États-Unis : Christa Pike a repris connaissance après avoir survécu à deux injections létales

  • Publié le 7 octobre 2026 à 09:57
  • Actualisé le 7 octobre 2026 à 10:52
Une condamnée dans un état critique après son exécution ratée aux États-Unis

Six jours après une exécution qui devait lui être fatale, Christa Pike est de nouveau consciente. Mardi, les avocats de cette Américaine de 50 ans, condamnée à mort dans le Tennessee, ont annoncé qu’elle pouvait parler et restait hospitalisée. "Contre toute attente, Christa Pike est consciente, peut parler et continue à recevoir des soins médicaux vitaux", ont-ils indiqué. Son pronostic reste toutefois incertain et une longue convalescence est envisagée.

L’exécution avait débuté le 30 septembre à la prison de Riverbend, à Nashville. Christa Pike devait devenir la première femme exécutée dans l’Etat depuis plus de 200 ans. Deux doses de pentobarbital, le puissant barbiturique utilisé par l’Etat pour ses injections létales, lui ont été administrées. Mais la condamnée a continué à respirer. Des journalistes présents comme témoins ont entendu ses ronflements et l’ont vue réagir pendant la procédure. Elle s’était aussi plainte d’une douleur au bras avant de perdre connaissance et d’être transportée à l’hôpital.

- Sans doute des mois pour récupérer -

Ses avocats font état de graves blessures aux bras et précisent qu’elle reste menottée à son lit. "Son rétablissement est sans précédent sur le plan médical", affirment-ils. Cité par AP News, le Dr Joel Zivot, professeur d’anesthésiologie et de chirurgie à Atlanta et expert consulté par ses avocats, estime que son état "laisse espérer un bon rétablissement". Il faudra toutefois des semaines ou des mois pour connaître l’étendue de sa récupération et déterminer si elle retrouvera des capacités suffisantes pour que l’Etat puisse tenter à nouveau de l’exécuter.

Ses défenseurs demandent désormais au gouverneur du Tennessee, Bill Lee, de commuer sa peine en prison à vie sans possibilité de libération. Ils invoquent notamment les violences, en particulier sexuelles, subies par Christa Pike depuis son enfance ainsi que ses "près de 30 ans de détention à l’isolement" dans le couloir de la mort. Plusieurs juristes s’interrogent aussi sur la possibilité légale d’une seconde tentative d’exécution, notamment au regard de l’interdiction constitutionnelle des châtiments cruels et inhabituels.

- Les exécutions suspendues dans le Tennessee -

L’affaire a conduit Bill Lee à suspendre les exécutions et à ordonner une enquête. Le 3 octobre, il a également annoncé la démission de Frank Strada, responsable de l’administration pénitentiaire du Tennessee. Il s’agit du deuxième échec d’une exécution dans l’Etat en quatre mois : en mai, celle de Tony Carruthers avait été interrompue après l’impossibilité d’installer correctement une seconde voie intraveineuse. Le Tennessee avait repris les exécutions en mai 2025 après un moratoire de trois ans lié à des défaillances dans ses procédures.

Christa Pike a été condamnée à mort pour avoir torturé et tué Colleen Slemmer, 19 ans, en 1995. Elle avait alors 18 ans. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine capitale. Le Death Penalty Information Center qualifie son cas d’"exécution ratée sans comparaison à l’époque moderne" et la présente comme la première personne connue à avoir survécu après l’administration des produits destinés à provoquer sa mort lors d’une injection létale.

AFP

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