Après trois journées accompagnées d'un élan de liesse populaire à Paris et à Lourdes, le pape Léon XIV compte donner lundi une tonalité internationale au quatrième - et dernier - jour de sa visite en France, avec un discours à Metz vantant la construction européenne comme source de paix.
C'est sur les terres frontalières et marquées par les guerres, où repose le pieux Robert Schuman (1886-1963), l'un des pères de l'Europe en voie de béatification par l'Eglise catholique, que le pape américain va conclure son premier séjour hexagonal.
Préférant Metz - à distance de villes d'institutions européennes, comme Strasbourg -, Léon XIV devrait y inviter l'Europe, en cette période de tensions géopolitiques majeures, à retrouver les fondements de sa création pour ramener la paix sur le continent.
Attendu à 09H20 à l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, le souverain pontife doit prononcer à 10H00 un premier discours lors d'une rencontre interreligieuse, puis un second lors d'une rencontre sur la paix et les racines chrétiennes de l'Europe.
Invités par l'Elysée, seuls quelques chefs d'Etat et de gouvernement des autres pays de l'UE ont annoncé leur présence à Metz, où Emmanuel Macron prendra aussi la parole.
La journée se clôturera avec un dernier tour en papamobile de Léon XIV et une messe à la cathédrale Saint-Etienne (16H00), joyau de l'art gothique.
- Messages forts -
Accueilli dans une immense ferveur, Léon XIV a voulu faire passer des messages forts sur la fin de vie et la laïcité lors de son premier séjour en France, pays avec lequel il a rappelé ses liens à son arrivée.
Il a aussi lancé plusieurs appels à la paix, à défendre la dignité des exilés et à contrôler l'essor de l'intelligence artificielle en se méfiant de l'avènement d'un "paradis de machines".
Très attendu sur la question de la pédocriminalité dans l'Eglise, sujet particulièrement brûlant en France cinq ans après le rapport qui avait estimé à 330.000 le nombre de victimes mineures en son sein depuis 1950, le pontife américain n'a pas esquivé le sujet.
Il a ainsi appelé dimanche à Lourdes les évêques français à "poursuivre" leur action face au "fléau" des violences sexuelles "en maintenant la plus grande vigilance" sur cet épineux dossier.
Lors d'une rencontre de deux heures à huis clos avec sept victimes, Léon XIV a fait preuve d'une "prise de conscience majeure" et reconnu le caractère "systémique" de ces violences, ont rapporté cinq d'entre elles lors d'une conférence de presse.
- 1,3 million de fidèles -
Deux mois après l'adoption en France d'une loi instaurant un droit à l'aide à mourir, le pape a également rappelé fortement l'opposition de l'Eglise à l'euthanasie.
"Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort", a notamment affirmé dimanche le pape devant des pèlerins malades et en situation de handicap à Lourdes, après avoir dénoncé dans son discours d'arrivée à l'Elysée vendredi "l'offre d'une mort programmée". "Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral", a-t-il encore martelé à Lourdes.
Bains de foule en papamobile, messes géantes, veillée avec des jeunes au Stade de France: Léon XIV, 71 ans, a maintenu un rythme effréné et attiré d'immenses foules sur son passage, signe d'une popularité affirmée 16 mois après son élection à la tête de l'Eglise catholique.
Au total, selon les chiffres communiqués par le Vatican, plus de 1,3 million de personnes sont venues à sa rencontre entre vendredi et dimanche.
A chacun de ses passages parmi les fidèles, Léon XIV s'est montré souriant et chaleureux, offrant des scènes mêlant acclamations, smartphones levés, bénédictions de nourrissons et drapeaux du Vatican.
AFP

