Un vote historique : le droit à l'"aide à mourir", réforme sociétale majeure de la présidence Macron, a été entériné mercredi par l'Assemblée nationale, sous les applaudissements de partisans du texte, ses opposants regardant désormais du côté du Conseil constitutionnel. Les députés de La Réunion ont tous voté pour, à l'exception de Joseph Rivière, seul à voter contre le texte parmi nos élus.
Pour la quatrième fois en un an, l'Assemblée a approuvé, par 291 voix contre 241 (29 absentions), la proposition de loi de l'ex-député Olivier Falorni, présent en tribunes et applaudi à plusieurs reprises par d'anciens collègues.
Dans une séance empreinte de retenue, les députés, à qui le gouvernement a donné le dernier mot après trois rejets du Sénat, ont autorisé pour la première fois l'assistance au suicide, voire l'euthanasie, avec une série de conditions.
La France rejoint ainsi le cercle relativement restreint des nations ayant ouvert ce droit, de la Belgique aux Pays-Bas en passant par la Suisse, le Canada ou l'Uruguay.
"C'est un grand texte pour notre République (...) tant attendu par nos compatriotes", a salué Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée.
Si la gauche et les macronistes ont majoritairement voté pour, et la droite et l'extrême droite contre, chaque groupe a laissé ses membres libres de leur vote, sur un sujet mêlant l'intime au politique.
Dans une dernière prise de parole, le député RN Christophe Bentz a appelé les députés à "voter contre ce texte de mort".
Le président de LR Bruno Retailleau a lui promis s'il est élu à la présidentielle de faire "un bilan au bout d'un an" de la réforme, envisageant de demander alors aux "Français de trancher par eux-mêmes, par référendum".
- Les Sages saisis -
Ce vote est aussi l'aboutissement de la grande promesse sociétale de la présidence d'Emmanuel Macron. "En 2022, j'avais pris l'engagement d'ouvrir ce chemin avec les Français. Avec gravité, avec humilité et dans le plein respect de notre démocratie, cet engagement est tenu", a estimé sur X le chef de l'Etat, remerciant les parlementaires pour leur "débat constructif et respectueux".
Le président a joué à plusieurs reprises un rôle crucial: lorsqu'il a lancé en 2022 une convention citoyenne, qui s'est prononcée majoritairement en 2023 pour l'instauration d'une "aide active à mourir"; ou lorsqu'il a poussé un projet de loi gouvernemental censé porter cette promesse - avant que la dissolution de 2024 ne stoppe le processus législatif.
Olivier Falorni a ensuite repris le flambeau en déposant la proposition de loi désormais adoptée.
Il reste encore deux étapes décisives avant que ce nouveau droit soit consacré.
A l'instar du président LR du Sénat Gérard Larcher, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé mardi qu'il saisirait le Conseil constitutionnel, pour tenir compte des oppositions qui persistent, surtout à droite.
Un choix fait "en concertation avec le président de la République", a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
La décision des Sages pourrait intervenir autour du 15 août. Après cela, le chef de l'Etat pourra promulguer le texte, puis viendra le temps de rédiger les décrets encadrant l'application de la loi, particulièrement attendus. Une ministre hostile au texte voté espère qu'ils empêcheront toute "dérive".
- Auto-administration par défaut -
La loi prévoit que le nouveau droit soit réservé aux patients majeurs, atteints d'une affection incurable engageant le pronostic vital, et qui peuvent exprimer leur volonté de manière "libre et éclairée".
Un médecin vérifierait leur éligibilité, puis une procédure collégiale évaluerait les critères, avant que le médecin ne prenne in fine la décision seul.
Le malade pourrait renoncer à tout moment, et s'administrerait lui-même le produit létal, sauf lorsqu'il "n'est physiquement pas en mesure de le faire", un médecin ou un infirmier pouvant s'en charger.
Tout au long de la journée, partisans et opposants se sont retrouvés aux abords et à l'intérieur de l'Assemblée, répondant à la presse, transmettant un dernier message.
Fer de lance de la lutte pour ce nouveau droit depuis des décennies, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) continuera à se "battre sur le libre choix entre suicide assisté et euthanasie" ou "la prise en compte des directives anticipées" et "des souffrances psychologiques", a promis son président Jonathan Denis.
Autant de points sur lesquels une partie de la gauche a dû reculer pour aboutir à un compromis.
Quelques centaines d'opposants au texte rassemblés près de l'Assemblée, notamment membres Alliance Vita, ont hué l'annonce du résultat. "C'est pas parce que (cette loi) est votée qu'elle devient juste", a déclaré Tugdual Derville, porte parole de l'association : "on va demander à l'exécutif de surseoir à son application".
L'Eglise de France a pour sa part déploré "une rupture grave dans l'histoire de notre pays".
La fédération France Assos Santé a salué le vote d'une loi "indispensable" mais qui "ouvre désormais une nouvelle phase: celle de la mise en œuvre effective de ce nouveau droit".
AFP

Ben voilà on est dans la continuité de l'imposition des dérives sociétales de quelques uns à l'ensemble de la société !!!
Il est évident que la majorité de ceux qui ont voté cette abomination ne sont pas passés à minima par une grave dépression. (Dépressions souvent générées par ces dirigeants qui, années après années, votent des lois de reculs social qui entrainent des gens dans la misère au profit d'une minorité qui s'engraisse ! (Regarder les profits boursiers depuis des années et venez me prouver le contraire)).
Devinez qui en Europe consomme le plus de psychotropes ? Certainement le fait du hasard et un délire de ma part.
14 jours pour changer d'avis quand vous achetez un truc sur le net, 2 si vous êtes au fond du trou et que vous estimez que vous ne vous en sortirez jamais et que vous souffrez trop. Rien de choquant, d'ahurissant, de révoltant pour ce type de décision !!!!!
Bref, y'en a bien trop à dire sur le sujet au delà du pour et du contre et sous divers prétextes médicales, ou autres.
L'état n'a pas vocation à être facilitateur dans un sujet aussi intime, grave et irréversible que la mort !!!
Tout ceux ceux qui se suicident, laissent "naturellement partir" des malades pour qui l’issue ne peut être que fatale à court terme, n'ont jamais eu besoin et attendu la permission de l'état pour le faire.
Nous allons vers un carnage pour nos anciens qui seront tjrs trop malades pour mourir "en bonne santé". ( Comprenne qui voudra ).
Pour élargir la réflexion, sur la mort ... Vouloir envoyer des jeunes en pleine santé se faire tuer à la guerre sur des pseudos principes ça interroge personne ?!?!
La "snif" n'aide visiblement à se poser la question.
Une honte absolue.
Provoquer volontairement la mort d’un patient demeure un acte intrinsèquement contraire à la dignité humaine. Cette conviction s’enracine dans le cinquième commandement, « Tu ne tueras point ».
Enfin !