nous vivons sur une île entourée de poissons, où personne ne s'en sortira seul. Notre force, c'est de vivre ensemble et de travailler ensemble. À La Réunion, nous avons toujours été des travailleurs. La situation est trop grave pour que l'on l'aggrave. S'il y a une solution, c'est de continuer à construire des capacités. Et la première, aujourd'hui, c'est notre capacité à nous parler, à nous rassembler, à nous comprendre, à innerver de nouveau tout le territoire. C'est une responsabilité démocratique et républicaine. La France, c'est l'héritage des Lumières : le choix de la raison et du débat plutôt que celui de la force. Jouons groupés."
