Qui part, qui reste ?

Remaniement attendu ce jeudi aprĂšs de derniers "ajustements"

  • PubliĂ© le 20 juillet 2023 Ă  02:58
  • ActualisĂ© le 20 juillet 2023 Ă  06:04
Le président Emmanuel Macron et la PremiÚre ministre Elisabeth Borne, le 14 juillet 2023 à Paris

Encore quelques heures de suspense: le remaniement du gouvernement d'Elisabeth Borne est désormais attendu pour ce jeudi 20 juillet, le temps que le couple exécutif procÚde aux derniers "ajustements", avec Gabriel Attal pressenti à l'Education.

Selon des sources du camp présidentiel, l'annonce du nouveau casting, un temps espérée mercredi soir, aura finalement lieu jeudi.

A l'Elysée toutefois, rien ne filtre. Les réunions se sont enchaßnées mercredi, sur la politique nucléaire le matin, la préparation des JO l'aprÚs-midi, comme si de rien n'était.

Seul indice notable, la PremiÚre ministre s'est attardée aprÚs la deuxiÚme réunion. Avec sans doute des réglages à arbitrer pour peaufiner la liste des ministres.

Ces tergiversations donnent l'image d'un "bras de fer" entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne "autour d'un remaniement qui n'Ă©tait pas censĂ© en ĂȘtre un", puisque le prĂ©sident espĂ©rait initialement minimiser cette sĂ©quence, commente un cadre macroniste.

Le chef de l'Etat a concédé mercredi soir, lors du traditionnel apéritif de fin de session avec les parlementaires de la majorité, que ministres et majorité vivaient des "moments qui ne sont jamais trÚs agréables".

"Mais il faut toujours les traverser avec le maximum de calme, d’esprit du collectif et de respect les uns pour les autres", a-t-il lancĂ©, citĂ© par des participants.

Il a aussi appelĂ© son camp Ă  "continuer de ferrailler sur le fond" et Ă  garder son unitĂ© face Ă  l'adversitĂ©, faute de majoritĂ© absolue Ă  l'AssemblĂ©e. Avec deux batailles en perspective, une Ă©cologique, facteur de "recomposition politique", et l'autre sur l'immigration qu'il ne faut "pas laisser aux oppositions sinon on laissera les extrĂȘmes se nourrir".

- Attal Ă  l'Education ? -

En attendant, les ministres restent sur le qui-vive. Le sort de plusieurs d'entre eux, dont Pap Ndiaye, qui n'a jamais vraiment "imprimé" politiquement à l'Education nationale, semble scellé.

Le ministre du Budget Gabriel Attal, 34 ans, Ă©toile montante de la Macronie, semblait tenir la corde pour lui succĂ©der. "Avec la crise des banlieues, il y a un besoin de retour de l’autoritĂ©, de l’ordre Ă  l’école qu'il peut incarner", estime un conseiller.

A la Santé, le devenir de François Braun, autre ministre issu de la société civile jugé trop peu politique, ne semblait pas tranché. Il a en tout cas quitté l'Elysée tout sourire aprÚs la réunion sur les JO.

Quant au porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, il pourrait sauver son poste, alors que les noms des députées Renaissance Maud Bregeon ou Prisca Thevenot circulaient avec insistance pour lui succéder.

La secrétaire d'Etat chargée de l'Economie sociale et solidaire MarlÚne Schiappa est en revanche, de l'avis de tous, sur le départ aprÚs avoir été épinglée pour sa gestion du Fonds Marianne.

Tout comme le ministre des SolidaritĂ©s Jean-Christophe Combe. Il pourrait, selon des sources du camp prĂ©sidentiel, ĂȘtre remplacĂ© par la prĂ©sidente du groupe Renaissance Ă  l'AssemblĂ©e nationale, Aurore BergĂ©, Ă  moins que le poste ne revienne in fine Ă  la dĂ©putĂ©e du parti prĂ©sidentiel Astrid Panosyan-Bouvet.

Une seule certitude, selon plusieurs conseillers ministĂ©riels, "le prĂ©sident ne veut pas d’un gros remaniement, la PremiĂšre ministre pousse pour".

- "Rien ne change" -

Des "ajustements" d'envergure risqueraient de passer inaperçus en plein milieu des vacances, soulignent certains, pour qui la manƓuvre a surtout pour but de faire sortir des ministres jugĂ©s trop faibles.

La cheffe du gouvernement espÚre de son cÎté reprendre de la hauteur, aprÚs la crise des retraites et les émeutes urbaines, avec une équipe plus à l'offensive et bien identifiée.

Pour l'opposition, le combat reste le mĂȘme. Le maintien d'Elisabeth Borne, "c'est un signal que rien ne va changer", martĂšle la cheffe des dĂ©putĂ©s Rassemblement national, Marine Le Pen.

"On va se retrouver avec un gouvernement dans lequel les ministres jouent à la chaise musicale", assÚne son homologue cÎté LFI, Mathilde Panot.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui semblait tenir la corde pour Matignon avant que le chef de l'Etat ne confirme Elisabeth Borne, pourrait de son cÎté prendre le titre de ministre d'Etat, une marque de plus de son poids grandissant au sein de l'exécutif.

Pour Aurore Bergé, Elisabeth Borne, qui a enchaßné les épreuves du feu depuis son arrivée à Matignon en mai 2022, a en tout cas "gagné le respect" de son camp par sa "force de caractÚre" et de "travail".

Mais pour 56% des Français, elle reste une mauvaise PremiĂšre ministre, mĂȘme si son image s'amĂ©liore lĂ©gĂšrement depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, d'aprĂšs un sondage ELABE/BFMTV publiĂ© mercredi. Plus de huit Français sur 10 estiment qu'Emmanuel Macron a "ratĂ©" ses "100 jours" dĂ©crĂ©tĂ©s mi-avril aprĂšs la rĂ©forme des retraites.

AFP

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