Des milliers de personnes ont dĂ©filĂ© Ă Narbonne dimanche pour honorer la mĂ©moire de Louis, battu Ă mort fin juin, lors d'un hommage trĂšs politique oĂč la mĂšre de l'adolescent tuĂ© a rĂ©clamĂ© un durcissement de la justice pĂ©nale, en prĂ©sence notamment des personnalitĂ©s d'extrĂȘme droite Eric Zemmour et Marion MarĂ©chal.
La foule compacte et majoritairement vĂȘtue de blanc, environ 4.500 personnes selon la police, s'est rendue, depuis l'hĂŽtel de ville, jusqu'au chantier oĂč Louis, 17 ans, a Ă©tĂ© abandonnĂ© par ses agresseurs, avant de succomber Ă ses blessures trois jours plus tard Ă l'hĂŽpital.
"La racaille en prison, ni oubli ni pardon", ou encore, "Français, défends-toi, tu es ici chez toi", a-t-on pu entendre dans le cortÚge parsemé de drapeaux tricolores.
"Serons-nous les prochains?", interrogeait une pancarte elle aussi bleu-blanc-rouge.
- ColĂšre froide -
Arrivée devant le lieu du drame, la mÚre de Louis, qui n'a jamais souhaité donner son nom, et sa soeur Marie-Julie Marteau, par ailleurs assistante parlementaire du député RN du Var Philippe Lottiaux, ont pris place sur un porche légÚrement surélevé.
Les organisateurs ont alors diffusĂ© une chanson que Louis aurait Ă©crite pour sa mĂšre: "Maman, Ă©coute, j'ai trop de choses sur le cĆur, combien de fois tu as essuyĂ© mes pleurs? Combien de fois il n'y avait que toi dans le noir? Combien de nuits blanches papa et toi avez faites sachant que fiston s'Ă©tait couchĂ© avec des idĂ©es noires?", chante le jeune homme, grand amateur de guitare selon sa famille.
Dans la foule silencieuse, on renifle et on écrase les grosses larmes qui roulent sur les joues.
"Ta guitare est toujours à la maison, elle restera silencieuse comme toi, désormais", a d'abord lùché, trÚs émue, la mÚre de Louis.
Avant qu'une colĂšre froide ne remplace les sanglots.
"Je ne veux plus entendre parler d'excuses de minorité. (...) Parce que toi aussi, mon fils, tu avais une vie à construire, un avenir à créer. Ce n'est pas entendable que tes assassins ne passent que huit, dix ans de prison ou vingt pour les plus ùgés, sans parler de remise (de peine) pour bonne conduite", a-t-elle d'abord déclaré.
Cinq jeunes, dont trois mineurs ùgés de 16 à 19 ans, ont été mis en examen pour tentative d'assassinat et placés en détention provisoire.
"Je me battrai pour qu'ils prennent tous 30 ans de peine ferme. Incompressible", reprend-elle sous un tonnerre d'applaudissements
"Justice pour Louis", scande la foule Ă tue-tĂȘte.
"Nous allons redonner tout son sens au mot perpétuité, je le ferai pour toi mon fils", reprend-elle.
"La peine de mort !", s'écrie soudain un homme. "Oh non, ce n'est pas le moment", lui répond une femme, tandis que de nombreuses personnes lui intiment de se taire.
- Bain de foule -
AprÚs la prise de parole, la famille s'éclipse et la foule réalise qu'Eric Zemmour se tient là , à quelques mÚtres du podium improvisé.
Chacun se presse vers le prĂ©sident de ReconquĂȘte, qui enchaĂźne les selfies et serre des mains.
"C'est plus qu'une marche blanche, c'est vraiment un cri de révolte, un cri de colÚre, en fait, et ça, il faut que le gouvernement entende bien ce message", dit à l'AFP Gabrielle Péré, venue de Nice, la soixantaine et un drapeau français noué comme un foulard autour du cou, et qui "souhaite" le rétablissement de la peine de mort.
Une peine capitale que la foule a à de nombreuses reprises appelée de ses voeux tout au long de la marche blanche.
Quelque 400 identitaires faisaient partie du cortÚge, selon la police, soit plus que lors du précédent rassemblement, une semaine plus tÎt, auquel la famille n'avait pas souhaité s'associer pour éviter "toute récupération politique".
Samedi, environ 500 personnes avaient marché à Carcassonne à l'appel du pÚre de Louis, Nicolas Hervé, lors d'un hommage moins marqué politiquement.
AFP



